‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 14 sur 179 · OPPOSITION ENTRE LES INDIGÈNES ET LES CONQUÉHANTS · texte numérisé non relu

OPPOSITION ENTRE LES INDIGÈNES ET LES CONQUÉHANTS

toyen. Si, à Athènes, le nombre des hommes libres ne diminua pas à ce point, il faut en attribuer la cause à la facilité avec laquelle on y devenait, de métèque, isotèlc et d'isotèle, citoyen, La population athénienne put ainsi conserver son ancien niveau ; mais elle subit de graves altérations par son mélange incessant avec des gens étrangers à la race du pays. Le concours de toutes ces circonstances finit par amener une décadence générale. Vers le milieu du quatrième siècle, les luttes des républiques, ayant perdu leur première gravité, se réduisirent à un pillage réciproque. C'est ce que Ton vit, notamment à répoque de la guerre sacrée. Cette querelle provoqua Tintervention de Philippe, qui clôt la seconde ère historique de l'hellénisme dans la Grèce proprement

dite.

Le grand mouvementde peuplesqui eut lieu àla veille des temps historiques, et principalement l'occupation du Péloponnèse par les Doriens, fut donc la cause de toutes les péripéties du premier hellénisme : renversement de la forme que la nation commençait à donner dans les temps homériques à sa vie politique et surtout à son unité nationale ; grandes émigrations qui transportèrent pour un temps à l'étranger sinon les formes de la vie politique d'autrefois, tout au moins le génie de la race ; division de la Grèce entre les nouveaux venus et les indigènes, principalement entre les Doriens et les Ioniens ; développement excessif de l'esclavage, et par-dessus tout une longue et impitoyable querelle entre deux races. Pour plusieurs motifs, les historiens des cinquième et

quatrième siècles n'ont pas montré ces causes primordiales des diverses altérations qu'a subies le courant limpide de l'hellénisme des temps homériques. Cinq cents ans environ s'étaient écoulés depuis cette époque ; dans cetintervalle, nulle recherche scientifique n'avait été faite pour éclaircir des faits dans lesquels deux circonstances sont venues apporter une grande confusion. Les nouveaux venus s'étaient efforcés de pervertir la vérité à l'aide de traditions sciemment falsifiées. Au moven delà généalogie à'Hellm, ils commencèrent par se désigner eux-mêmes comme les aînés de la nation, renvoyant au second plan les Achéens et les Ioniens, dont ils avaient usurpé les possessions. Par la tradition du retour des Héraclides, ils se représentèrent comme les restaurateurs de l'ancien ordre de choses. Ces récits fabuleux remportèrent d'autant plus aisément sur la vérité, que les conquérants furent les plus puissants en Grèce. En outre, les intérêts d'un grand nombre d'entre eux se mêlèrent tellement dans cet intervalle à l'existence des indigènes, qu'il fut souvent difficile de distinguer ces deux éléments d'origine différente. Tout cela explique comment des historiens postérieurs, Thucydide surtout, ont affirmé la divergence qui existait de leur temps entre ces deux mondes, sans pouvoir cependant en retrouver l'origine. Mais les faits sont plus éloquents que la science ; à défaut de Thucydide, ils témoignent que, longtemps avant la guerre du Péloponnèse, avant le premier différend raconté par l'histoire entre les'Doriens et les Ioniens, en un mot depuis le renversement du monde homérique

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