‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 35 sur 179 · TRAVAUX PUBLICS · texte numérisé non relu

TRAVAUX PUBLICS

Coptos, leur principal entrepôt. » Une grande quantité de ces marchandises étaient ensuite exportées à l'étranger ; les bateaux égyptiens naviguaient jusque dans l'Euxin ; ils en rapportaient d'autres produits avec lesquels ils remontaient le Nil ; les marchandises passaient sur les bords de la mer Rouge, et de là on les expédiait dans les contrées méridionales de l'extrême Orient. Alexandrie devint ainsi le véritable centre du commerce universel. Les Séleucides de leur côté firent beaucoup pour le développement et la sûreté des relations commerciales. Seleucus songea à réunir la mer Caspienne à l'Euxin par un canal ; son successeur Antiochus chargea le Larisséen Polyclète de faire une étude détaillée de la mer Caspienne.

En outre ils eurent soin d'entretenir la grande route commerciale de l'Inde septentrionale au Pont-Euxin, route qui devait enrichir bientôt après les rois du Pont. La grande Séleucie-sur-le-Tigre fut plus utile aux rois de Syrie. C'est dans cette ville que les Arméniens amenaient leurs marchandises en descendant l'Euphrate et le Tigre; car, à ce point, les rapides du Tigre arrêtaient les navires qui remontaient ce fleuve impétueux. Les cargaisons étaient donc transportées par terre au marché des Comanes ou au delà du Caucase; derrière cette chaîne habitaient les Aorses, riverains du Tanaïs, qui s'enrichissaient en apportant sur des chameaux, dit Strabon, les produits des Indes et de Babylone, et en les transportant chez les Mèdes et les Arméniens. A Séleucie se rendaient en outre des caravanes de la haute Perse et de

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TArabie. De cet entrepôt toutes les marchandises étaient dirigées sur les nombreuses et riches villes du littoral syrien et de l'Asie Mineure méridionale. Ainsi les Séleucides rivalisaient avec les Ptolémées pour faciliter par tous les moyens les relations commerciales entre rOrient etTOccident. D'un autre côté, quand la jalousie des Ptolémées défendit l'exportation du papyrus, les habitants de Pergame y suppléèrent par l'invention du parchemin, dont la fabrication forma une branche notable de leur industrie. Car dans ce royaume aussi les arts utiles, les sciences positives, la mécanique, la navigation, le commerce, les mathématiques et l'astronomie prirent un grand essor. Les tissus d'Attalie, ainsi que les autres produits de l'industrie de Pergame, acquirent en ce temps beaucoup de renommée, ce qui n'empêcha pas que la philosophie et les beaux-arts n'y fissent des progrès signalés. Là brillèrent d'un vif éclat la philosophie stoïque, et cet art qui donna naissance à la fameuse statue d'Esculape placée dans le temple de ce dieu à P^pgame, et à d'autres œuvres par lesquelles les habitants de cette ville illustrèrent les exploits de leurs rois contre les Galates.

Cependant l'hellénisme transplanté en Asie ne créa pas seulement une nouvelle vie politique et intellectuelle ; il fonda aussi un nouveau monde moral et religieqx. Là il rencontra le peuple qui professait depuis des siècles l'existence d'un seul Dieu. Il tenta de s'assimiler la Palestine ; mais, de même que les Machabées, ses adversaires, étaient forcés de lui emprunter son organisa-

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