‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 24 sur 179 · ARMÉES DES PTOLÉMÉES ET DES SÉLEUCIDES · texte numérisé non relu

ARMÉES DES PTOLÉMÉES ET DES SÉLEUCIDES

et Thémisson étaient Hellènes; trois, Byttacos, LysimaqueetAntipatcr, étaient Macédoniens; un seul étaitMède. Tous les généraux de Ptolémée, du moins ceux dont on connaît les noms, Polycrate, Socrate, Échécrate, Phoxidas, étaient également des Grecs. Nous ne distinguons ici les Macédoniens des Grecs, on le comprend, que pour donner une idée du nombre relatif d'habitants de la Grèce et de la Macédoine qui passaient en Orient. Quelque différence que l'on suppose à l'époque précédente entre ces deux races, leur caractère s'identifia sous Alexandre et après lui : Georges le Syncèle écrivait, au huitième siècle après Jésus-Christ : « Première année de la royauté des Hellènes supputée depuis la septième du règne d'Alexandre ; car Hellènes et Macédoniens, c'est tout un. » Il est d'ailleurs superflu d'ajouter que les troupes réunies à Raphia n'étaient pas les seules forces militaires dont disposassent les Ptolémées et les Séleucides. Pour ce qui concerne spécialement TÉgypte, nous savons que , vers le milieu du troisième siècle avant Jésus- Christ, son armée, d'où l'élément indigène futlongtemps éliminé, comptait deux cent mille fantassins et quarante mille chevaux. Nous devons noter aussi qu'en Syrie et en Egypte les amis du roi, tous les stratèges, les hipparques, les nomarques, les secrétaires royaux, les agoranomes, tous les grands dignitaires de l'Etat, tous les fonctionnaires en un mot étaient aussi Hellènes ou Macédoniens, et ne portaient que des titres grecs, non des titres indigènes, égyptiens ou asiatiques. Mais, si nombreux qu'aient été les Hellènes appelés

"^2 IlELLÉiNISME ORIENTAL.

au seryice militaire et civil des dynasties grecques de l'Orient, plus considérable encore sans nul doute est le chiffre de c(ux qui se rendaient en Asie et en Egypte pour y chercher fortune dans d'autres carrières. En Asie ils trouvaient une foule de villes fondées depuis des siècles par des hommes de leur race, les célèbres colonies éoliennes, ioniennes etdoriennes, qui avaient à leur tour, les deux premières surtout, couvert de villes florissantes toutes les côtes du Pont-Euxin. Plusieurs de ces cités étaient en décadence, quelques-unes avaient été ruinées sous la domination des Lydiens et des Perses. A partir du troisième siècle avant Jésus-Christ, elles reprirent leur ancienne prospérité par la protection qu'elles trouvèrent dans les nouveaux États helléniques, et par les colons que la Grèce leur envoya. Smyrne, rasée au septième siècle par Sadyatte, roi des Lydiens, fut rebâtie sous les successeurs d'Alexandre. Par la symétrie de ses rues, ses beaux pavés, ses grands portiques carrés et ses constructions luxueuses, elle devint une des plus splendides villes de l'antiquité et, d'après Strabon, la plus belle de l'Asie Mineure. Éphèse avait subi les mêmes désastres que les autres villes grecques de TAsie après le traité d'Antalcidas ; mais elle fut sauvée de ses dissensions intestines par Alexandre. Agrandie et fortifiée par Lysimaque, elle ne cessa de prospérer tous les jours : c'^^i le mot de Strabon, qui l'appelle « le grand centre de commerce de l'Asie en deçà du Taurus. » Là florissait cette école de sculpture qui a produit l'athlète Borghèse du Louvre. Milet avait subi

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