‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 81 sur 179 · CONSTANTIN V. SON SURNOM DE COPRONYME · texte numérisé non relu

CONSTANTIN V. SON SURNOM DE COPRONYME

parlé jusqu'ici de Léon comme d'un législateur éminent^ Qui connaissait, il y a quelques années, les noms des auteurs de YEcloga, du ministre de la justice Nikitas, des consuls Marin et Nonnus?Leur oeuvre n'eut qu'une durée éphémère ; mais aujourd'hui que leurs principes ont ete admis par les législations civiles des peuples les plus avancés, l'heure est enfin venue de rendre hommage au génie de ces hommes qui ont lutté, il y a mille ans, pour consacrer des doctrines qui n'ont enfin triomphé que de nos jours.

Constantin V, fils et successeur de Léon III, resta fidèle aux maximes de son père. Il s'attacha surtout à 1 application de la réforme religieuse ; il fut pour cela plus violemment insulté et plus calomnié que son prédécesseur. On commença à l'outrager à l'occasion de son bap e„,e ; Théophane affirma le premier qu'ayant souillé les fonts baptismaux, Constantin en reçut le surnom de Copronyme. Cependant ce même Théophane prétend ailleurs qu'on lui donna ce sobriquet et celui de Cavallin parce qu il aimait l'odeur du fumier de cheval. Un autre chroniqueur. Michel Glycas, découvrit, après de longues recherches, dit-il, « qu'il existe un pays nommé Cavalla, et que tous les gens originaires de cepavssont nommes Cavalhns. De là le surnom de Constantin • et comme le fumier de cheval est vulgairement app'elé cavalhna c est avec raison que ce méchant empereur fut marque du stigmate de Copronyme. >. Il est superflu de faire remarquer que le fils de Léon n'avait rien de commun avec le pays de Cavalla ; aussi n'avons-nous rap-

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porté ces absurdes détails que pour montrer jusqu'à quel point la rage de l'insulte s'était emparée des chroniqueurs hostiles à la Réformation. Jamais de son vivant Constantin V n'a été appelé Copronyme. Le silence de Nicéphore, qui dans tout le cours de son histoire ne fait nulle mention de ce sobriquet injurieux, prouve que c'est l/i une invention d'écrivains postérieurs acharnés contre sa mémoire. Et cependant cette épithcte est restée jusqu'ici inséparable du nom d'un des plus illustres souverains du moyen âge. Quant à ses ennemis sérieux, ses contemporains, ils ne perdaient pas leur temps à ces mesquines discussions; ils entreprirent de s'emparer du pouvoir en proclamant empereur son beau-frère, le général Artavasde, dans l'espoir d'arriver par lui à l'abolition du nouveau régime. Constantin vainquit son adversaire, puis tourna ses armes contrôles Arabes, qu'il battit sur terre en Syrie et en Arménie, et sur mer près de Chypre. Une peste effroyable avait fait, dans cet intervalle, de nombreuses victimes sur plusieurs points du territoire et principalement à Constantinople et dans ses environs; l'empereur combla les vides qu'elle fit dans la population des colons qu'il transporta de Syrie et surtout d'Arménie en Thrace.

C'est alors seulement, dix ans après être monté sur le trône, qu'il eut le loisir de s'occuper de la réorganisation intérieure de l'empire et qu'il essaya de la compléter et de la consolider. Léon avait fait de grandes choses ; mais il avait laissé inachevée l'œuvre de la réforme religieuse ; il en avait plutôt posé les principes que poursuivi Tappli-

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