‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 167 sur 179 · CRÉATION D'UN ÉTAT INSUFFISANT · texte numérisé non relu

CRÉATION D'UN ÉTAT INSUFFISANT

\oulii plus tard disputer aux Grecs, fut arrosé de leur sang à Rendina, à Galatia, à Sainte-Paraskévi, à Cassandra, au mont Athos, à Niaousa. Les combats livrés aux environs de cette dernière ville peuvent être rangés parmi les plus sanglants dont l'histoire de la Grèce moderne fasse mention. Plus de quatorze mille Turcs et de dix mille Hellènes tombèrent dans ces mêlées. Forcés de céder, les Macédoniens, sous le commandement de Caratassos et de Gatzos, exécutèrent une marche mémorable à travers la Thessalie et, s'étant unis auxsoldatsdu Pinde, marchèrent au secours de leurs frères à Souli et à Péta. Pendant trois ans, les Thessaliens de Magnésie firent de nombreuses expéditions et s'avancèrent jusqu'aux portes de Volo, qu'ils assiégèrent. La grande armée de Dramali les fit reculer. Néanmoins, en juin, juillet et août 1824, ils continuèrent à guerroyer dans leur presqu'île, d'où ils portèrent des coups désastreux à l'armée de Kioutachi. Les Turcs s'étant alors emparés de TEubée, les troupes concentrées dans la Magnésie se trouvèrent privées de vivres et durent se retirer vers le sud ; mais là elles ne cessèrent de lutter pour l'indépendance de la Grèce jusqu'à la fin de la révolution. Est-il besoin de rappeler le désastre héroïque de Psara, la chute sanglante de Cassos, les exploits des Candiotes, et enfin les grandes batailles livrées dans les eaux de l'Asie Mineure, à Samos, à Géronta, à Lesbos? Un homme autorisé, l'amiral Jurien de la Gravière, leur rendait hier encore un hommage éclatant.

Privée en 1832, par décision de TEurope, de la plus

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grande partie du patrimoine de ses pères et emprisonnée au nom de la liberté dans les étroites limites de son royaume microscopique, la nation hellène a été assurément victime d'une grande injustice ; mais l'Europe en a été sévèrement punie. Elle prétendit, malgré une expérience de quatre siècles, concilier en orient l'existence de la liberté, qui, si limitée qu'on la fasse, devient peu a peu toute-puissante, avec le despotisme, qui, si oppressif qu'il soit, finit par tomber en lambeaux. Dans l'espace de quarante ans, Candie s'est soulevée trois fois ; 1 Epire, la Thessalie, toutes les provinces grecques de Turquie se trouvent dans un état d'insurrection latente. L'Europe ne sait plus à quel parti s'arrêter. Tantôt elle entreprend des expéditions désastreuses, tantôt elle s épuise en préparatifs militaires non moins désastreux que la guerre Elle semble convaincue de l'impossibilité de maintenir l'ordre de choses actuel, mais elle hésite sur la manière de lui en substituer un autre.

La possession de Constantinople est la pierre d'achoppement contre laquelle sont venus se heurter jusqu'ici tous les projets de restauration d'un Etat chrétien. Les Slaves n'ont jamais eu, comme le prouve leur histoire de mille ans, les qualités requises pour l'accomplissement de cette grande mission historique. Les Bulgares ont constitué à deux reprises, et les Serbes une fois, de grands États; ils n'ont jamais pu s'emparer de By/anceni même de Thessalonique , par la ^simple raison que le maître d'une grande ville maritime doit être un peuple marin. Or les Bulgares et les Serbes n'ont jamais été marins et

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