CHAPITRE V
L'esprit de la Réforme survit à son échec. Idées libérales. Photius. — Apprentissage d'un patriote. — Histoire. —Poésie. Chants populaires.— Stabilité de la succession monarchique. —Répression des Slaves. — Destruction du royaume bulgare. — Hellénisation pacifique. Esprit récalcitrant des Bulgares. — Les Slavo-Bulgares au nord. Les Slaves au midi. — Thrace et Macédoine. Asie Mineure. Grèce. Athènes. Écoles d'Athènes. — Frontières de l'Empire. Population. Constantinople. Thessalonique. Renseignements d'Edrisi. Budget des recettes. Justification de ce chiffre. Théophanô et Anne. — Prépondérance de l'Empire. — Signification du terme : helléniser. — Conclusion.
La force d'une réforme réside bien moins dans ses dispositions législatives que dans l'esprit qui l'anime. La pensée de Léon III et de ses partisans survécut à Féchec apparent que son œuvre avait éprouvé. Les classes supérieures, ecclésiastiques et politiques, qui avaient fait la révolution du huitième siècle, finirent par accorder des concessions aux classes inférieures; elles abaissèrent le drapeau que les iconomaques avaient arboré ; mais, comme elles tenaient toujours le gouvernail, elles ne cessèrent de suivre plus ou moins la voie dans laquelle le pays avait été engagé. Quelques parties même de la législation précédente furent entièrement sauvées : le LUI*' livre des Basilica admit le Code maritime des iconomaques, et le livre LXMeur Code pénal.
D'autres innovations, il est vrai, périrent entièrement.
GUANDEUU D1-: L'IIELLÉMSME AU MOYEN AGE.
Les rapports établis entre les époux, entre les parents et les enfants furent remplacés, avec quelques modifications, par le Code de Justinien. Quels que fussent cependant les inconvénients de ces dispositions remises en vigueur, ils n'étaient pas de ceux qui empêchent la renaissance politique d'un État. A ce point de vue, ce qui importait le plrs, c'était l'idée juste du respect accordé aux images, la diminution du nombre des couvents, la suppression du servage et l'instruction laïque. Les images furent rétablies dans les églises ; mais nous avons vu comment le patriarche Tarase avait formulé le décret concernant leur restauration. Le septième concile œcuménique défendit d'une manière formelle l'adoration de ces objets du culte ; il déclara qu'ils ne servaient qu'à rappeler le souvenir des réalités qu'ils représentaient; il autorisa quelques marques de vénération, mais il les borna à quatre : le baiser, la salutation, l'offrande de l'encens et du cierge. En faisant cette concession aux pratiques du passé, ildéciara clairement que c'était là un usage et non un devoir imposé par l'Église. Non-seulement ce décret n'avait rien que de rationnel, mais il donnait la solution la plus plausible du débat. L'avenir dépendait de l'instruction publique et de l'éducation des familles. Néanmoins, après le décret du septième concile, tout enseignement, toute doctrine contraire ne pouvait qu'être regardée comme hostile à l'une des lois fondamentales de l'Église.
Les couvents supprimés furent aussi relevés ; on en bâtit même de nouveaux dans cet emportement qui est