‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 165 sur 179 · LA POLITIQUE OCCIDENTALE EN ORIENT · texte numérisé non relu

LA POLITIQUE OCCIDENTALE EN ORIENT

du monde entier s'imposerait à TEurope pour assurer l'équilibre général ; la nationalité qui, dans la paix comme dans la guerre, avait tenu le premier rang en orient, devait reprendre la position à laquelle elle avait droit. Les faits, jusqu'ici du moins, témoignent de la justesse de ces prévisions.

Aussitôt que la révolution de 1821 menaça l'intégrité delà Turquie, l'Europe s'empara de la question pour la régler. En 1829, quand les Russes touchaient aux portes de Constantinople, quand l'existence de la Turquie ne semblait tenir qu'à un fil, le duc de Wellington, qui deux ans auparavant avait qualifié d'événement malheureux la bataille de Navarin , dit au prince d'Esterhazy, ambassadeur d'Autriche à Londres, qu'il ne restait plus à l'Europe qu'à pourvoir à la consolidation de l'Etat hellénique, appelé seul à prendre la place de la Turquie. Une nouvelle crise survint en 1834 : les puissances occidentales s'empressèrent encore d'intervenir. Enfin, en 1866, la Crète, s'étant insurgée, eut l'honneur, quoique réduite à lutter seule contre toutes les forces de l'empire ottoman, de provoquer une conférence européenne pour le règlement de ses affaires.

La nation grecque, placée entre les projets de conquête attribués aux Russes et le principe d'intégrité professé par l'Europe occidentale, savait donc ce qu'elle faisait dans ses luttes perpétuelles contre la Turquie. Mais que de sacrifices, que de désastres n'exigea pas, pendant des siècles entiers, cette politique, la seule qui puisse amener une solution définitive des affaires d'Orient!

HELLÉNISME MODERiNE.

L'insurrection de 1769 échoua après avoir ajoute bien des pages sanglantes au martyrologe de la nation hellène. A Tripolitza, les Turcs égorgèrent plusieurs milliers de Grecs, parmi lesquels Févêque et cinq autres prêtres ; trois mille Trikkaliotes furent massacrés en Thessalie ; à Larissa, les janissaires fusillaient de dix a vingt hommes par jour. Moschopolis fut détruite.

Les notables de Philippopolis subirent d'afTreux malheurs. A Smyrne, plusieurs chrétiens furent tués en sortant de Sainte-Photini; à Lemnos, Tévêque et les notables chrétiens furent décapités. Ces désastres furent rachetés en partie par des exploits héroïques. Les frères Christos et Tzélios Grivas et Georges Lachouris, ayant occupé avec quelques hommes de fortes positions près d'Angélocastro, luttèrent pendant trois heures contre les armées ottomanes placées sous les ordres de Solimanbey et d'Achmet-bey et se firent massacrer jusqu'au dernier. L'endroit où ce beau fait d'armes s'est accompli porte encore aujourd'hui le nom A' Ossements de Grivas, A l'autre extrémité de la Grèce continentale, à la Kaki- Skala de Mégares, Métromaras détruisit un corps d'Albanais. En Messénie, un des Mavromichali, retranché avec vingt-trois hommes à Mélipyrgos, tint trois jours -contre une nombreuse armée d'assiégeants, jusqu'à ce qu'une bombe, qui éclata dans l'intérieur de la tour, mît fin à cette défense désespérée. Des marins hellènes composaient les équipages de la plupart des brûlots qui ont incendié la flotte turque à Tchesmé.

En Crète, les Sphakiotes, qui avaient pris les armes sous

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