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RÔLE EFFACÉ DES SLAVES

Cette réorganisation de l'existence nationale fut l'œuvre exclusive de la race hellène.

11 y avait bien d'autres chrétiens en orient, mais pendant quatre cents ans ils n'ont pas donné signe de vie. Pour ne parler que des Slaves, qui prétendent aujourd hui au premier rôle, ils n'ont absolument rien fait pour justifier ces prétentions. Plusieurs avaient perdu jusqu au sentiment de leur nationalité. Les Bulgares, ceux du moins qui recevaient quelque éducation, s'enorgueillissaient du faux nom d'Hellènes.

Nous ne parlerons pas des Monténégrins. Ils ne tombèrent que rarement, il est vrai, sous le joug des Turcs; mais par leur petit nombre et plus encore par la lenteur de leur marche dans la voie de la civilisation, ils n'exercèrent aucune influence sur les affaires de l'orient. Parmi les autres Slaves, les Serbes seuls se sont soulevés, mais seulement depuis soixante ou quatre-vingts ans. Quant à la race grecque, on a vu la tâche qu'elle a accomplie : commerce, marine, industrie, instruction, administration, elle a tout créé chez elle, et de plus elle a prodigué son sang pour ébranler l'édifice monstrueux de la domination ottomane, le mutiler et l'amener à la position critique où il se trouve aujourd'hui. Aussi tous les voyageurs qui avaient annoncé dès le dix-huitieme siècle la chute de l'empire ottoman, ne lui voyaient d'autre successeur possible que la race hellène.

Les vicissitudes de la révolution de 1821 ont fait subir un temps d'arrêt à cette action civilisatrice et amené, en partie, la ruine de quelques-uns de ses principaux

centres. Madémochoria et Niaoussa de Macédoine, les communautés de la Magnésie thessalienne, Calarrhyti, Syraco et Souli en Épire, Chio, Psara, Cydonies, Casos, ont subi des désastres inouïs, sans parler du bouleversement général de la Grèce continentale, du Péloponèse, de la plus grande partie de la Crète, de l'épuisement complet d'Hydra et de Spetzia, des massacres qui eurent lieu sur tous les points de l'orient, notamment à Constantinople , Andrinople , Philippopolis, Smyrne et Thessalonique. Mais après cet ouragan de dix années qui menaça souvent d'engloutir l'hellénisme dans une mer de sang, on le vit surnager plus puissant que jamais. Il se mit au travail avec une activité pleine d'intelligence, en Thrace, dans l'Asie Mineure, dans les îles, en Macédoine, en Thcssalie, en Épire et dans le royaume de Grèce, fondé

à cette époque.

Ce petit coin de la terre hellénique est devenu comme le phare vers lequel tous les Hellènes, condamnés après tant de sacrifices à vivre sous une oppression inhumaine, tournent depuis quarante ans leurs regards. Composé de pays ruinés et dévastés, le royaume de Grèce n'a pu constituer ni une grande armée, ni une flotte considérable ; mais il a donné à l'hellénisme le signal de la renaissance matérielle et intellectuelle. Plusieurs contrées du royaume ont été transformées en véritables jardins par l'activité de bons cultivateurs. La marine marchande, qui avait à soutenir la concurrence d'un si grand nombre de sociétés de navigation à vapeur, comptait, en 1875, 5,000 navires jaugeant ensemble

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