‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 27 sur 179 · ASSIMILATION DES INDIGÈNES · texte numérisé non relu

ASSIMILATION DES INDIGÈNES

Séleucie en Piérie, Laodicée-sur-Mer et Apamée, l'ancienne Pella, se disaient « sœurs» d'après Strabon, et « dèmes frères » d'après les médailles. D'autres encore étaient unies entre elles par le lien plus positif de la confédération et formaient le « xoivbv » ou communauté de Bithynie, « la communauté d'Asie », associations modelées sur la fédération achéenne, étolienne ou béotienne.

Tant que l'hellénisme ne se propagea pas dans les campagnes, les villes se distinguèrent des nations indigènes qui se trouvaient en dehors d'elles : c'est ce qu'attestent des documents authentiques. Ainsi nous lisons dans une inscription d'Éphèse : « l'assemblée et le peuple des Éphésiens et des autres Hellènes des villes de l'Asie et les nations ; » de même dans un traité entre Smyrne et Magnésie conclu en 245 : « il écrivit aux rois et aux dynastes, aux villes et aux nations, » Un traité entre les Romains et Antiochus III porte, entre autres choses, que « si quelques-unes des villes ou des nations contrlesquelles il est interdit à Antiochus de faire la guerre, venaient à l'attaquer, Antiochus aura le droit de les combattre, etc. » Cette distinction disparut avec le temps. Les villes formaient dans les commencements comme les îles d'un archipel dispersées sur la mer des nations indigènes de l'Asie ; elles assimilèrent peu à peu ces peuples par la supériorité de leur organisation et de leur civilisation, par leur langue surtout qui, incessamment propagée parmi les indigènes, finit par les absorber à peu près complètement.

"ÎS HELLÉNISME ORIENTAL.

Cette évolution ne fut pas seulement l'œuvre des villes ; les gouvernements de TEgypte, de la Syrie et de l'Asie Mineure y prirent une large part. En Egypte, les Ptolé mées firent dans ce sens plus que les villes mêmes, car dans leurs Etats le nombre des nouvelles fondations fut relativement moins considérable qu'ailleurs. Les principaux instruments de l'hellénisation du pays lurent l'administration, l'armée, les établissements religieux, littéraires, scientifiques et industriels du gouvernement. Nous avons vu que l'administration et le service militaire furent entièrement organisés selon les coutumes grecques et restèrent pendant de longues années entre les mains des HeJlènes. Tous les actes publics étaient rédigés en langue grecque. Les contrats écrits en égyptien étaient admis, mais ils devaient être contre-signes en grec. Lorsque plus tard les indigènes commencèrent à entrer dans l'armée et l'administration de l'État, l'empreinte hellénique était trop fortement marquée pour que cette immixtion y pût rien changer.

Les dogmes religieux des Égyptiens ne furent pas abolis, mais il s'opéra un rapprochement entre eux et les dogmes helléniques ; l'hellénisme semble y avoir gardé la prépondérance. Les Ptolémées élevèrent au milieu

de TEgypte un nouveau et magnifique temple, le Sérapéion, où l'on adora depuis en commun le dieu grec Zeus Adès, assimilé déjà au dieu égyptien Sérapis ou Osiris-Apis, et la déesse égyptienne Isis, sœur et femme d'Osiris. Des usages et des symboles grecs prévalurent dans cette fusion des deux religions : ainsi dans l'anti-

Page 1