ÏNSUGCÈS DE L'ŒUVRE DE JUSTINIEN
tcrranee et une partie considérable de l'Espagne. En m'ii'C temps, par la nouvelle codification des loi? qu'il fit promulguer en latin, il prétendit rendre cette langue obligatoire dans tous les rapports civils et politiques. Mais rancion empire ne fut pas plus relevé en occident que la langue latine ne triompha en orient. La haute Italie ot l'Espagne ne tardèrent pas à se rendre indépendantes, la première sous les Lombards, la seconde sous les Visigoths ; plus tard l'Italie centrale tomba également sous le pouvoir temporel des évêques de Rome; seules la partie méridionale de cette péninsule et la Sicile restèrent plus longtemps soumises à la domination des empereurs de Constantinople ; elles finirent aussi par devenir étrangères aux intérêts, aux sentiments, au caractère général des contrées situées à l'est de l'Adriatique. La mission naturelle de la grande ville fondée par Constantin était de dominer sur l'orient, non sur l'occident; elle devait réunir en un seul faisceau les forces de l'hellénisme éparses sur les rives du Bosphore, de l'Hellespont et de la mer Egée ; ainsi transformée, elle devait assurer son salut pendant tout le cours du moyen âge. C'est à cette condition que cet empire a pu durer environ mille ans. Tout ce qui était fait en vue de reconstruire l'ancien ordre de choses échoua en se heurtant contre les nouvelles nécessités historiques : le caractère grec de l'empire d'Orient demeura invariable. Justinien lui-même se vit dans la nécessité de convenir que le latin ne pouvait être imposé au pays. Il dut promulguer la plupart de ses Novelles en grec, en
avouant qu'il le faisait parce que c'était la langue dominante. « Nous n'avons pas écrit la loi dans notre langue maternelle, dit-il au chapitre i" de sa V Novelle, mais dans celle qui est tellement commune en Grèce que tout le monde peut la comprendre aisément. » De même, au chapitre i" de la 13' Novelle, il qualifie la langue grecque de « langue usuelle pour tous. » Au chapitre n" de la 28% il admet non-seulement Tempire de la langue, mais aussi celui de l'histoire hellénique. « Que les villes obéissent, dit-il, à un homme portant le titre de moderator, que Von peut appeler aussi harmoste dans la langue généralement parlée ; attendu que l'ancien nom de moderator convient à la grandeur romaine, et que V harmoste rappelle ces anciens magistrats que Lacédémone envoyait aux peuples ses sujets. » Au chapitre i" de la 66* Novelle, il parle de nouveau du latin comme d'une langue appropriée aux affaires d'État; mais il avoue que le grec n convient mieux aux populations, » Et comment ne l'aurait-il pas avoué? Quand son oncle Justin monta sur le trône et voulut faire couronner sa femme, qui, d'origine barbare comme lui, s'appelait Luppicie ou Luppicina (Lioupkina, amante, d'après les slavistes), les habitants de Constantinople, ne pouvant tolérer ce nom bizarre, la débaptisèrent de leur propre autorité et l'acclamèrent sous le nom d'Euphémie. Quand les dêmes se soulevèrent dans l'hippodrome, lors de la grande émeute de Nicas, Jusiinien fut contraint d'avoir avec eux, en grec, ce fameux dialogue, qui prouve en quelle langue les empereurs
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