‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 75 sur 179 · QUERELLE AVEC LES PAPES · texte numérisé non relu

QUERELLE AVEC LES PAPES

nière outrageante à cette proposition ; Léon perdait patience ; il manda à Grégoire qu'il le chasserait de Rome. Grégoire répliqua en se moquant de la menace et ajouta qu'il aimait mieux avoir recours aux barbares nouvellement convertis que de subir la foi qui lui était imposée par Constantinople. Loin de s'apaiser, la querelle devenait chaque jour plus vive.

Le pape convoqua un concile local, qui condamna l'empereur comme hérétique ; le patriarche de Jérusalem imita cet exemple. Léon ordonna alors la saisie de tous les biens que l'Eglise romaine possédait dans la basse Italie et en Sicile. Cette mesure ne fit pas reculer le successeur de Grégoire IL En 732, Grégoire 111 réunit un concile local qui déclara traître à la foi et ennemi de l'Eglise quiconque n'adorerait pas les images. Il essaya en même temps de provoquer une protestation de la part de toiis les Etats italiens, mais il échoua dans sa tentative ; la basse Italie et la Sicile ne cessèrent pas de reconnaître l'autorité des décrets de Constantinople sur ce point; seule la moyenne Italie, Rome surtout, Ravenne et la Pentapole se rallièrent au souverain pontife. Pour châtier ces villes, l'empereur envoya contre elles, en 733^ une armée considérable ; mais la flotte qui la portait fut en partie détruite par une tempête dans la mer Adriatique. Cet échec et ses luttes contre les mahométans empêchèrent une seconde expédition en Italie; Léon n'en fit pas moins, par deux célèbres décrets, une cruelle blessure à l'évêque de Rome. D'abord il confisqua d'une manière définitive tous les biens que l'É-

glise de Rome possédait dans Tempire; puis, chose plus grave, il enleva la Crète, la Grèce, la Macédoine, l'Épire, tout le pays désigné aujourd'hui sous le nom d'Albanie, les évêchés de la basse Italie et de la Sicile à la juridiction ecclésiastique du pape pour les soumettre à celle du patriarche de Constantinople. La Sicile et la basse Italie ne dépendirent de TÉglise d'orient que pendant les trois siècles que ces pays restèrent sous la domination de nos empereurs; mais les contrées situées à l'est de l'Adriatique ne rentrèrent jamais depuis lors sous la juridiction de l'évéquc de Hoiimî. Nous n'avons pas besoin de relever ici l'influi^ncc que ce décret de Léon exerça sur les destinées de la nationalité grecque. II est évident que Thellénisme aurait couru le plus (^rand danger si les foyers principaux de son existence historique avaient continué jusqu'à nos jours à être gouvernés par un clergé élevé par Rome et placé sous sa dépendance. Telle fut la querelle dos images au ti-nips de l^on. Nous avons vu l'opposition des i\eijUi-> de Home aux décrets de l'empereur. En orient, on n'npiM'çnil ni insistance prononcée ni besoin de persécution vioh'ntc. II est vrai que, parmi les auteur> du Innps arrivés jusqu'à nous, Théophane affirme que «i plusieurs prtMre<, moines et pieux laïques s'exposèrent pour le triomphe de la foi et ceignirent la couronne du tuartyrc •• , cl Nicéphorc soutient que « plusieurs subirent des tortures et des violences de toutes sortes » ; mai< ni Tun ni l'autre ne citent les noms de* vîclimcç. Jean Dama.seêne, ronlemporain de Léon III, afGrme, dans la seconde ai»ologie

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