‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 170 sur 179 · DÉVELOPPEMENT DE U MARINE · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT DE U MARINE

lesactesdebaraterie,desfaitspresqueinouïs.Ceshommes de mer avaient dans toute leur manière d'être quelque chose d'héroïque et une rare dignité personnelle. Ils aimaient à donner à leurs navires des noms, à les orner de figures rappelant les anciens héros nationaux dont ils aspiraient à imiter les exploits et dont ils devaient se montrer bientôtles glorieux émules; citons-en quelquesuns pour faire voir les sentiments qui inspiraient leurs armateurs, leurs commandants et leurs équipages : Aspasie, Aristide, Andromaque, Achille, Athéna, Aphrodite Gorgone, Diomède.Hellas, Éleuthéria, Epaminondas'fléraclée, Thémistocle, Clio, Lycurgue, Léonidas, Niobé, Périclès, Solon, Spartiate ; tels étaient les souvenirs dont les hommes de ce temps invoquaient le patronage Ils s'efforçaient de rattacher l'hellénisme actuel a celui de l'antiquité ; leurs pensées, leurs sentiments, leurs actions, tout annonçait chez eux qu'ils étaient a la veille d'une grande revanche nationale.

Comment s'étonner après cela qu'ils l'aient illustrée par de si brillants exploits? Il est vrai que les ennemis contre lesquels nos pères ont lutté sur terre et sur mer étaient bien différents des adversaires que nous rencontrerons désormais. Mais la première vertu des nahons consiste à mettre leurs forces en état de combattre efficacement celles des nations ennemies. Pour l'armement et la façon de faire la guerre, nos klephtes et nos armatoles ne le cédaient guère aux bandes indisciplinées des musulmans de ces temps. Et comme ils avaient sur eux 1 ayantage de la force morale, du patriotisme et de l'amour-

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propre national, ilsles mirent souvent en déroute. D'autre part, les navires des trois îles, si faibles qu'ils fussent, comparés aux vaisseaux et aux frégates des Turcs, furent puissamment secondés par Tarme terrible des brulots dont nos marins surent faire un si triomphant usage. Enfin, mieux gouvernés, mieux équipés et montés par des hommes osant tout ce que le dévouement à la patrie peut seul oser, on s'explique comment de petits vaisseaux ont pu détruire ou mettre en fuite des flottes entières.

Telle fut la situation que l'hellénisme s'était faite sous le despotisme ottoman. Une classe de la nation avait obtenu la direction des affaires extérieures de la Porte et une domination absolue sur les principautés danubiennes ; le clergé dirigeait, sous l'hégémonie suprême du patriarche œcuménique, la vie spirituelle et en partie les affaires temporelles de tous les sujets chrétiens du sultan en Europe et en Asie; une troisième classe, qui avait toujours les armes à la main, poursuivait une lutte incessante contre les conquérants en Macédoine, en Thessalie, en Épire, dans la Grèce continentale et le Péloponèse. Enfin la nation entière se soulevait chaque fois qu'elle croyait pouvoir compter sur un allié étranger. En même temps elle s'organisait en nombreuses associations, de la Thrace au Péloponèse, de l'Épire au littoral de l'Asie Mineure et dans toutes les îles de la mer Egée; elle s'administrait elle-même, acquérait des richesses, développait toutes les ressources nécessaires à la conquête et à la conservation de son indépendance.

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