‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 71 sur 179 · LA RÉFORME RÉCLAMÉE PAR L'ÉLITE DE LA SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

LA RÉFORME RÉCLAMÉE PAR L'ÉLITE DE LA SOCIÉTÉ

ligion ; ce reproche est démenti par les faits. Les conséquences funestes de l'adoration exclusive des images et l'élan irrésistible des hommes vers la vie monacale avaient attiré l'attention générale bien longtemps avant Léon, et avaient provoqué bien des tentatives pour remédier à ce mal. Sous Zenon, vers la fin du cinquième siècle, Philoxène, évêque d'Hiérapolis en Syrie, avait entrepris de supprimer les images dans toute l'étendue de son diocèse. Au siècle suivant, Maurice essaya d'interdire l'admission à la prêtrise et au monacat des soldats et des fonctionnaires publics. Peu avant Léon, l'empereur Philippique songea à abolir l'iconolâtrie ; on prétend même qu'il promulgua, en 713, une loi à cet effet. Des tribus entières protestaient contre le développement excessif des pratiques religieuses. Les Arméniens n'admettaient pas l'adoration des images. Aussi embrassèrent-ils avec empressement cette partie de la Réforme. Au septième et au huitième siècle^ on vit paraître en orient des novateurs hardis, les Pauliciens entre autres, qui en vinrent à n'accepter aucune forme extérieure du culte, se contentant de l'explication de l'Évangile et des autres textes du Nouveau Testament. Les chroniques que nous possédons conviennent d'ailleurs que l'archevêque d'Ephèse, Théodose, Thomas, évêque de Claudiopolis en Galatie, et Constantin, évêque de Nacolie en Phrygie, furent les principaux promoteurs du mouvement qui s'est produit sous Léon. Il est donc évident que ce mouvement n'était pas dû à l'initiative de l'empereur; les questions qu'il se proposait de résoudre

préoccupaient depuis longtemps les esprits, et, chose plus remarquable encore, la Réforme était demandée surtout par les autorités supérieures de TEglise. Une preuve aussi qu'elle n'a pas été le fait de la décision arbitraire de quelques princes ou d'un système de famille, c'est que ces princes n'appartenaient pas tous à la même dynastie. Nicéphore n'avait aucune parenté avec Léon III et son fils Constantin V, ni Léon V avec Nicéphore, ni Michel II et son fils Théophile, les derniers des empereurs surnommés iconoclastes, avec Léon V. Celui-ci hésita longtemps à reprendre l'œuvre de Léon III, qu'Irène et Michel I" avaient interrompue ; il ne céda qu'à la pression d'un grand parti. Comment croire d'ailleurs que des lois qui abordaient des questions sociales aussi graves et particulièrement la plus grave de toutes, l'organisation de la famille, aient pu être improvisées par quelques souverains, ou par un petit nombre de leurs partisans ? Elles furent évidemment le fruit de longues réflexions, provoquées par des besoins généraux, suggérées par les exigences de l'esprit public. L'armée embrassa avec ardeur la cause de la Réforme ; elle n'a jamais cessé de la soutenir sous les souverains qui étaient hostiles à ses dogmes comme sous ceux qui les professaient. Enfin ces innovations rencontrèrent dans le haut clergé beaucoup moins de répugnance que les premiers essais faits pour les abolir. Le concile de 754 décréta la suppression des images ; il était composé de 348 prélats qui , de l'aveu tacite de leurs adversaires, ont réglé librement la question ; le premier concile convoqué plus tard sous Irène

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