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L'ESPRIT DE LA RÉFORME SURVIT A SON ÉCHEC

d'accorder aux petits agriculteurs. Leur prospérité a été l'un des premiers soucis de l'hellénisme réformé du

moyen âge.

Un fait non moins considérable, c'est que l'instruction publique ne fut plus enlevée aux laïques pour être remise entre les mains des moines. Bardas, frère de Théodora, qui contribua plus que tout autre à la suppression de la Réforme, fut pourtant l'un des partisans les plus zélés du libre développement de l'intelligence. Profitant du mouvement intellectuel que l'ancien ordre de choses avait laissé après lui, il réorganisa l'école supérieure du palais de Magnaure : il y mit une libéralité royale et un esprit qui aurait fait honneur aux plus illustres représentants de la Réforme. Il plaça à la tête de cette école le célèbre Léon, archevêque de Thessalonique sous la Réformation. Léon s'était démis de cette dignité après le rétablissement des images. Bardas ne le persécuta point pour ses précédents; au contraire, malgré les liens de parenté qui l'unissaient au patriarche Jean Grammaticus, il lui confia la direction de cette école supérieure, où il enseignait la philosophie et les mathématiques. Théodore, élève de Léon, fut nommé professeur de géométrie ; Théodège enseignaitrastronomie,etCométas,lalittératuregrecque.

Les professeurs étaient largement rétribués par le gouvernement. Les étudiants étaient admis gratuitement aux cours. Les plus studieux et les mieux doués recevaient toutes sortes d'encouragements de Bardas, qui prenait plaisir à surveiller lui-même leurs progrès. Plus tard, v^rs le milieu du siècle suivant, nous trouvons cette

académie florissante encore sous le règne de Constantin Porphyrogénète. La philosophie y était professée par le protospathaire Constantin ; Alexandre, métropolitain de Nicée, enseignait la rhétorique ; Nicéphore, beau-frère de Théophile TÉrotique, préfet de la ville, occupait la chaire do géométrie, et Grégoire, le secrétaire, celle d'astronomie. L'empereur donnait tous ses soins à cet établissement, d'où sortaient les hommes appelés aux plus hautes fonctions civiles, judiciaires et ccclésiastiques de l'Etat.

Mais c'est surtout dans les sentiments et dans la pensée de cette époque qu'il faut chercher l'influence de l'esprit libéral qui contiaua à dominer après l'abolition officielle de la réforme. Pholius en est le premier et le plus brillant exemple. A la vérité, au concile de 861, il avait sanctionné les décisions prises contre les iconoclastes ; mais il fit paraître dans ses paroles et souvent dans ses actes les idées généreuses qu'il avait puisées aux écoles laïques. Nous venons de dire ses efl^orts pour limiter les abus de la vie monacale. Se^ sermons, ses lettres, ses discours, témoignent encore plus de l'indépendance de ses opinions. Un tremblement de terre secoua Constantinople dans les premiers jours d'août 861 et se renouvela durant quarante jours ; le peuple attribua ce sinistre à la déposition du patriarche Ignace, défenseur ardent de l'ordre monacal. Photius n'hésita pas à déclarer du haut de la chaire que les tremblements de terre, produits par des causes naturelles, n'ont aucun rapport avec les actions des hommes. « Les tremblements de

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