GRAND CONCILE DES ICONOMAQUES
rial d'Hiéria sur la rive asiatique du Bosphore. Ni le pape ni les patriarches d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem n'y étaient représentés ; d'ailleurs les actes de cette assemblée furent condamnés par le septième concile œcuménique réuni trente-trois ans après à Nicée. Néanmoins les délibérations d'Hiéria sont remarquables par la foule des prélats, au nombre de trois cent quarantehuit, qui y assistèrent, par la gravité des questions qui y furent débattues et par l'idée qu'elles nous permettent de nous faire du caractère de celte époque. Le considérant du décret rendu par ces Pères de l'Église fut ainsi conçu : « L'esprit du mal n'a jamais manqué de moyens artificieux pour séduire le genre humain ; aussi a-t-il fait revivre insensiblement l'idolâtrie sous la forme du christianisme, en persuadant par ses sophismes ceux qui se sont laissé surprendre par lui d'adorer la créature et de la prendre pour Dieu. Mais de même que Jésus, l'auteur de notre salut, a envoyé jadis ses disciples et apôtres, devenus les sages des sages par l'inspiration du Saint- Esprit, pour détruire toutes les erreurs, de même il a suscité nos souverains, les émules des apôtres et ses fidèles serviteurs, pour notre édification et pour le renversement des forteresses du démon, o
Ce préambule était suivi du dispositif du décret, formulé en ces termes : « Nous décrétons à l'unanimité que toute image sculptée ou peinte soit exclue des églises des chrétiens comme un objet d'horreur ; que jamais personne n'ose désormais en exercer la fabrication impie et criminelle ; que celui qui oserait dorénavant fabriquer
^'* LA RÉFOIiMATION.
une image ou l'adorer, la placer dans une église ou dans une maison particulière ou la cacher, soit interdit s'il est évoque, curé ou diacre, analhcme s'il est moine ou laïque, et responsable devant les lois impériales comme hostile aux commandements de Dieu et ennemi du dogme tel que nous devons le pratiquer. »
Les images furent donc interdites d'une manière absolue. Mais le concile s'inclina devant la Vierge Marie et la proclama mère de Dieu; il reconnut aussi la sainteté des défenseurs de la foi, en ordonnant aux chrétiens, sous peine d'anathème, « de demander leur intercession et leurs prières auprès de lÉtrc suprême parce qu'ils ont qualité pour intercéder en faveur du monde, selon la tradition ecclésiastique. .. Ces textes prouvent d'une manière irréfragable que Théophane altère la vérité, quand il blàme les empereurs d'avoir défendu aux fidèles d'invoquer l'intercession de la mère de Dieu et des saints.
Le décret sur les images fut d'ailleurs interprété d'une manière étroite. Un des évêques du concile ayant été accusé « d'avoir foulé aux pieds un saint ciboire parce qu'on y avait gravé les augustes images de Jésus-Christ, de sa mère et de saint Jean-Baptiste,., le concile ordonna formellement de ne plus enlever désormais des églises, le.» vases sacrés et les habits sacerdotaux ornés de ces figures. Les procès-verbaux qui nous sont parvenus ne font pas mention de reliques. Il est cependant certain que l'usage en a été aboli, puisqu'il est dit dans les actes du second concile de Nicée que « des temples augustes