‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 115 sur 179 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Églises dOrient et d'Occident.- Opposition de leurs principes. - Di^rênce de leurs situations. - Conduite de la monarchie grecque. - Exi"cation de cette conduite. - Les deux grandes crises. W-o^ de lÉglise de Rome. - Renaissance. - Grégoire Vil. - Croisades F usse't é des lettres attribuées à Alexis. - Véritable but des croisades Expédition de Robert Guiscard. - Première croisade. - Seconde ^oisade - Puissance de l'empire au x.i« siècle. - Nouvelle invasion des NO mands. - Troisième et quatrième croisade. - Machinations de Ua^idolo. - Prise et sac de Zara. - Les croisés ^l^^Tl^^-Z. stantinople. - Prise et pillage de Constantinople. - Empire J-^"- «^eime féodal.- Anarchie de l'Église latine. - La revanche de 1 hellénisine. ^Éta pit yable de lempire latin. - Vénitiens. - ViUehardoum, - D la Roche.- Restauration incomplète de lempire. - Invasions des Tu«>s SelZucides. - Invasions des Francs, des Slaves, des Osmanl.s. - Der- 'ièrriuttes des Grecs au moyen âge. - Chute de Constantinople. - Conclusion.

L'empire d'Orient, tel qu'il s'est formé du neuvième au onzième siècle, était puissant au dedans, et ne semblait menacé d'aucun danger extérieur. Le monde arabe était divisé en deux groupes : l'un formé par les royaumes fondés depuis longtemps en Espagne, l'autre par les États musulmans d'Asie. Les premiers avaient rompu tout lien politique avec le califat de Bagdad. Les seconds reconnaissaient, il est vrai, le pouvoir suprême du calife ; mais celui-ci avait perdu tout pouvoir temporel et n'était plus que le chef religieux des croyants, bon empire s'étendait en apparence des frontières orientales de l'Egypte et de la monarchie de Constantinople jus-

qu'aux Indes, à Tlbérie et à la Mongolie ; de fait, il était morcelé en plusieurs principautés indépendantes et le plus souvent rivales. La puissance arabe ainsi brisée ne pouvait plus inspirer la moindre crainte à l'hellénisme du moyen âge.

La dernière expédition des Russes eut lieu en 1043. Ils descendirent du Pont-Euxin vers Constantinople au nombre de cent mille, assure-t-on. Vaincu par les Grecs, leur souverain laroslaw conclut un traité de paix avec l'empereur. Depuis lors, la Russie, déchirée pendant plusieurs siècles par des dissensions intestines, ne fut pas en mesure d'entreprendre de nouvelles expéditions. - Nous avons vu quelle était la situation intérieure de l'empire ; ses finances étaient prospères, son administration habilement organisée ; l'armée et la flotte avaient été mises sur un pied formidable. La fusion des différentes races avait été complétée ou était activement poursuivie. La vaste province de l'Asie Mineure était entièrement hellénique, ainsi que les îles. L'hellénisation des Slaves établis dans les provinces méridionales avançait rapidement. Cette œuvre devait rencontrer beaucoup plus d'obstacles dans les provinces septentrionales ; mais, comme les Slaves avaient été domptés, il paraissait probable qu'ils céderaient enfin à l'influence d'une civilisation supérieure. L'empire semblait destiné à vivre longtemps encore, comme plusieurs Etats européens de cette époque et surtout l'empire d'Allemagne. Rien ne l'aurait empêché de suivre les diverses phases du nouveau monde chrétien et de prendre sa place, place

Page 1