‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 7 sur 179 · ACCROISSEMENT DU NOMBUE DES ESCLAVES · texte numérisé non relu

ACCROISSEMENT DU NOMBUE DES ESCLAVES

d'Epidaure fussent de race dorienne, non plus que d'autres colonies fondées vers ce temps et qualifiées du même nom, car il n'est pas probable que des conquérants peu nombreux aient voulu s'étendre si vite ; ils n'avaient pas intérêt à s'affaiblir, en face des indigènes toujours prêts a se soulever. Cette considération et les rares informations qui nous sont parvenues sur ces prétendues colonies doriennes nous portent à conclure qu'elles étaient principalement composées d'indigènes, sujets des Dorions, mais protestant contre leur sort, et que la race victorieuse finit par envoyer au loin sous la conduite de chefs pris dans son sein. De là le nom de colonies doriennes qui a été accepté par l'histoire. Quoi qu'il en soit, la plus grande partie des émigrants appartenait aux habitants primitifs du Péloponnèse, de la Grèce centrale et de la Thessalie. La création de plusieurs centaines de cités, dont quelques-unes très-grandes, en Orient et en Occident, prouve que les fondateurs en étaient nombreux. Ne diton pas que Milet devint la métropole de quatre-vingts à cent villes, et que cinquante environ ont dû leur origine à Chalcis d'Eubée? Certes, tous les habitants de ces villes n'étaient pas des Hellènes ; mais comme elles se comptaient par centaines, il en résulte que leurs premiers fondateurs durent être au nombre de plusieurs milliers. Cette forte émigration épuisa plusieurs villes : c'est ce qui arriva pour Mégares, dans la Grèce proprement dite.

Pour continuer cette comparaison entre les temps anciens et les temps modernes, nous devons ajouter qu'en Occident les départs de colons ont eu lieu et se font encore

1« PREMIEU AGE DE I/HELLÉiNISME. . '

d'une manière périodique ; il n'en résulte pas soudainement de trop grands vides, tandis que les émigrations anciennes ont été faites en masse et ont causé en peu de temps une forte dépopulation dans le pays.

Comment se fait-il donc que, vers le commencement des guerres médiques, un siècle environ après la fin de ce courant d'émigration, on évaluait, avec quelque probabilité d'exactitude, à quatre ou cinq millions le nombre des habitants de la Grèce? Ce chiffre ne fut et ne pouvait être le simple résultat des naissances. Les bouleversements séculaires que nous avons signalés plus haut n'étaient guère de nature à favoriser cet accroissement naturel ; d'ailleurs les conquérants, qui étaient peu nombreux, avaient eu de tout temps intérêt à empêcher le développement de la population indigène, dans la crainte d'être un jour dépossédés par elle. Mais, comme, d'un autre côté^ ii leur fallait des bras pour la culture des terres qu'ils avaient usurpées et pour les autres travaux manuels, ils durent remplacer les absents d'une manière artificielle. Dans les temps héroïques les esclaves n'étaient pas nombreux en Grèce. La servitude n'avait pas encore le caractère impitoyable qu'elle eut après l'émigration. Le maître exerça d'abord une autorité plutôt amicale que despotique. Souvent l'homme émancipé obtint tous les droits attachés à la dignité du citoyen libre; souvent aussi les péripéties de la guerre intervertissaient les rôles : l'homme libre devenait esclave, et l'esclave recouvrait sa liberté. Au contraire. les esclaves se multiplièrent pendant les siècles historiques : l'esclavage

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