‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 29 sur 179 · SYRIE; LANGUE, RELIGION. JUDÉE · texte numérisé non relu

SYRIE; LANGUE, RELIGION. JUDÉE

«on contact avec le culte indigène. Les Séleucides voulaient simplement faire prévaloir l'hellénisme en matière de dogme. Nous avons vu que Séleucus avait commencé par ériger dans Antioche une statue à Pallas Athéné. On y éleva aussi une statue à la Fortune qu'on appela Fortune d'Antioche, et sous la protection de laquelle la ville fut placée. Les rois se proclamèrent descendants d'Apollon, -et construisirent un temple en l'honneur du chef présumé de leur race à Daphné, près d'Antioche ; à côté d'Apollon on y adorait Diane sa sœur, et aussi Vénus, Jupiter, Junon, la Victoire. Les Séleucides ne se bornèrent pas à transporter l'Olympe grec en Orient ; bientôt ils poursuivirent la ruine des autres cultes, et principalement de celui des Hébreux. Le nouvel état dé choses avait déjà beaucoup réagi sur les jeunes générations israélites, lorsque, vers le milieu du deuxième siècle avant Jésus- Christ, Antiochus IV Epiphane chercha par tous les moyens à leur imposer la religion et les dieux des Hellènes; pour obtenir leur concours, on les façonna aux idées helléniques. Au second livre des Machabées on trouve une description détaillée de cette révolution entreprise par les Séleucides. D'abord Antiochus IV favorisa le sacre d'un grand prêtre pris parmi les Juifs convertis, de Jason, qui s'empressa d'introduire parmi ses compatriotes les usages de la Grèce, et qui établit un gymnase et des jeux pour les éphèbes. Peu après le roi envoya à Jérusalem un vieil Athénien qui força les Juifs à renoncer tout à fait aux lois de leurs ancêtres, et qui donna au temple de Jérusalem le nom de Jupiter Olyn^*

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pien, à celui de Garizim le nom de Jupiter Hospitalier. Une lutte nationale éclata en Judée contre Tétranger. Les Juifs, sous le commandement des Machabées, finirent par se rendre presque indépendants et par étendre leur domination sur toute la Palestine et sur la Phénicie. Mais plus les chefs des insurgés gagnaient du terrain, plus ils en perdaient d'une autre manière : pour combattre l'élément hellénique, ils étaient forcés de lui emprunter son organisation militaire, son administration intérieure, ses relations diplomatiques et son système monétaire. Aussi arriva-t-il que vers le milieu du premier siècle avant Jésus-Christ, lorsqu'ils eurent secoué la domination étrangère, ils avaient déjà perdu leur caractère national. Le roi Hérode fondait à Jérusalem des gymnases, un théâtre, un amphithéâtre ; tous les quatre ans il célébrait de grands jeux. Le plus remarquable, c'est que les Romains eux-mêmes, qui renversèrent dans cet intervalle l'empire des Séleucides, contribuèrent à la propagation de l'hellénisme. Tout en laissant d'abord aux Juifs une ombre d'indépendance, ils lés reléguèrent dans leurs anciennes limites et leur enlevèrent toutes les villes grecques conquises par eux dans le cours de leur grandeur récente et éphémère. Ainsi réduite, la Judée continua d'être gouvernée pendant quelque temps par ses propres rois, mais par des rois « hellénisants, » tandis que les villes grecques, Gaza, Anthédon, Raphia, Stratônos-Pyrgos, Azotos, Jamnée, Jopé, Aréthuse, Marissa, Ascalon, reprirent leur ancienne autonomie. Quelques-unes seulement furent transformées plus

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