‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 117 sur 179 · OPPOSITION DE LEURS PRINCIPES · texte numérisé non relu

OPPOSITION DE LEURS PRINCIPES

prévalu en orient. L'hellénisme du moyen âge professait que le pouvoir temporel doit non-seulement être tout à fait indépendant du pouvoir spirituel, mais qu'il a le droit de régler, dans certaines circonstances, les affaires même de l'Église.

Au point de vue actuel sur les rapports qui doivent s'établir entre l'Église et l'État, les prétentions des évêques de Rome, aussi bien que celles des empereurs de Constantinople, seraient également inadmissibles. Mais juger le passé selon les idées nouvelles, c'cit foii* de llilstoire un acte d'accusation contre l'existence de lliumanité. Les faits historiques ne sauraient être dûment appréciés que si l'on tient compte des eirconslance* dan» lesquelles ils se sont produiLn. lin appliquant cette rcK'^. la seule juste, la seule pratique, à la question qui nous occupe, nous trouvons qu'en revendiquant non-seulement le pouvoir ipiriUiel, mai» aussi le pouvoir temporel, l'évêque de Rome n'exigeait rien qui fût contraire à la situation morale et politique de l'occident à cette époque. D'un autre coté, la monarchie de (>)nstantinople ne faisait que se conformer à l'cUit des choses de l'orient eu repoussant rinter>cntion de l'Kglisc dans les affaires de lÉtat et en prétendant régler parfois des questions ecclésiastiques.

Après la chute de l'empire romain d'occident, de nombreux établi*scmenU barbai*», san$ assiette solide, s'élevèrent sur ses mines. Leurs princes, privés de toute instnicUon, de toute expérience gouvernementale, étaient

incapable* de fonder un ordre de chose* légal, et il* n'en

eurent même pas toujours l'intention. Pendant plusieurs siècles, sans autre loi que la violence et l'arbitraire, ils foulèrent aux pieds les droits les plus élémentaires de l'individu et de la -société. Au milieu de cette confusion civile et politique, l'Église seule puisait dans la supériorité de son instruction l'expérience des choses et le sentiment de l'ordre légal. Sa prétention de régler, comme un pouvoir suprême et sans appel, les questions religieuses et le temporel même des princes fut donc pendant longtemps bienfaisante ; elle contribua au développement moral et politique des sociétés occidentales. Cette vérité est reconnue par les historiens protestants eux-mêmes, notamment par Macaulay. Mais, comme Macaulay le fait remarquer fort justement, aussitôt que le développement progressif des sociétés occidentales eut amené rétablissement d'un ordre de choses régulier, la suprématie de l'évêque de Rome devint inutile, car elle ne répondait plus à un besoin réel de la société. Aussi provoquât-elle au seizième siècle le grand mouvement de la Réforme : toute l'Europe du nord-ouest se sépara de l'Eglise romaine ; le centre et le midi , sans cesser de reconnaître sa juridiction spirituelle, repoussèrent depuis lors son immixtion dans les affaires temporelles, et cherchèrent même à limiter plus ou moins le droit, dont elle a toujours voulu se prévaloir, de régler a sa volonté l'administration ecclésiastique de chaque Etat.

Appliquons maintenant ces principes, d'après lesquels on a apprécié en Europe la conduite de l'évêque de Rome, à ses relations avec les empereurs de Constan-

Page 1