‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 53 sur 179 · CAUSES DE FAIBLESSE : HÉRÉSIES · texte numérisé non relu

CAUSES DE FAIBLESSE : HÉRÉSIES

pour toujours de l'Afrique, fut fort amoindri en Syrie et en Mésopotamie et perdit du terrain en Europe dans les provinces du nord. Durant ce temps il s'appropria définitivement Constantinople ; mais cela ne suffisait pas pour assurer la formation d'un grand empire. Il devait s'assimiler les tribus hétérogènes qui composaient l'État et qui se multipliaient sans cesse par de nouvelles invasions. Il devait en outre faire disparaître les causes multiples de discorde qui minaient sa propre existence. Avant d'accomplir ces tâches difficiles, il se vit assailli de tous côtés par des ennemis puissants et dut reculer sur plusieurs points. Quand le temps eut calmé cette anarchie ethnologique, l'Empire fut en état de reconquérir plusieurs provinces perdues et de devenir une puissance de premier ordre, une puissance qui n'eut pas son égale du dixième au douzième sièelc.

Une des principales causes de sa faiblesse primitive avait été les hérésies. En faisant l'histoire de l'hellénisme oriental, nous avons vu leur origine, nous avons exposé comment elles furent combattues par l'EgUse. Mais leur condamnation par les conciles œcuméniques n'eut pas la vertu d'en arrêter les conséquences désastreuses. Les hérétiques, plus nombreux en Asie et en Afrique, persistaient dans leurs dogmes ; ils provoquaient et maintenaient dans TÉtat le désordre moral et politique. Les empereurs entreprirent souvent de poursuivre et de punir les auteurs de ces scandales; alors les hèretiques se révoltaient, entretenaient des intelligences au dehors, agissaient même de concert avec les ennemis.

En présence de ce danger, l'Empire prit une autre voie. Constantin le Grand avait cru prudent de faire quelques concessions à Arius. Son (ils Constantin et les successeurs de Julien, Jovien, Valentinien et Valens, suivirent le même système. Il est vrai que Théod(.se le Grand entreprit d'abattre l'arianisme et de faire sanctionner sa politique par le second concile œcuménique de Constantinople. Mais la pression ainsi exercée aggrava le mal au lieu de l'apaiser; alors parurent successivement les deux autres grandes sectes des nestoriens et des monophysites. Elles furent condamnées par le troisième et le quatrième concile œcuménique et poursuivies par le pouvoir temporel ; ni cette condamnation ni ces châtiments ne purent ramener la paix et la sécurité. Comme leurs aînés, les nouveaux hérétiques continuèrent à s'insurger ou à se concerter avec les ennemis du dehors. Depuis la fin du cinquième jusqu'au milieu du septième siècle, les empereurs tâchèrent de nouveau, avec le concours des patriarches, de se concilier, sinon tous les hétérodoxes, au moins les monophysites, et de les réconcilier avec l'orthodoxie ; ils leur faisaient des concessions portant plutôt sur les mots que sur la substance des doctrines. Pour cela, Zenon promulgua VHénôticon ou acte d'union, en 482. Justinien poursuivit le même but par ce qu'on appelle dans l'histoire ecclésiastique la Condamnatim des trou points en 544 ; en 639, Héraclius donna VEcthèse ou exposé • en 648, Constant II espéra faire cesser les dissensions par le Typos, que rédigea le patriarche œcuménique Paul.

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