‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 164 sur 179 · HAPPORTS AVEC L'AUTRICHE ET LA RUSSIE. 4H · texte numérisé non relu

HAPPORTS AVEC L'AUTRICHE ET LA RUSSIE. 4H

plus de domination étrangère ; ce qu'ils veulent, c'est fonder un État libre et indépendant sous un prince étranger, (c L'esprit de la nation n'est pas mort, disent-ils ; les lourdes chaînes de l'esclavage n'ont pu étoufl'er son amour de la liberté; elle a toujours sous les.yeux les images héroïques de ses ancêtres. » Les délégués s'adressent à l'impératrice Catherine avec un remarquable

orgueil national.

« Nous n'avons jamais demandé, nous ne demandons pas tes trésors ; envoie-nous seulement de la poudre et

des balles. »

Telle fut la position prise par la nation hellène depuis le commencement du dix-huitième siècle ; elle ne se souleva plus que pour son propre compte, en profitant de toute guerre faite à la Turquie. Or, comme c'était maintenant la Russie qui faisait ces guerres, tandis que les autres puissances se portaient champions de l'intégrité de l'empire, on voit ce qui devait arriver.

L'Europe occidentale, oubliant ses procédés de trois siècles, alors qu'elle recherchait sans cesse notre alliance €t notre concours, ne vit plus en nous que des instruments servilesde la politique russe. Il ne m'appartient pas de chercher ici à découvrir les secrets de cette politique, d'autant plus qu'elle a souvent varié dans le cours des cent dernières années. Il y eut peut-être un moment où elle songea à absorber l'empire. Plus tard, dans ses négociations avec Joseph II, elle proposa un démembrement à son profit et à celui de l'Autriche ; mais elle faisait en même temps entrer dans ses combinaisons

4i2 HELLÉNISME MODERNE.

deux faits qui, s'ils s'étaient réalisés, auraient épargné à Forient et à l'Europe, bien des malheurs et bien des embarras.

Ces faits, on les connaît: c'était la création à Constantinople d'un puissant Etat hellénique, el la fondation simultanée d'un Etat intermédiaire composé de la Valachie, de la Moldavie et de la Bessarabie. Malheureusement ce moyen héroïque d'en finir est resté à l'état de rêve, et, sur ces entrefaites, la Russie a modifié encore son plan de campagne. En effet, depuis cinquante ans, elle semble plutôt portée à restreindre les limites de l'indépendance et de l'action hellénique, et à poursuivre de préférence la formation de plusieurs principautés slaves dans les provinces septentrionales de la Turquie.

Prétendre trouver la dernière formule des transformations à venir, c'est vouloir deviner l'inconnu. Nous nous bornerons donc à tracer ici les linéaments de la politique grecque, qui est inaltérable. Nous n'avons pas à nier que les Grecs aient poursuivi de tout temps la ruine de l'empire ottoman. C'est dans ce but qu'ils se sont alliés avec la Russie dans les révolutions de 1769 et de 1788, et l'ont poussée plusieurs fois à recommencer la guerre, comme l'ont fait Lambros Catzonis dans sa protestation de i 792 et Alexandre Ypsilantis dans sa proclamation de 1821. La conviction qui les a guidés vers cette alliance avec la Russie, s'explique d'elle-même : selon eux, la domination turque une fois renversée, il était impossible que le règlement des affaires d'orient fût laissé à la discrétion d'une seule puissance ; l'intérêt

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