‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 22 sur 179 · PHILIPPE ET ALEXANDRE · texte numérisé non relu

PHILIPPE ET ALEXANDRE

parition de Philippe de Macédoine sur la scène de l'histoire. Plusieurs traditions avaient cours sur l'origine de la maison royale de ce pays ; toutes s'accordaient à la faire descendre des Héraclides. C'était bien là la conviction de la Grèce ; du temps des guerres médiques, il fut permis à un Alexandre, roi de Macédoine, de prendre part aux jeux Olympiques d'où les étrangers étaient exclus. De même, tous les renseignements qui nous sont parvenus sur les habitants de la Macédoine les représentent comme un peuple apparenté aux Hellènes. Hs avaient suivi, quoique de loin, le progrès moral et intellectuel de ces derniers. Sous les prédécesseurs immédiats de Philippe, ils se rapprochèrent encore plus de la vie attique. Aussi le fils d'Amyntas et d'Eurydice fut-il, dès son bas âge, élevé comme l'aurait été le premier des Hellènes. Doué de cette force créatrice qui enfante et dirige les empires, il profita des querelles qui divisaient la Grèce, et, de 333 à 338, il soumit à l'hégémonie macédonienne tous les Etats qui la composaient. Alors, il convoqua à Corinthe un congrès général, au sein duquel il se rendit en personne. H déclara qu'il se proposait de faire la guerre au Grand-Roi, d'abord pour affranchir les frères d'Asie, ensuite pour venger la Grèce de l'invasion de Xerxès. Il fut proclamé généralissime ; mais, assassiné deux ans après à iEgée, il légua l'accomplissement de son œuvre à son fils Alexandre. Alexandre fut élevé, lui aussi, à la dignité de général en chef des Hellènes, après avoir assuré son pouvoir en Macédoine et en Grèce par d'éclatantes victoires.

Cette nouvelle hégémonie paraissait appelée à asseoir enfin sur une base solide l'unité politique de la nation et par suite à la rendre maîtresse de loul le pays situé entre l'Ister (Danube) et lecapTénare. Cette tâche s'imposait au jeune roi ; tout lui faisait un devoir de la remplir : la tradition paternelle, sa propre gloire, la servitude où gémissaient les Grecs d'Asie, les grands intérêts de la race dont il tenait dans ses mains les destinées. Alexandre s'appuyait sur un Etat fortement constitué ; il trouvait Athènes, Sparte, Thèbes et la Thessalie épuisées ; le succès paraissait assuré, lorsque, cédant à cette fatalité qui semblait attachée à l'hellénisme, le jeune roi se tourna vers cette grande expédition extérieure. Elle eut pour conséquence de nouveaux déplacements de population non moins considérables que les précédents. Il est impossible d'évaluer le nombre des Hellènes qui suivirent la fortune d'Alexandre le Grand et de ses successeurs. Il y a cependant des indices qui peuvent nous donner une idée de cette seconde transplantation de la Grèce en Orient. L'émigration commença par l'armée. Si hostiles qu'aient été les principales républiques de la Grèce à l'entreprise du roi macédonien, de nombreux Hellènes s'enrôlèrent sous ses drapeaux. Il est vrai que^ dans les premières années de la guerre, les Grecs qui combattirent avec Alexandre au Granique, à Issus, à Arbelles, n'étaient pas aussi nombreux que les mercenaires de Darius, leurs compatriotes. Néanmoins plusieurs cités exécutèrent dès le principe les conditions du traité de Corinthe ; les troupes qu'elles envoyèrent

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