IL N'Y A PAS EU DE PERSÉCUTION EN ORIENT
qui lui est attribuée en faveur des images, que « le bienheureux Germain fut souffleté et exilé, ainsi qu'un grand nombre d'évêques et de moines dont nous ne savons pas les noms. » Malheureusement Damascène est ici en contradiction flagrante avec les auteurs précédents. En efl*et, Nicéphore et Théophane disent formellement que le patriarche, n'ayant pas voulu consentir à interdire l'adoration des images, abdiqua et se retira dans sa maison paternelle, sans ajouter qu'il ait subi le moindre outrage. Or ni Tun ni lautre n'étaient intéresses ou disposons à cacher la vérité. Seuls les auteurs d69 vies des $;3iint$ donnent les noms de plusieurs personnes qui auraient rendu témoignage de leur foi par la mort ou par d*autres souiïrances. Mais ce qu'ils disent de Damascène lui-même, on doit le remarquer, prouve avec quelle défiance il faut accueillir leur récit. Ils racontent, entre autres choses^ que Léon envoya au kalife une lettre fausse de Damasccnc par laquelle le célèbre apologiste des images, qui vivait à Damas, pronietbilà Ternivercurde lui livrer cette ville; que le kalife fit couj>er la main de celui qu'il prenait pour un traître, et que, par un miracle de la Vierge, Jean Damascène recouvra aussitôt sa main. Cependant nonseulement les chroniqueurs gardent le silence sur le faux attribué à Ia*oo, mais Damascène lui-même ne parle ni de ce fait ni de ce miracle, qui aurait été un argument puissant en faveur de sa thèse. Comment, après cela, ajouter foi aux auteurs des vies des saints, quand il est prouvé qu'ils n'hésitent pas à altérer la
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vérité en parlant d'un des hommes les plus marquants de cette époque. Plus on étudie les événements du règne de Léon, plus on est porté à ne pas trop croire à ces nombreuses victimes de sa prétendue violence. L'innovation faite alors n'était pas assez grande pour provoquer un dévouement analogue à celui des martyrs de la persécution païenne ; le caractère de Léon ne nous autorise pas non plus à penser qu'il ait pu jamais infliger des supplices cruels. Quand il réprima la révolte de la Grèce et que les insurgés se rendirent au vainqueur, il pardonna à tout le monde et ne condamna que les deux chefs à la peine légale de la mort. L'enlèvement des images ne fut pas non plus assez général pour provoquer une grande résistance. Vingt-six ans après la promulgation du premier décret, lorsque, à la clôture du concile œcuménique qui l'avait sanctionné, on lut solennellement, sous Constantin, fils de Léon, les dispositions prises à cet effet, cette déclaration officielle fut faite dans l'église de la Vierge Marie aux Vlachernes ; Sainte-Sophie avait conservé ses peintures, et l'édit devait être lu dans un sanctuaire dépouillé de toute image. Comment donc admettre que Léon fit appliquer ses décrets par la violence partout ailleurs que dans le premier temple de l'empire ?
Quelques personnes furent punies sous Léon ; mais elles n'eurent que ce qu'elles s'étaient attiré en provoquant elles-mêmes leur châtiment. C'est ainsi qu'en 730, un des officiers de la garde impériale, entraîné par le sentiment qui animait toute l'armée, voulut ren-