‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 119 sur 179 · CONDUITE DE LA MONARCHIE GRECQUE · texte numérisé non relu

CONDUITE DE LA MONARCHIE GRECQUE

pouvoir temporel à les appliquer. Les conséquences n'auraient pas manqué d'être désastreuses. Les hérétiques, persécutés, auraient levé l'étendard de la révolte ; il en serait résulté d'affreuses guerres civiles. C'est ce qui arriva en occident au temps de la Réforme. Mais un malheur plus grand aurait menacé l'orient; car ici le christianisme était entouré de nations professant une reli<rion qui lui était foncièrement hostile. Les dissidents auraient pu appeler les étrangers à leur secours et amener de bonne heure la ruine, non-seulement de l'empire dOrient, mais de l'Évangile lui-même.

La monarchie hellénique comprit le devoir qui lui incombait de prévenir, autant que possible, ce grand malheur Elle prit le parti de régler, à certaines époques, les questions religieuses. Elle eut soin de ne pas s'écarter des dogmes fondamentaux de l'Église et, en même temps, de ne pas pousser les hérétiques au désespoir. Elle a sans doute promulgué contre eux des lois sévères; mais nous avons vu que ces lois étaient appliquées, quand elles l'étaient, avec une rare indulgence. Nous ne nions pas qu'elle ait persécuté parfois les hétérodoxes. Zenon même, sous le règne duquel commença la querelle entre l'orient et l'occident, ferma, dit-on, en 482, l'école de médecine entretenue à Édesse par les nestoriens. Forcés de se réfugier en Perse, ces derniers y acquirent «ne importance politique considérable, et fondèrent a Djontisabou, en Koushistan, une nouvelle école de médecine qui, plus tard, contribua beaucoup au développement de la science chez les Arabes. Toutefois, en con-

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damnant les nesloriens, la monarchie entreprit, depuis Zénooi jusqu'au sixième concile œcuménique, réuni en 680 sous le règne de Constantin Pogonat, de trouver un modiis Vivendi jusec une autre grande hérésie, celle des monophysites.Les croyait-elle plus dangereux parce qu'ils étaient plus nombreux, ou leur dogme s'éloignait-il moins que les autres de l'orthodoxie ? Quoi qu'il en soit, c'est dans ce but que furent publiés, comme nous avons eu l'occasion de le dire, YEnotikon de Zenon, suivi avec tant de persévérance par l'empereur Anastase, la Condamnation des trois Chapitres sous Justinien, VEcthèse d'Héraclius, le Tijpos de Constant, père du Pogonat. Il est vrai que l'œuvre de réconciliation finit par échouer; mais ces efforts ajournèrent pour deux siècles la rupture définitive et en atténuèrent considérablement les funestes conséquences. L'intervention de la monarchie dans le règlement de ces questions contribua aussi à l'édification morale de la nation et du clergé : elle contenait en quelque sorte l'action exclusive du sentiment religieux et modérait la sauvagerie du fanatisme. Tandis qu'en occident le clergé, devenu tout-puissant, prit un caractère orgueilleux, dur et oppressif, en orient, où la monarchie arrêtait ses tendances à la souveraineté, il fut plus modéré, plus doux et plus humain.

Faut-il conclure de là que l'Eglise d'occident put à bon titre se vanter de son indépendance vis-à-vis du pouvoir temporel, et accuser l'Eglise d'orient de servilité envers l'État? Sur cette question, comme sur d'autres, il s'est établi une regrettable confusion. Pendant plusieurs

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