‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 48 sur 179 · L'EMPIRE ENVAHI AU NORD, MUTILÉ AU SUD · texte numérisé non relu

L'EMPIRE ENVAHI AU NORD, MUTILÉ AU SUD

Telle était Constantinople trois cents ans après sa fondation, cent ans à peine après la dernière tentative faite pour lui donner un caractère latin. Les traditions conservées dans les contrées helléniques et le nouvel esprit religieux et social venu de l'Orient quittèrent en même temps les deux rivages de la mer Egée et se réfugièrent dans cet asile assuré. Là, s'étant fondus, ils donnèrent naissance à l'hellénisme du moyen âge et préparèrent la transformation de l'hellénisme moderne. De là partaient les légions et les flottes qui repoussaient ou subjuguaient les envahisseurs ; là étaient promulguées les lois civiles et religieuses qui réglaient le sort de l'Empire en Europe et en Asie. Cependant Constantinople, qui sauva la nation au quatrième siècle, ne put la préserver d'altérations nombreuses et de mutilations. Jusqu'au commencement du septième siècle, l'hellénisme se maintint presque intact en Asie et en Afrique ; mais en Europe, dans les provinces du nord, il avait depuis longtemps commencé à recevoir des éléments étrangers. De nombreux barbares étaient venus s'établir entre l'Euxin et l'Adriatique, depuis la Macédoine et l'IUyrie grecque jusqu'à la Save et à l'Ister. Ce vaste pays était anciennement occupé par les Thraces à l'orient, par les lUyriens à l'occident. Ces deux races, sans s'identifier avec les Hellènes, avaient du moins une grande affinité avec eux et avaient subi plus ou moins leur action civilisatrice. A la suite des troubles qu'avait causés la mort d'Alexandre le Grand, des tribus gauloises avaient pénétré par le nord jusqu'à la Grèce proprement dite;

reponssées de ces contrées, elles allèrent s'établir en Macédoine et en Thrace. Plus tard Rome victorieuse y fonda plusieurs colonies. L'influence grecque y était cependant encore toute puissante, comme Je témoigne, entre autres monuments historiques, l'inscription dernièrement découverte à Dériope dans l'intérieur de la Macédoine. Cette inscription, qui remonte à la fin du premier siècle de notre ère, est rédigée selon l'esprît des documents publics de la Grèce; elle parle de proèdres, de politarques, de sénat, d'intendant des deniers publics. Mais, depuis le troisième et surtout vers ]a fin du quatrième siècle, de nouvelles races étrangères vinrent se mêler aux indigènes. A l'est, dans la basse Mœsie et la Thrace orientale, des tribus de Huns ; plus à l'ouest, dans la haute Mœsie, en Macédoine et en Dardanie, des tribus germaniques et slaves, les Gépides, les Sarmates, les Hérules ; plus à l'ouest encore, les Ostrogoths. Telle était la situation de ces contrées jusqu'aux premières années du septième siècle. L'élément grec y était encore dominant, il conservait et il étendait la supériorité qu'il avait acquise depuis mille ans; il la devait à ses nombreuses colonies d'abord, ensuite à la domination macédoniene, enfin au christianisme, qui là, comme dans tout le reste de l'Orient, s'annonça, se répandit, triompha par la langue grecque. D'ailleurs quelques-uns des nouveaux colons n'y firent qu'une halte : les Ostrogoths passèrent en Italie sous la conduite de Théodoric. Quant à ceux qui se fixèrent pour toujours en Orient, plusieurs étaient déjà entrés au service des empereurs ;

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