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LA REVANCHE DE L'HELLÉNISME

blée de hauts dignitaires de l'Église et de l'État, convor quée en 1206 à Nicée, le proclama empereur. Il fut solennellement couronné par le patriarche Michel IV. Dès lors il fonda sur cette côte de l'Asie Mineure et dans les îles adjacentes un État assez puissant pour résister aux attaques combinées des Francs et des Turcs d'iconium; car les Latins, venus en orient pour faire la guerre aux musulmans, avaient fait alliance avec eux. Nous croyons inutile de faire remarquer que l'anarchie avait été introduite en orient par les Latins, iet que l'union entre les deux pouvoirs, trait caractéristique de l'hellénisme du moyen âge, régna au contraire dans

l'empire de Nicée.

D'autre part, Michel Ange Comnèneleva l'étendard de la résistance dans les provinces européennes, en Epire, en Acarnanie et en Italie. Il fonda un nouvel Etat hellénique qui ne tarda pas à s'étendre vers le nord jusqu'à Durazzo,vers le midi jusqu'à Lépante, et qui comprenait la Thessalie occidentale. Cet État prit le nom de Despotat, et son souverain porta le titre de Despote de VEeU lade. Arta en était la capitale ; ses principales places de guerre étaient Bélagrada, aujourd'hui Bérat, Joannina et Vonitza. Théodore, frère et successeur de Michel, lutta constamment avec succès contre les Latins, les Bulgares ^et les Serbes. Il s'empara d'abord d'Achrida, de Prilape, de Pélagonie, de Durazzo, de Corfou, et se fit rendre hommage, comme seigneur suzerain, par le prince des Bulgares, Sviatoslav^^. Peu après il entra dans Thessalonique, où il renversa le royaume latin ; ce royaume n'a-

vait pas duré plus de vingt-cinq ans. De Thessaloniquo, Théodore marcha sur Zagora, et se fit proclamer empereur après avoir soumis tout le pays situé entre Andrinople, Philippopolis et Chrysopolis. Ce second empire grec ne fut pas de longue durée. Jean Vatatzés, successeur de Lascaris au trône de Nicée, s'empara de la Thrace et de la Macédoine, mit fin, en 1246, à l'empire éphémère de Théodore Ange Comnène et concentra dans ses mains toutes les forces politiques de l'hellénisme. Quinze ans après, son second successeur, Michel Paléologue, reprit aux Latins, le 26 juin 1262, la capitale de leur empire, sans coup férir. Huit cents cavaliers et quelques fantassins, envoyés en reconnaissance, avaient appris que Constantinople était dégarnie de troupes ; le général des Vénitiens, Gradénigo, était allé avec toutes ses forces de terre et de mer à la conquête de Daphnousion, situé non loin de là. Le chef hellène Stratégopoulos pénètre dans la ville et proclame empereur Michel Paléologue. Les Grecs se rallient autour de lui ; les Latins prennent la fuite ou sont massacrés. Baudouin, surpris, se sauva dans une barque, laissant derrière lui les insignes de la dignité impériale, que les soldats grecs portèrent en triomphe à leur souverain. Gradénigo revint sur ces entrefaites, mais dut suivre Baudouin après avoir embarqué sur sa flotte le patriarche Justinien et tous les Vénitiens et autres occidentaux qu'il put réunir.

L'empire latin de Constantinople ne dura donc que cinquante-sept ans. Il est même étonnant qu'il ait pu subsister aussi longtemps. Telle avait été la mala-

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