‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 51 sur 179 · SLAVES · texte numérisé non relu

SLAVES

che d'Antioche, s'exprimait difficilement en grec. Cependant cette lettre traduite par le syncèle Michel prouve que le grec était encore la langue dominante dans le patriarcat, et enfin Thomas de Tyr lui-même la parlait, quoique mal. N'oublions pas d'ailleurs qu'au dixième siècle Tempire d'Orient reprit plusieurs contrées de la Syrie sur les Arabes ; restées unies à TEmpire jusqu'à la moitié du douzième, elles subirent de nouveau l'influence directe de Constantinople.

L'hellénisme résista également pendant quelque temps dans les. provinces septentrionales de l'Europe, mêmp après que les Slaves et les Bulgares y eurent pris le dessus à partir du septième siècle. Les Slaves proprement dits, les Serbles et les Chrôbates, qui occupèrent la Serbie, la . Croatie et la Dalmatie sous Héraclius, étaient loin de former, comme les Arabes, un État compacte, capable de poursuivre la domination systématique de leur langue et de leur religion. Aussi ne se présentèrent-ils même pas en conquérants. Leurs tribus, sans organisation politique, s'établirent sous des conditions qui présupposaient la suzeraineté de l'Empire. Nous ne connaissons pas exactement les traités passés à cette époque ; mais il est incontestable que trois siècles environ se sont écoulés avant que les nouveaux venus aient acquis une complète indépendance. Les chroniqueurs byzantins disent formellement qu'en 823, sous Michel le Bègue, « toute la Dalmatie se souleva ; » ils nomment toutes les tribus qui, s'étant insurgées alors, se rendirent autonomes, Chrôbates, Serbles, Zacloumes, Tervouniotes, Canalites,

i48 COMMENCEMENTS DE L'HELLÉNISME DU MOYEN AGE.

Dioclétiens et Rendanes. Cette séparation ne dura pas longtemps ; cinquante ans après, sous Basile le Macédonien, les Chrôbates, les Serbles et les autres Slaves furent de nouveau réduits, et depuis lors lous avons des renseignements plus exacts sur les rela ions qui existaient entre FEmpire et ces étrangers. On commença par envoyer des prêtres en Dalmatie baptiser les habitants ; car la plupart avaient abjuré le christianisme à Tépoque de leur insurrection. En outre le gouverneur de la Dalmatie, désigné par Tempereur, nommait les joupanes ou chefs de tribu ; il les prenait parmi les indigènes et principalement dans les familles qui avaient depuis longtemps le privilège de gouverner les tribus. Ces tribus slaves devaient payer une contribution et prendre les armes chaque fois qu'elles en étaient requises par Tempereur. Il est donc évident que la domination grecque s'exerça, sauf quelques interruptions, sur ces pays pendant trois siècles à partir du règne d'Héraclius. Les étrangers occupèrent, il est vrai, toute la campagne ; mais Thellénisme, quoique limité dans les villes, s y maintint durant de longues années, grâce à la puissante protection de Constantinople et à l'absence de toute unité d'action parmi les tribus slaves. Leurs historiens de nos jours, tout en poursuivant plus systématiquement que leurs ancêtres la destruction de la race grecque dans ces provinces septentrionales, reconnaissent pourtant que toutes les villes du littoral, Raguse, Aspalathe, Tragyre, Diodora, Opsara, Arbé, Bécla et d'autres, se trouvaient alors entre les mains de leurs anciens habi-

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