‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 40 sur 179 · JUSTIN. CLÉMENT D'ALEXANDRIE. SAINT BASILE · texte numérisé non relu

JUSTIN. CLÉMENT D'ALEXANDRIE. SAINT BASILE

ches ajoutent aussi à sa parure ; de même il y a un certain charme à ce que l'âme, dont la vérité est le fruit principal, soit revêtue de la science profane, qui, comme le feuillage de la plante, fait ressortir la beauté du fruit. » Après avoir posé ce principe que l'ancienne philosophie hellénique est un exercice, un ornement indispensable à toute âme chrétienne, il termine cependant en disant que nous ne devons pas prêter la même attention à tout ce qu'ont écrit les poètes et les orateurs. « Et de même que nous évitons les épines du rosier, dont nous cueillons la fleur, nous devons nous attachera nous préserver de ce qu'il y a de nuisible dans ces préceptes, et ne profiter que de ce qui est utile. » Mais, dans son enthousiasme pour les chefs-d'œuvre du génie hellénique, il ne tarde pas à affirmer que tous à la vérité méritent d'être étudiés par les chrétiens, que toute la poésie d'Homère est un éloge de la vertu ; il recommande en même temps Selon, Théognis, Prodicos, Euripide, Platon. « Presque tous, s'écrie-t-il, ont parlé de la sagesse; chacun dans ses écrits a fait plus ou moins et dans la mesure de ses forces réloge de la vertu. » Il professe que non -seulement les maximes de l'ancien hellénisme, mais plusieurs de ses actions sont aussi dignes d'être admirées qu'imitées; il cite en exemple les vertus de Périclès et de Socrate, d'Euclide et de Clinias, celles même d'Alexandre le Grand, vertus qu'il trouve souvent conformes aux plus saints exemples de l'Évangile. Néanmoins il revient sur la distinction entre l'utile et le nuisible, et il continue jusqu'à la fin en faisant une esquisse des avantages

HELLENISME ORIENTAL.

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que les chrétiens peuvent emprunter aux enseignements du dehors. Qui ne voit là que, selon le grand écrivain sacré, le christianisme est venu pour mettre sous la sanction du Sauveur tout ce que l'ancien hellénisme avait enfanté de beau, et pour empêcher que ce produit de son génie ne se perdît par la perversion et Tanarchie morale du polythéisme?

Ainsi le nouveau dogme commença à s'attacher les partisans de l'ancien, à être expliqué à tous, à se répandre insensiblement pendant les trois premiers siècles de notre ère dans tout l'Orient, et de l'Orient en Occident. Mais le christianisme n'était pas simplement un enseignement moral ; c'était une religion positive. Il avait besoin d'une constitution extérieure, et pour ainsi dire civile et politique. L'organisation qu'il reçut fut aussi hellénique qu'il était possible. Nous avons vu que les nombreuses villes fondées en Orient avaient leurs anciennes institutions : assemblées du peuple, sénats, archontes, stratèges et quelquefois aussi des diètes fédérales. C'est sur ces bases que fut réglée presque toute la constitution du christianisme. \J Église des chrétiens reproduisait, comme son nom l'indique, Yassemblée du peuple des anciennes cités helléniques ; Yassemblée des aiiciens était le sénat ; les épiscopes^ dont le nom a été également empruntée l'ancienne constitution de TAttique, étaient comme les archontes de ces nouvelles cités ; les conciles provinciaux rappelaient beaucoup les diètes fédérales. En outre, le christianisme copia, dans quelques fêtes solennelles, les anciennes panégyries ; il en a même

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