BULGARES
tants. Les villes de Fintérieur aussi avaient conservé d'abord leur physionomie grecque et ne devinrent slaves que plus tard.
Les Bulgares, qui peu après, vers 679, s'établirent dans le nord-est de la basse Mœsie, pays auquel ils donnèrent leur nom, eurent des rapports tout autres avec l'empire d'Orient. D'origine finno-ouralienne ou touranienne, plus belliqueux que les Slaves et mieux organisés pour la guerre, ils ne reconnaissaient qu'un seul chef. Aussi n'eurent-ils pas de peine à soumettre les sept tribus slaves depuis longtemps établies dans cette contrée ; ils se les concilièrent au point de les associer à toutes leurs entreprises. Peu à peu ils se confondirent même avec elles et finirent par adopter leur langue. Deux choses contribuèrent à cet établissement suivi d'une fusion complète. Les nouveaux envahisseurs, étant en petit nombre, avaient besoin d'alliés ; quoique supérieurs aux Slaves par leurs vertus guerrières, ils leur étaient inférieurs à tous les autres points de vue. Aussi cédèrent-ils facilement à leur influence morale et sociale. Cette assimilation leur permit d'étendre leur action sur toutes les autres tribus slaves établies précédemment dans l'intérieur de l'Empire ; elle atteignit notamment les tribus qui, des provinces du nord, avaient commencé dès le septième siècle à envoyer des colonies au sud, c^est-à-dire en Macédoine, dans l'IUyrie grecque, dans la Grèce proprement dite. Telles sont les circonstances dont le concours permit aux Bulgares de ne point se borner, comme leurs voisins de l'ouest, à se-
150 COMMEiNCEMENTS DE L'HELLÉNISME DU MOYEN AGE.
couer de temps en temps la domination hellénique au moyen âge ou tout au plus à faire quelques incursions dans les pays limitrophes. Dès le principe, ils se trouvèrent en mesure de prendre une position indépendante dans la basse Mœsie ; puis, à l'aide des Slaves du pays et par l'influence qu'ils exerçaient sur les colonies de même race établies plus au midi, ils firent jusqu'au dixième siècle une guerre acharnée à l'empire de Constantinople. Cependant ils ne parvinrent que bien lentement à se rendre maîtres de tout le pays et à lui donner leur nom. Ils vinrent souvent jusque sous les murs de Constantinople et dans les parties les plus septentrionales de la Macédoine, qu'ils ravagèrent; mais ce fut en 809 seulement qu'il s'emparèrent de Sophia. Il est donc évident que les historiens slaves de nos jours anticipent sur les événements en avançant que toute la partie septentrionale de la presqu'île, de l'Euxin à l'Adriatique, avait été occupée par les Slaves dès le septième siècle. Nous avons vu plus haut quelle était la situation dans les provinces occidentales ; nous venons d'établir, d'après l'aveu des historiens slaves eux-mêmes, que deux siècles après Sophia était encore occupée par des Hellènes. En 814, Léon V leur fît subir une telle défaite aux environs de Mésembria, qu'ils ne purent plus sortir de leur pays jusque vers la fin du neuvième siècle ; c'est alors que recommença cette lutte mémorable oii ils furent complètement domptés par les empereurs.
Il n'en est pas moins certain que l'hellénisme subit une cruelle mutilation au septième siècle. Il disparut