CHAPITRE II
Philippe et Alexandre. — Expédition d'Alexandre : nouvelles migrations.
— Armées des Ptolémées et des Sélcucities. — Anciennes villes ; nouvelles fondations. — Organisation hellénique des villes. — Assimilation des indigènes. — Egypte : religion, Musée. — Syrie : langue, religion.
— Judée. — Asie Mineure. — Arménie. — Rois des Parthes. — Villes de second et de troisième ordre. — Hellénisation complète de l'Asie Mineure. — Modification de la vie intellectuelle. — Caractère pratique de l'art et de la science. — Travaux publics. — Fusion des mythes. — Judaïsme et hellénisme. — Jésus. Hellénisation du Nouveau Testament.
— Épictète. — Dion Chrysostome. — Alliance de l'hellénisme avec le christianisme. — Justin. — Clément d'Alexandrie. — Saint Basile. — Orgainsation de TÉglise. — Lutte des deux dogmes. — Hérésies. — Symbole de la foi. — Triste position de la mère patrie. — Conclusion.
Au milieu du quatrième siècle avant Jésus-Christ comme au milieu du sixième, la nalion hellène était divisée en trois groupes. L'un, le principal, était cantonné dans les pays helléniques proprement dits, de l'Olympe et des monts Céraunieris au Taygète et dans les îles adjacentes à ce continent; un autre occupait la basse Italie et la Sicile; le troisième, presque tout le littoral de l'Asie Mineure et les îles voisines. Les Hellènes avaient en outre des possessions sur les côtes de la Macédoine et de la Thrace, sur les côtes de l'Illyrie, des Gaules et de l'Afrique. Ces pays n'étaient unis par aucun lien poli tique. Tous les essais faits dans le cours des deux siècles précédents pour en établir un avaient échoué; nonseulement l'hellénisme restait morcelé, mais on remarquait déjà des signes manifestes de décadence dans ses
centres principaux. Les villes de l'Italie méridionale
avaient commencé à déchoir vers la fin du sixième siècle, opprimées par les tribus indigènes des Lucaniens, des
Bruttiens et d'autres encore. Dès cette époque, les villes de Sicile, Syracuse surtout, l'emportèrent en puissance sur celles de l'Italie ; mais la longue guerre civile qui éclata en 367 entre les Grecs des deux côtés du détroit ne fit que préparer la voie aux Romains, qui les asservirent dans le siècle suivant. Le traité d'Antalcidas faisait en ce temps une douloureuse position aux Hellènes d'Asie. Les satrapes du grand roi s'empressèrent de les soumettre à leur domination. Ils bâtirent des citadelles dans les principales villes et y mirent des garnisons. Quelques-unes furent détruites et leurs habitants réduits en esclavage. Les îles du littoral, Chios, Samos, Rhodes, se trouvèrent à la discrétion de leurs puissants voisins : elles n'étaient pas de taille à lutter contre eux et n'étaient plus protégées par la mère patrie. Nous ne parlerons pas ici des colonies isolées. Revenons à la Grèce proprement dite. Les deux grandes républiques qui avaient combattu pour l'hégémonie étaient sorties si épuisées de la lutte, qu'il n'y avait pas d'espoir de les voir reprendre avec succès l'œuvre interrompue. Thèbes, qui entreprit à la fin la même tache, s'épuisa à son tour. Alexand|:e de Phères avait aussi constitué un État considérable après la mort d'Epaminondas; mais, assassiné en 357, il laissa la Thessalie aussi faible, aussi divisée que par le passé.
Tel était l'état des choses en Grèce à Tépoque de l'ap-