‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 30 sur 179 · ASIE MINEURE · texte numérisé non relu

ASIE MINEURE

tard en colonies romaines ; toutes les autres étaient gouvernées, comme jadis, par leur démos, leur sénat, leurs archontes et leurs stratèges. D'un autre côté, le roi Hérode s'était entièrement livré à l'influence hellénique : non content de la faire prévaloir dans ses propres États, il orna les villes grecques de monuments splendides, y institua des jeux, y fonda de beaux et utiles établissements, tels que des gymnases, des portiques, des théâtres, des murs^ des aqueducs. Ses descendants imitèrent son exemple jusqu'au jour où la Judée fut réduite en province romaine.

Le triomphe de l'hellénisme en Syrie fut d'autant plus assuré que les révoltes des Juifs contre Rome, au premier et au deuxième siècle de notre ère, amenèrent leur dispersion dans tous les pays du monde. Ce triomphe a laissé des traces indélébiles dans la littérature du premier siècle après Jésus-Christ. Flavius Joseph et Philon le Juif écrivirent leurs ouvrages en grec et s'inspirèrent des sentiments de la race dont ils avaient adopté la langue. Est-il besoin de rappeler que la Syrie tout entière devint un pays grec, et qu'elle produisit des hommes tels que Nicolas de Damas, Lucien, Libanius, Longin, Jean Chrysostome, Procope, Énée, Jean de Gaza, le mécanicien Callinicos, le mathématicien Nicolas, l'astronome Posidonios?

Les dynastes qui se firent jour en Asie, après le démembrement de Tempir^ d'Alexandre, n'étaient pas d'origine grecque comme les Ptolémées et les Séjeucides> à l'exception d'un seul, ils furent indigènes\pt étraa-

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gers de naissance à la civilisation hellénique. Néanmoins ils contribuèrent puissamment à la propager. Les descendants de Zipœte, roi de Bithynie, les Prusias, les Nicomède, s'identifièrent tellement avec la révolution, qu'on finit par oublier leur origine barbare et que les chroniqueurs les qualifièrent de Macédoniens, il en fut de même des rois du Pont. Quoique descendants de Darius, ils devinrent des promoteurs de la nouvelle civilisation. Le plus célèbre des géographes grecs est né à Amasia du Pont. Sa généalogie atteste le mélange qui s'y faisait des Grecs et des indigènes aussi bien que la prépondérance de l'hellénisme. On ne connaît pas le père de Strabon ; mais sa grand'mère maternelle était fille du Grec Lagètas; elle avait épousé un indigène dont le frère, Moapherne, est seul mentionné par le géographe. Ainsi, du côté de sa mère, son bisaïeul était certainement Grec, mais son grand-père était indigène ou, comme on disait alors, barbare. Diodore de Sicile dit, en parlant d'Ariarathe V, roi indigène de Cappadoce, qui vivait vers le milieu du deuxième siècle avant Jésus- Christ, « que la Cappadoce, jadis ignorée des Grecs, était alors le séjour des hommes instruits. » L'hellénisme ne ceisa pas de se répandre dans ce pays sous les Romains ; ainsi une ville dont j'ai parlé plus haut, Mazaca près du montArgée, chdLOfftfi d'abord son nom en celui d*Eusébie,fut agrandie jp»r Tibère et nommée enfin Césarée, et devint une cité de quatre cent mille habitants; elle jeta son plus grand éclat au troisième siècle de notre ère, lorsque son général Démosthèftes se couvrit de gloire dans les

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