‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 144 sur 179 · DERNIÈRES LUTTES DES GRECS AU MOYEN AGE · texte numérisé non relu

DERNIÈRES LUTTES DES GRECS AU MOYEN AGE

sonnîer avec un grand nombre de ses barons. Il ne recouvra sa liberté qu'en cédant à l'empereur trois des principales forteresses du Péloponèse, parmi lesquelles la ville de Monembasie. Peu de temps après, Charles d'Anjou commença ses agressions. Il ne parvint jamais à étendre ses conquêtes au delà de l'Albanie, de l'Epire, de la Grèce occidentale et de la principauté franque du Péloponèse ; mais, en 1278, il confia à Hugue de Sully, homme de guerre renommé, qui l'avait aidé à faire la conquête de Naples, le soin de compléter son œuvre : il le nomma son lieutenant général en Albanie, à Durazzo, Avlona, Buthroto, Sybota et Corfou. Ayant organisé les forces du roi et celles des Albanais, Hugue reçut les renforts qui dans l'intervalle lui avaient été expédiés de Brindisi et marcha contre Thessalonique. Il était si sûr de la victoire, qu'il avait fait d'avance le partage des villes et des pays à conquérir entre ses compagnons d'armes. Les faits allaient démentir ces belles espérances. Forcé d'assiéger Belagrada, qui se trouvait sur sa route, l'orgueilleux chevalier fut attaqué, battu et fait prisonnier avec un grand nombre des siens devant cette place.

L'hellénisme ne résista pas avec moins de persévérance à l'attaque des Serbes. Ces derniers, héritant de l'ancienne position des Bulgares, se présentèrent à cette époque comme les revendicateurs des prétendus droits des Slaves sur les pays grecs. Etienne Douchan, qui monta sur le trône de Serbie vers le milieu du quatorzième siècle , profita de l'anarchie que les Francs

avaient introduite en Albanie, en Macédoine, en Théssalie et en Epire, pour conquérir ces pays et se faire proclamer empereur de Serbie et de Romanie, despote d'Arta et comte de Valachie (Thessalie). Les Angevins furent refoulés par lui sur quelques points des côtes aux environs de Durazzo.D'un autre côté, Douchan parvint à s'emparer même de Thessalonique. L'empereur Jean Cantacuzène marcha alors contre lui; par ses exploits militaires aussi bien que par ses combinaisons politiques, il força Douchan à signer des traités qui arrêtèrent sa marche victorieuse. Après la mort du souverain serbe, arrivée en 1355, son empire fut divisé en huit petites principautés à peu près indépendantes. Quatre seulement se trouvaient en pays helléniques (trois dans la haute Macédoine, et une près du Pinde, dans cette partie de la Thessalie qui était nommée alors grande Valachie); elles ne tardèrent pas à disparaître successivement. Qui ignore enfin les vertus héroïques dont l'hellénisme du moyen âge fit preuve quand son heure fatale fut arrivée ? Constantinople fut assiégée du côté de la terre par 160,000 hommes avec quatorze batteries d'artillerie, et du côté de la mer par 150 vaisseaux de guerre. Sept mille hommes à peine et 26 navires de guerre défendaient la vaste enceinte de la ville impériale. L'armée ennemie était commandée par Mahomet II, âgé de vingtsix ans à peine. « Brave dans les combats, il avait la mine grave et riait rarement ; prudent, libéral, persévérant dans ses projets, audacieux en tout et, comme Alexandre de Macédoine, amoureux de la gloire. » Voilà ce que

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