GAKAGTÈRE RELIGIEUX DE L'ÉTAT
sée de tes ennemis ; abaisse sur nous tes regards ; aie pitié et donne-nous la victoire contre tes ennemis afin que ces méchants ne puissent jamais s'enorgueillir ni s'élever contre ton héritage. » Puis, se tournant vers le patriarche, il ajouta : « Je laisse cette ville et mon fils entre les mains de Dieu, de la Vierge Marie et les tiennes. » Ensuite il prit l'image du Sauveur, qui, disait-on, n'avait pas été faite de main d'homme; il se dirigea vers le rivage et s'embarqua sur la flotte ; le peuple l'acclamait et le bénissait, et l'on entendait le vœu que l'empereur teignît en rouge ses bottes noires dans le sang des Perses. Peu après, il débarqua au golfe d'Issus, se préparant à vaincre ses ennemis en Cilicie et à les forcer par une seule bataille d abandonner l'Asie Mineure depuis longtemps livrée à leurs dévastations. A la veille de cette première lutte décisive, tenant un Christ à la main, il rappelait aux soldats les malheurs publics et privés des chrétiens ; il les exhortait à venger les objets sacrés profanés par les adorateurs du feu ; il les appelait ses frères, ses enfants, remplissait leur âme de courage en leur montrant l'image de leur Dieu, et il leur disait que Jésus est le roi et le maître de tous et le général des armées, qu'avec lui il est plus sûr de les diriger, que par lui il est plus pieux de vaincre, qu'avec son aide il supporterait; plein de confiance, les fatigues de la guerre comme un d'entre eux. L'année suivante il débarqua à Trébizonde et invita tous les chrétiens qui habitaient depuis l'embouchure du Phase jusqu'à la mer
Caspienne à combattre avec lui les Sassanides, afin de
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châtier les implacables ennemis du Sauveur. Tous obéirent. Au moment où il allait entrer dans Gaza, non loin de la Tabris d'aujourd'hui, il rangea son armée en bataille et s'écria : « Compagnons et frères, soyons courageux contre des ennemis qui ont fait tant de mal aux chrétiens. » Joignant l'action à la parole il ne cessa de venger les insultes et les ruines que les Perses avaient faites aux pays chrétiens, à la religion de l'empire. Par ses ordres, le feu des mages fut éteint partout, leurs autels furent renversés, les statues de Chosroës livrées aux flammes ; la ville natale de Zoroastre fut détruite en expiation des sacrilèges commis par les Perses sur le Saint-Sépulcre.
Cette guerre fut donc, comme celles qui commencèrent bientôt après contre les mahométans, une guerre de religion. Deux événements accomplis à cette époque et dont le souvenir retentit encore aujourd'hui dans tous les pays, dans toutes les colonies helléniques, témoignent jusqu'à quel point l'existence même de la nation était regardée comme inséparable de sa religion. En 626, quand les Avares, alliés des Perses, marchèrent sur Constantinople pendant que l'empereur combattait en Asie, ils furent forcés de reculer en désordre après un siège de quarante jours; tous, empereur, patriarche et peuple, furent unanimes à attribuer ce triomphe à la protection de la mère du Sauveur, patronne de la ville. Pour lui exprimer leur reconnaissance éternelle, ils décrétèrent l'office connu sous le nom à' Hymne acathistos, qui est encore célébré par nous tous les ans, et auquel on