SEPTIÈME CONCILE ŒCUMÉNIQUE
qu'on inviterait aussi cent trente-deux supérieurs et religieux qui avaient passé leur vie à défendre le culte des images. Enfin on crut qu'il était dangereux de réunir encore une fois le concile à Constantinople, oii les classes supérieures étaient restées fidèles aux principes de la Réforme. Une ville des provinces européennes aurait offert la plupart des garanties requises; mais tous les conciles œcuméniques avaient été tenus soit à Constantinople, soit en Asie Mineure, à Nicée, à Chalcédoine, à Éphèse. Tarase voulait conserver autant que possible les traditions et les usages de l'Eglise ; forcé d'éviter la capitale, il préféra Nicée parce que cette ville était peu peuplée, et que la nouvelle armée pouvait facilement y imposer la volonté de l'impératrice aux prélats indécis. Après quelques séances préliminaires, on commença par lire les passages de l'Ecriture et des Pères de l'Eglise où l'on croyait trouver des arguments en faveur des images. On annula ensuite les décrets du dernier concile ; tous les patriarches qui, depuis Léon III, avaient professé la doctrine de la suppression des images, furent nominalement excommuniés avec leurs partisans. La mémoire du patriarche Germain fut réhabilitée, et le décret suivant fut voté : « Nous décrétons la restauration des saintes images, qui doivent être vénérées comme l'a été de tout temps le signe de la croix. Elles seront rétablies dans les églises, sur les vases du culte, sur les vêtements sacerdotaux, sur les murailles, sur les tableaux séparés, dans les maisons et dans les rues ; car plus on voit ces saintes figures, plus l'esprit s'élève jusqu'à la mémoire et
mm
au respect qui sont dus aux personnages qu'elles représentent. Nous décrétons qu'on s'en approchera pour les baiser, pour se prosterner devant elles, sans entendre toutefois par la qu'on leur rendra le yéritable culte, qui n'est du qu'à la nature divine. On ne fera pour elles que ce que l'on fait pour le signe de la croix, pour les saints évangiles et autres objets sacrés. On leur rendra aussi l'honneur de l'encens et des cierges selon l'usage pratiqué pieusement depuis un temps immémorial; car toute démonstration extérieure de respect accordée à l'image passe à celui dont elle reproduit les traits, et le fidèle qui salue cette image vénère le personnage qu'elle rappelle. »
Ce décret, qui fut bientôt abrogé de nouveau, l'emporta enfin; il est encore en vigueur chez nous aussi bien que dans l'Eglise catholique. L'esprit élevé de Tarase y parut dans toute sa rectitude ; les images furent rétablies, afin que ceux qui les voient aient toujours présent le souvenir des fondateurs de la foi chrétienne. Mais on en défendit expressément l'adoration, qui n'était due qu'à la divinité. Les protestants eux-mêmes ne sauraient condamner au fond ces ornements de nos églises ; ils doivent songer au caractère particulier des populations méridionales, qui semblent avoir besoin de s'adresser à des intermédiaires pour arriver graduellement jusqu'à Dieu. Il est vrai que le décret contient quelques dispositions secondaires qui pouvaient être prises à contre-sens et qui auraient pu être omises sans nuire à la restauration qu'on avait en vue. Tels sont les