ORGANISATION HELLÉNIQUE DES VILLES
d'Étoliens, d'Eubéens et de Cretois. Nicomédie fut une ville presque entièrement grecque. Nacrassa aussi, si nous en croyons une inscription dans laquelle on lit : « l'assemblée des Macédoniens nacrassites et le peuple. » Selon Strabon,le roi Tigrane fonda Tigranocerta « avec une population de douze villes grecques qu'il avait ruinées. » Philostrate qualifie de «ville hellène» Eusébie, près du Taurus. Strabon dit que les Mazacènes « font usage des lois de Charondas, un des plus anciens législateurs grecs. » Dans le royaume de Pergame, Philadelphie reçut le nom de « petite Athènes ».
Du reste, toutes les villes de l'Asie antérieure se transformèrent en cités helléniques non-seulement par l'origine de leurs habitants, mais aussi par leurs institutions. Chacune d'elles avait son démos, son sénat jSes archontes, ses stratèges. La plupart, Cyzique, Magnésie, Nicée, Pergame, Anazarbos en Cilicie, Side, Ephèse, Smyrne, Thyatire, Tarse, Attalie,Tralles, Tyr, Antioche^ Alexandrie et beaucoup d'autres, célébraient des jeux publics selon la coutume de la mère patrie. Par intervalles, plusieurs se rendirent tout à fait indépendantes et se donnèrent des chefs qui prirent les noms « de tyrans, de monarques, de rois.» Tels furent entre autres Straton, tyran de Bérée, au commencement du premier siècle avant notre ère; Denys, tyran de Tripoli; Sylas, tyran, de Lysiade ; Lysimaque ou Lysanias, roi de Chalcis. Les dynastes de l'Asie Mineure, Lysanias, Olympichos, Limnéos, qui vivaient, selon Polybe, vers l'an 300, appartenaient sans doute à cette catégorie. On cite même une
guerre entre Larisse et Apamée. L'indépendance était pourtant une exception ; la règle était que toutes les villes <:onsidérables jouissent de privilèges importants. Les unes furent nommées « sacrées avec droit d'asile ; » car on les exempta de toute intervention militaire et judiciaire. Les autres devinrent « autonomes et libres ; » car elles possédaient une pleine autonomie civile, ne payaient aucun impôt régulier et ne recevaient pas de garnison. D'autres encore étaient qualifiées de « métropoles ^)j ce qui leur donnait des droits de préséance sur les autres villes, ou d'« amirales », comme ayant des arsenaux et une force navale considérable. Tyr, par exemple, était « une métropole sacrée ^vec droit d'asile ; » Antioche, « une métropole autonome ; » Séleucie, « sacrée et autonome ; » Laodicée-sur-Mer, « sacrée avec <lroitd'asile)),ou «sacrée et autonome.» Chaque ville, en Asie du moins et particulièrement dans l'empire des Séleucides, avait aussi sa chronologie civile particulière qui commençait en l'an 312 avant Jésus-Christ, et, chose plus sérieuse encore, le droit de frapper des monnaies d'argent ; elles portaient, il est vrai, l'image du prince Séleucide, mais le système monétaire n'était pas celui du souverain. Sa monnaie était frappée sur le modèle de la monnaie athénienne, tandis que celle des villes avait probablement pour type la monnaie indigène, l'asiatique, admise aussi par les Ptolémées. Il y avait une si grande affinité de mœurs et.de caractères entre ces villes, que plusieurs exprimaient officiellement cette liaison fraternelle. Ainsi Antioche près de Daphné,