‹ Histoire de la civilisation hellénique [microform]Chapitre 85 sur 179 · SUPPRESSION DE PLUSIEURS COUVENTS · texte numérisé non relu

SUPPRESSION DE PLUSIEURS COUVENTS

déclaré déchu de sa dignité, exposé dans l'Hippodrome et enfin mis à mort.

C'est ainsi que Constantin fut entraîné par la force des choses autant que par la fermeté de son caractère à une lutte ouverte contre ses adversaires. Le décret synodal contre les images provoqua l'opposition des moines, amena l'outrage au pouvoir, la résistance, la conspiration. Tout cela rendit inévitable l'application des peines édictées par les lois de l'État. Et peu à peu la logique inévitable des événements transforma cette lutte en une persécution religieuse. Il était évident que la résistance venait des moines. Aussi, en même temps qu'il ordonnait la suppression complète des images, l'empereur crût nécessaire de porter un coup sensible à l'ordre monacal. 11 fit fermer plusieurs couvents à Constantinople, entre autres ceux des Dalmates, de Studie, de Callistratc, de Maximin, dont les bâtiments furent transformés en casernes ou utilisés pour d'autres besoins du service public. Les gouverneurs des provinces reçurent l'ordre d'agir dans le même sens.

Il n'y avait encore rien en tout cela qui pût blesser la conscience chrétienne, puisque, même de nos jours, des Etats catholiques et orthodoxes ne se sont pas fait le moindre scrupule de réduire le nombre des couvents. Ou demandera cependant ce que devinrent les religieux des couvents supprimés ; Nicéphore affirme que plusieurs rentrèrent avec empressement dans la vie civile, se marièrent, s'enrôlèrent dans l'armée ou embrassèrent d'autres professions. Quant à ceux qui restèrent fidèles

à leurs vœux, ils eurent, selon les chroniqueurs, à subir toutes sortes de persécutions. Non-seulement d'après Théophane, mais d'après Nicéphore lui-même, l'empereur les fît mener à l'Hippodrome et les força de le traverser en tenant chacun une femme par la main, au milieu des insultes de l'armée. Ces auteurs ne disent pas si quelques-uns résistèrent à cette violence, ni ce qu'on fit d'eux. A en croire Cédrénus et Théophane (la chronique de Nicéphore s'arrête malheureusement ici), dans quelques provinces plusieurs désertèrent, ce qui veut dire qu'ils profitèrent de la circonstance pour rentrer dans la vie commune ; d'autres eurent à subir différentes tortures. Il ne faut pas cependant perdre de vue que Cédrénus, de beaucoup postérieur à cette époque, copia ordinairement Théophane, qui de son côté a été souvent convaincu d'avoir altéré les faits et calomnié les hommes. Nous ne pouvons donc pas admettre tout ce que ces deux auteurs racontent du nombre infini des moines qui auraient alors enduré la mort ou d'autres souffrances. Le principal motif pour lequel les religieux luttaient avec tant de zèle pour le maintien des couvents, ne se conciliait guère avec les épreuves auxquelles on prétend qu'ils s'exposaient. Ce qui séduisait surtout alors les hommes et leur faisait abandonner les devoirs, les soucis, les luttes de la vie pratique et sociale, c'étaient les jouissances d'une vie oisive et aisée, déréglée même, qu'ils étaient sûrs de trouver dans ces asiles d'une piété mal entendue. De telles habitudes ne préparent pas au martyre. Il y avait sans doute des exceptions ; on trouvait

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