‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 37 sur 179 · JÉSUS. HELLÉNISATION DU NOUVEAU TESTAMENT · texte numérisé non relu

JÉSUS. HELLÉNISATION DU NOUVEAU TESTAMENT

raël, fut écouté plus volontiers par les Juifs hellénisants. Les premiers, l'ayant d'abord emporté, poursuivirent et firent condamner Jésus au supplice ; mais ses disciples sauvèrent par l'hellénisme le Nouveau Testament. Abandonnant ces sourds et ces aveugles, ils prêchèrent la vérité en grec aux habitants hellénisés de la Palestine et des autres pays de l'Orient. Ceux-ci s'assimilèrent la parole du maître au point que cette parole, prêchée d'abord aux seuls Juifs, devint comme la propriété de l'hellénisme et que les Juifs y restèrent étrangers. Les Évangiles, tels du moins que toutes les Églises chrétiennes les possèdent aujourd'hui, les Actes et les Épîtres des Apôtres, l'Apocalypse, les premiers ouvrages des Pères de l'Église, le Symbole de la foi, toutes les définitions et les canons arrêtés par les conciles œcuméniques ont été rédigés et prêches en langue grecque. Les sept premiers diacres de l'Église, Philippe, Prochoros, Nicanor, Simon, Parménas, Nicolas et surtout Etienne, son premier martyr, étaient des Juifs hellénisés, des «hellénistes», comme on disait alors. Les premières, les plus célèbres Églises ont été fondées dans les villes grecques de Damas, de Bérée, d'Antioche en Syrie, et presque en même temps, dans l'Asie Mineure, à Éphèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie, à Laodicée.

L'ancien hellénisme, dans sa première forme, continuait toutefois, avec l'hellénisme insensiblement converti à l'Evangile, à exercer une action multiple pour le triomphe du dogme chrétien. D'un côté la fusion des différents cultes païens ne cessait d'élever les esprits à la

conception d'un seul Dieu ; de Tautre, la philosophie grecque travaillait à la diffusion de la nouvelle doctrine morale. Épictète, qui vécut vers la fin du premier siècle de notre ère, fut, quoique païen, comme un collahorateur des missionnaires du christianisme. Dans les Diatribes qu'Arrien écrivit sous sa dictée, tantôt il répond à des questions de morale, tantôt il invoque la dignité humaine pour nous engager à la vertu ; ou bien encore il expose avec éloquence ce qui touche à la Providence divine elles devoirs qu'elle dicte à chacun de nous. Il adresse ainsi aux hommes des enseignements par lesquels il les prépare à entendre et à comprendre l'éloquence chrétienne. L'hymne à Dieu, que nous lisons dans son second discours sur la Providence, est plutôt diffne de Grégoire de Nazianze que d'un philosophe païen. Après avoir célébré les louanges de la Divinité, il termine en s'écriant : a Eh bien ! puisque vous êtes aveugles, vous le grand nombre, ne fallait-il pas qu'il y eût quelqu'un qui chantât pour tous l'hymne à la Divinité? Que puis-je faire, moi vieux et boiteux, si ce n'est de chanter Dieu? Si j'étais rossignol, je ferais ce que fait le rossignol; si j'étais cygne, ce que fait le cygne. Je suis un être raisonnable, il me faut chanter Dieu. Voilà mon métier, et je le fais. C'est mon rôle, à moi; je le remplirai tant que je vivrai, et je vous engage tous à chanter avec moi. » Chose non moins remarquable, Épictète prêche le célibat du philosophe, préludant ainsi au célibat des moines, et devient martyr de ses doctrines, comme le furent bientôt après lui les confes-

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