‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 11 sur 179 · LUTTE DE SPARTE ET D'ATRÈNES · texte numérisé non relu

LUTTE DE SPARTE ET D'ATRÈNES

opprimait la plus grande partie de la population? La lutte éclata donc entre deux races. Elles avaient sans doute une même origine; mais elles avaient une politique , un régime diamétralement opposés ; et de plus les uns luttaient comme usurpateurs du sol, les autres comme ses légitimes propriétaires.

Cette lutte allait décider si les conquérants, les Doriens en première ligne, compléteraient leur domination sur la Grèce, ou si les anciens maîtres du pays recouvreraient leur indépendance. Elle devait aussi résoudre une autre question : qui triompherait, du régime oligarchique introduit parles premiers, ou du régime démocratique dont l'ancienne royauté contenait déjà les premiers germes? Mais, pour que l'un ou l'autre de ces deux principes prévalût au point d'amener l'union politique de la nation, leurs partisans respectifs devaient se ranger sous les drapeaux de Tun des deux États qui les personmfiaient. Or les bouleversements politiques survenus dans les siècles précédents et le morcellement du pays, qui en fut la conséquence, rendirent impossible toute forte concentration. Chaque ville, livrée à elle-même, avait formé avec son territoire un État indépendant qui ne se considérait pas comme une partie d'un grand ensemble politique, mais comme une unité ayant son existence propre et individuelle. Les liens moraux qui unissaient ces différentes villes étaient multiples et variés; elles avaient même origine, même langue, mêmes temples, mêmes sacrifices, mêmes fêtes ; mais cette communauté ne faisait pas disparaître le fractionnement politique. Le citoyen d'une

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ville ne pouvait exercer ses droits politiques dans une autre. Il avait besoin d'un proxène, d'un consul, diraiton aujourd'hui, pour son commerce, pour toutes ses affaires. La plupart du temps il ne pouvait se marier dans «ne autre cité ou y acquérir des immeubles ; ce nest que par exception qu'il avait h droit d'épiffami'e et â'enktèse. Ces cités concluaient entre elles des traités politiques et de commerce, envoyaient et recevaient des ambassades comme s'il se fût agi de nations et d'États étrangers. En présence du danger extérieur, des idées d unité politique commencèrent à se faire jour, notamment chez les Athéniens ; mais ces idées disparurent à la fin des guerres médiques, et la division politique devint plus marquée que jamais. Dans cet état de choses, aucune republique ne consentait à céder une fraction si faible qu'elle fût, de son indépendance, ce qui rendait impossible l'hégémonie d'une autre république. En outre, les Spartiates et les Athéniens avaient acquis au cinquième siècle une suprématie, qui les plaçait naturellement à la tête des deux camps opposés; après avoir commencé par traiter leurs alliés sur le pied de l'égalité des droits, ils ne tardèrent pas à vouloir les dominer Ils ne comprenaient guère que les citoyens de toutes les Tilles hellènes dussent participer au gouvernement général de la nation, votant en commun les impôts, la paix ou la guerre, décidant de tous les intérêts généraux de Etat Les Spartiates et les Athéniens avaient la prétention de gouverner à eux seuls la Grèce ; les habitants des autres villes devaient simplement l'impôt et le ser-

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