‹ Histoire de la civilisation morale et religieuse des GrecsChapitre 11 sur 29 · II. T» 142. iTtftyéfifvôç TtfQ ^A^'tjoç · texte numérisé non relu

II. T» 142. iTtftyéfifvôç TtfQ ^A^'tjoç

II. 0* 112. 'OTrvtéTë T*ç xai ifAeZo''Aç€* in &Vfibf iXi/Tiu*

., C*^) On en trouvera de fréquents exemples chez \es poètes tragiques.

("«) Homèreditd'Hector(IL-P.210): <r« ai f^^v "Jtçfjç.

mort qui les attendent dans la mêlée ('^^). Et, comme il ëtoit , pour ainsi dire , identifié avec la guerre , on transporta dans le caractère de ce dieu tous les traits qui la caractérisent. Comme la guerre , Mars étoit cruel et sanguinaire ; comme la chance des combats , Mars étoit inconstant , variable , trailre et perfide. Homère pouvoit donc , sans hésiter , le représenter comme excitant Ménélas au combat , afin de le faire tomber dans les mains d'iEnée (* ® ') , et il pouvoit lui faire reprocher par Minerve qu'en dépit de sa promesse solennelle de seconder les Grecs, il abandonna leur cause pour se ranger , en véritable transfuge , du côlé des Troyens (* ® ■). ' Mars étoit donc une vraie puissance infernale parmi les habitants de l'Olympe. Jupiter , son père , lui dit , dans Homère , qu'il le hait , et que , s'il n'étoit pas son fils , mais celui d'un des autres immortels , il l'auroit dégradé depuis longtemps et lui auroit assigné l'une des dernières places parmi les divinités ('®^). Minerve le représente ^ Biomède comme un forcené , comme un être qui , par sa nature même, n'étoit propre qu'à faire du mal (*^°). H n'est donc pas étonnant qu'Hercule osât parler de lui avec le dernier mépris ( ' ^ * ) .

Remarquons cependant que c'est justement cette manière de^ représenter le dieu de la guerre qui fait le plus d'honneur au caractère humain et sensible des Grecs. Ger* tainement ce n'est pas une preuve de timidité ou d'indifférence pour la gloire des armes. La belliqueuse Miùenre ,

(ï«<^) Hom. IL N. 567. fiàXi âs^l

AîâoLoyv Te fAêOtjyif nai è/jiçaX5 , Iv&a /idXtça riyver* ^Açfiq àXeyf^ybç 6i'Çv(^oZ0i, fiQoxoX(ft>v,

U parolt même qn"'^çi7ç est pris pour l'arme qui inflige la Ues« smt. II. JI. 613. cf. Heyne ad II. iV. 444.

(187) Hom. 11. E. 563 sq.

("») Hom. II. E. 832. 'MXonq6oaXUq.

("^) Hom. U. -P. 890.

^ipoj Hom. II. ^. 831. Mai^6f*êvov , TvxTov Haxév» ef. Heyne ad h. 1. (»*«) Hes. Scut. Hère. 98 sq.

déesse noMe el sublime » nous eu est le plus sur garant. La déesse qu'on respeotoit à cause de sa prudence et de sa modération étoit chez les Grecs la déesse du courage et de Tart militaire. Le dieu de la guerre , au contraire , ne leur sembloit qu'un esprit pervers , une peste de la société, un monstre qui se repaissoit de sang et de carnage , et qui n'avoit pas même les qualités nécessaires pour réussir dans la seule occupation ii laquelle il avoit voué toute son existence.

Eu effets non seulement la prudence de Minerve est toujours opposée chez Homère à la fureur et aux emportements de Mars (' ^ ^) , non seulement elle le surpasse en force et en courage ('^^), puisqu'il se laisse désarmer par elle sans coup férir (^ ^^)9 mais le dieu dq la guerre est souvent yaincu par de foibles mortels. Hercule et Diomède n'hésitent pas de le combattre , et avec le meilleur succès. Son secours n'est d'aucune utilité à son fils Cycnus , qui est tué par Hercule ('^^). Dans l'Iliade Diomède lui fait une blessure à la main , malheur qui lui étoit déjà arrivé auparayant dans son combat avec Hercule , dans TÉlide ('^^) Otus et Éphialte l'enferment dans une cage , oh il e;ût péri , si Mercure ne fût venu pour le délivrer ('^').

Nous avons déjà vu que ce fut plutôt la reconnoissanoe

(^^*) Jupiter donne à Junon la permission d'envoyer Minem contre Mars, parcequ*elle est le plus accoutumée à le dompter. Hom. 11. E. 765. Elle contribue à la victoire de Diomède et d*Ber« cule, remportée sur Mars. 11.^. Sent. Herc. Dans un groupe en bois de cèdre doré que vit Pausanias dans le trésor des Mégariens, dans riltis, Mars se tient à côtéderAcheloiU, vaincu par Hercule, qui est secouru par Minerve. VI. 19.9. Seulement dans la Télégonie il défait Ulysse, aidé par Minerve. WùlIner,deCydo epico, p. 95. (^^^) Voyez II. E- et <p.

('^+) Hom. II. O. 121 sq.' ('^5) Hes. Scut. Herc. surtout vs. 458 sa. ('^^) Hom. 11.^. 359 sq.

{'^7) Hom. II. E. 385 sq. Quelques-uns veulent qu'ils Talent

fait pour le punir du meurtre d'Adonis. Eustath. ad II. p. 426 in. cf. Schol. Hom. II. E. 385.

que la orainte qui engagea les Grecs à adorer leurs divi- . nitës. Ce que nous savons du culte de Pluton nous en a fourni une preuve. La manière dont ils en agissoientà l'égard de Mars confirme pleinement les réflexions que nous venons de faire à l'égard de l'opinion qu'ils avoient de ce dieu. Lorsqu'on imploroit la faveur du ciel dans les guerres qu'on alloil entreprendre , ce n'éloit pas à Mars que Ton s'adrcssoit , mais à Jupiter, à Minerve , à Apollon , à Diane , quelquefois même à Ténus , et c'étoit aussi à eux qu^on rendoit grâces de* la victoire et qu'on érigeoit des temples et des statues , en signe de reconnoissance (*^*). Nous verrons aussi plus loin que le nombre des statues et des temples consacrés à Mars est très petit en comparaison de ceux érigés en l'honneur des jautres , divinités.

On ne sera pas étonné d^apprendre que Mars n'eut prèsqu'aucune part à la direction des affaires humaines ('^^) , et moins encore à l'exercice de la justice divine. Il doit paroitre plus étrange que l'on trouve si peu d'exemples de peines infligées par ce dieu , comme effets de sa colère ou du désir de se venger de ceux qui avoient eu le malheur de lui déplaire (***^). La disette de rapports à cet

('^') Pausanias (II. 32. 2.) nous fournit une exception à cette régule presque générale. Il parle d*un temple de Mars qui paroît aToir été bâti par Thésée, après la victoire qu'il avoit remportée sur les Amazones. Or, on sait , par Phérécyde (ap. Schol. Apoll. Rhod. II. 990. cf. fr. Pherec. 6. éd. Stùrz), que les Amazones se croyoient issues de Mars, et, par ApoUodore (II. 5. 9.), qu'Hippolyte se vantoit de posséder sa ceinture. Croyoit-on donc que Thésée , en érigeant ce temple, eut voulu apaiser la colère du père des guerrières qu*il venoit de vaincre ? Mais la chose n'est pas d'assez grande importance pour s'y arrêter.

(<^'J Les Tégéates racontoient que Mars avoit pris soin d'un enfant qu'il avoit eu d' Aerope , d'une manière qui seroit digne de l'humanité d'Apollon ou de Mercure. Paus. VIII. 44. 6. Mais la lionne même n'oublie pas ses petits.

^aoo^ Quelques-uns attribuent à cette cause le combat des Centaures et des Lapithes. Eustath. ad II. p. 77. 1. 40. Suivant une-

égard «eroit-elle peut-être une suite du peu de cas qu*oa iaisoit de lui ? Quoiqu'il en soit , Mars étoit en général le destructeur du genre humain : ses coups frappoient indistinctement les justes et les impies ^ et il montroit dao» ses entreprises aussi peu de discernement qu'il y avoit peu de constance et de mesure dans les effets de sa fureur. SoD origine. U cst bien probable qu'un dieu de la guerre ait été l'objet commun du culte de toutes les nations sauvages et peu policées. Une lance , ou une épée, enfoncée en terre, en aiu*a été le symbole ordinaire, et le saug des captifs dont on l'arrosoit Toffrande par laquelle ou croyoit s'assurer de sa faveur (*®'). On dit que les Assyriens ont attribué cette qualité à l'une des planètes , à celle qui chez les nations occidentales a paiement reçu le nom de Mars(^^^), que les Caramanien^ n'ont jamais connu d'autre dieu que celui de la guerre (^^^) , que les Chalybes lui attribuoient même la Citculté de prédire Tavenîr(*°^), que les Syriens adoroient un dieu de la guerre à qui ils donnoient le nom d'izizus (^^^)* Mais c'étoient

fietion beaucoup plus récente Mars donna la forme d*un coq à Alectryou, qu'il avoit mis en sentinelle, lors de son entrevue arec Yénus , et qui , comme son maître, ayoit été la dupe de l'adresse de Vulcain. Eustalh. ad Od. p. 312 in.

{^°^) Hérodote attribue une semblable coutume aux Scythes. IT. 62. cf. Eudoxus et Icesius ap. Clem. Alex. Cohort. ad Gent. p. 56 et la note de Potter à cet endroit. Les Romains adoroient aussi anciennement une lance, comme symbole de Mars. Varro ap. Clem. Alex. Cohort. ad Gent. p. 41 in.

(*°2) Hyde, Hist. rel. vett. Pers. p. 64.

(^°^) Strab. p. J057. ^., suivant la correction de Casaullon. Ce savant illustre pense ici à Ahriman, cf. Hyde L 1. p. 88. Brisson, de reg. Pers. princ. p. 348 fin. 349 in.

(^^^) Herod. VII. 76.

(*°*) Voyez Tendroit de Julien , cité par Selden , de Dis Syr. p. 230 fin. Je doute cependant que cet Azizus soit aussi ancien qu'il le paroît ici. Vossius (Theol. Gent. I. 22 p. 87.) veut faire dériver ^reê ^ Artes. M. Creuzer cherche dans le même mot Torigin* aAriemïf. H est incertain si Mars est représenté comme une di- ▼mité des Carthagespar Polybe (VII. 9. 2. cf. Schweigh. ad h. !.)•

furtout les peuplades qui habitoient le oord de la Grèce , 9iir les oAtes du Pont-Euxia et dans la Tbrace , qui sem- Uoient avoir spédalemeiit professé le culte du dieu des combats. . Pour ne rien dire maintenant du bois sacré de Mars icn Golchide , où se trouvoit la toison d*or (^^^) , Hérodote nous assure que ce diou fut le seul auquel les Scythes oonsaoroient des temples, des statues et des autek (^^^)« Le Biéme parle de son culte en Thrace (^^') , •et lés traditions grecques nous offrent Texemple de plusieurs princes thraces qu'on croyoit fils de Mars(^^^)* Lorsque Ton considère encore qu'Homère représente la Thrace comme le séjour ordinaire de ce dieu C^'^), il ne paroit pas entièrement improbable que les Grecs aient reçu le culte de Mars des nations septentrionales (^") # à moins qu'on ne veuille supposer qu'ils aient représenté le dieu Àtê coari)ats (qu'ils ont pu certainement inventer eux-mêmes aussi bien que les autres nations) comme originaire des contrées qu'habitoient des nations connues par leurs ' moeurs sauvages et par le culte qu'ils vouoient à un dieu «iis«i peu vénéré des Grecs. Le Mars des Grecs avoit cer-

(*''^) ApoUod. L 9. 1. Piod. Sic. T. I. p. 291. Je ne paris pss non plus de la tradition suirant lafoelle les Bioscures aoroieat transporté une statue de Mars de la Colehide en Laconie. (PanS. III. 19. 7.). G*est |»ar la même raison qae je n*ai pss vouln m*ar* jeter à une semblable tradition touchant Minerre. Cependant il ne faut pas entièrement négliger ces indices , ni celui qui est contenu dans le récit de la distribution àts dents du dragon, dont Mars et Minerre anroient. donné la moitié à Cadmus et Tautre moitié à iEétes. Pherec. ap. Schol. ipoll. Khod. 111. 1179. d. Tzetz. ad Xi je. 175. Thébes ^toit la contrée spécialement fa? orisée par Mars. iËschyl. VII. e. Theb. 100 w{.

(S07) Herod. IV. 59. Voyez la description 6m sacrifices humains ei du culte de ce dien en général. 62. Snitant ipoUodore (fr. T* IV. p. 1056. éd. Hejn.) les Lacédémonieos aToient d'abord adopté cette coutume barbare.

(*<>•) Herod. V, 7,

(^'>^) P. e. Diomêde (ApoUod. ll.b'.B)\ Térée, (ib. IIL 15. ».).

.(»") Od. a 301. U. iV. 301.

(>") cf. Hug, ûbo- den Mjtbos, p. 6.

taînement an pouToir bien plus limité que celui des Scythes et des Thraces , et ce Mars si impuissant , si insolent et » déraisonnable étoit aussi propre aux Grecs qu'Apollon et Minerve , les dieux des arts et de l'humanité. Vénus. Déesse Une autre preuve de l'amour des Grecs

pour la beauté et les grâces c'est le changement que subit chez eux la déesse informe des Phéniciens. Ce changement est même si considérable que , si des témoignages indubitables n'attestoient l'origine étrangère de la déesse des amours , nous ne la soupçonnerions même pas.

Ténus , l'aimable et belle fille de Jupiter et de Dione (*'*), étoit la déesse qui a voit le pouvoir d'inspirer et de diriger la passion invincible qui unit les deux sexes et que la nature emploie à la conservation de l'espèce. Sa beauté' surpassoit celle de toutes les habitantes de l'Olynir pe(^^'), mais aussi nulle autre n'étoit si folâtre ni si légère (*»♦).

Il est encore nécessaire db nous rappeler ici le caractère et les ndoeurs des Grecs, pour bien comprendre les fictions de leur mythologie. Nous avons vu ce que fut l'amour chez les anciens Grecs. Il ne sera donc pas difiicile de se former une idée de Ja déesse qu'ils en regardoient comme la cause. Il ne faut penser nullement ici à ce sentiment tendre et raffiné qui r dans les siècles modernes, s'est mêlé aux sensations inspirées par la nature et qui trop souvent

(*'*) Hom. 11. E' 370. Nons avons déjà remarqué pins haut que cette fiction est plus ancienne que celle d'Hésiode , où elle est issae du sang du Ciel.

(ai3j Voyez la charmante description de Yénus chez Homère, II. r. 396 sq. cf. Hymn. Hom. III. 81 sq. 175 sq.

(^^^) Voyez la fable amusante de son intrigue avec Mars, dans rOdyssée, les traditions de ses amours avec Anchise^ Butés et d'autres , traditions qui ont été augmentées et décorées par la suite d'une manière qui ne prouve pas toujours le goût des auteurs de ces innovations. On n'a qu'à penser ici àPriape et à Hermaphrodite. Diod. Sic. T. L p« 251. Schol. Apollon. Rhod. I. 932.

en a pris la place. Vénus étoitla déesse du désir physique « et c*est-elle qui présidoit à la propagation du genre hu* main (***). Céloit-ellè qui pouvoit inspirer ce désir , le modérer , le faire cesser , et par conséquent son influence s'étendoit non seulement sur les hommes , mais même sur les dieux immortels (**^). Homère représente cette aimable déesse ornée d'une ceinture renfermant les moyens qu'emploie l'amour poar remplir son but , ses agrément^ et ses plaisirs (^'^). Les ris, les entretiens amoureux , les petites ruses , le plaisir et la jouissance sont en son pouvoir (*'•). Ornée çlle-méme d'un vêtement tissé par les Grâces , et prenant part aux danses dé ces déesses , Vénus pouvoit aussi répandre les grâces et la beauté sur les mortels qu'elle daignoit honorer de sa faveur (^'^).

("«) Hom. 11. i:. 429.

Ceci est déjà plus ou moins caché dans la fiction euhémérique. Té* nus y est la protectrice des jeu nés filles; elle fixe le temps de leur mariage. Diod. Sic. T. 1. p. 389 in. £lle est représentée ainsi e|i quelque sorte par Homère, Od. 7** 518 sq. (»*^) Hoffl. II. S. 198.

Jb^ yvv /lot ^tXÔTfjTa xai "f/nçoy^ é^Tt ait n&vvaq

Elle inspira de Tamour à Aurore pour Orion , parcequ^elle aroit en quelques liaisons avec Mars (ApoUod. I. 4. 4) ; elle en inspira à Phèdre, pour se venger d*Hippoljte. L*entreyue de Paris et d*Hélène, dans le troisième livre de Mliade, fournit une preuve de^ sou pouvoir sur le coeur des femmes.

(»*^) Hom.E.i'. 215 sq.

— "Ev-O-a ai oi &tXiiTr]qi>a Travva t/tvxto*

Siebelis (ad Paus. 1. 43. 6.) croit que la Persuasion (Pitho), qu'on vojoit dans le temple de Vénus à Mégare , à côté de 1* Amour et des Désirs , est la Tràççaa^ç dont parle ici le poète. Vénus est couronnée par la Persuasion, sur le marche-pied du trône de Jupiter olympien, ib. V. 11. 3.

{*^^) Hes. Th. 203 sq. Dans le troisième hymne homérique elle est entièrement représentée comme la source des désirs, tant ehez les hoamies que chez les animaux , in. et vs. 73 sq. ( ^<^) Hom. II. E. 338. Od. 2^- 192. seq.

Ma», oomme elle étoitlap^vuroe du bonheur de rwDOiir , elle ëtoit aussi la cause des soucis , des inquiétudes et des soins cuisants que cette passion do^ce , mais souvent pernicieuse , peut iaire najitre dans le coeur de rhomme (^^^). Son influence La part qu'avoît Véous à la direction des

sur le 8orl des ^ . , . - -^ j ^ • • i

b&mnies. ' aflaires humâmes se bornoit donô pnnapaie;>

ment , au moins chez les poëtes 4e cette ^poque do la mythologie, aux fonctions , qui lui étaient ^saignées par Jupiter , fonctions qui étoient cependant assez importantes pour mettre en sa main le. sort de familles et de nations entières aussi bien que des indi^^idus , quoir

qu'elle eut d!ailleurs les mêmes quidités surnaturelles que les autres divinités , dont elle se servoit souvent eniayeur de ses protégés et de ses adorateurs , comnie il paroit par la manière dont 'elle sauva Paris , dans le troisième livre de llliade , par la menace d*allumer la disjcorde entre les Grecs et les Troyens(^*') etparlerédt de la protection qu'elle accorda à Butés , Tua des Argonautes , pour le faire échapper' au danger dont le menaçoient les Sirènes ('***). Toutefois le résultat de ses efforts pour défendre son fils iEnée , dans le cinquième livre de l'Iliade , prouve ^^&i que son pcMivoir n'étoit rien moins qu'illimité (**^).

Les traditions concernant les honneurs qu'on rendoit à Vénus dès les siècles que nous parcourons présenfcemeiit démontrent assez comme elle fut respectée par les habitants de la Grèce. Le temple ^ue lui consacra Thésée après le rapt d'Hyène (**♦) , celui que fit bàUr Phèdre dans lé lieu d'oji elle contemploit flippolyte , lorsqu'il

|a2oj rvvoniqok fi^leâ&veç* Hes. Op. 65 sq, ("') Hom. II. r. 416. ("^) Apollod. I. 9. 25.

(^^^) «La manière dont elle aaroit yaincu les géants , en les attirant à soi l'un 9fxjès Tautr'e et en les livrant ensuite à Hercule , étoit bien plus.dans «on caractère. Stiiab. p. 757. B.

(***) Paus. II. 32. 7.

s'exerçpit dans la palestre (^^ ^) » cet autre que fonda PàrÎ0 sur la côte o^^sée à Tlle de Granaé , en mémoire du bonbeur qu'il y a^oit goûté 4lans les bras d*Héléne {^^^) i les fables de Jason et de JUiédéeC'^^) , de Paris et d'{IélèDe(^^B), ^ M^iéagre et d'Atalante et tant d'autres eu fournissent des preuves suffisantes.

Pein.e8 infligées Mais , ce qui pourra paroitre étrange dans ^ . ' une déesse aussi aimable et aussi gaie , c'est qu'on trouve une foule, d'exemples de la manière cruelle dont Yénus faisoit usage de son pouvoir pour tourmeqtter les pauvres mortols. Ceci cependant devient moins diffidie à expliquer lorsqu'on r^écbi^ aux suites fâcheuses qu'ont «ordinairement les^ dérèglements d'une passion aussi violente, que celle à laquelle présidoit Vénus , et lorsqu^on considère que les hommes ne sont que trop portés à rejeter la faute de leur propre foiblesse sur la violence de leurs désirs 9 ou, ce qui revient au même ici , sur la divioilé qu'ils croyoient en être la cause. Nous en avons d^à vu des exeno^ples lorsque nous avons parlé de Tamour chez les anciens Grecs. Ajoutons-y encore quelques autres.

On racontoit que Vénus avoit inspiré de l'amQur à Clio pour un mortel^ Piérus , parcequ'elle lui avoit reproché 4'avmer Adonis (^*^). Les dérèglements des filles ^e Cinyras furent attribués à lacolère de Vénus (^ ^ ^). Smyme fut atteinte d'un amour incestueux pour son pèr« , comme

(*a«) Paus. IL 32. 3. ("*) Paus. III. 22. 2.

(^ ^^) Sur le coffre de Cypsélus Yénus se tient à côté de Jason et de Médée. Une inscription explique le motif de sa présence. Pans. V. 18. i.

(2 2d^ Le dessein qu'Acusilalis attribae à Yénus (fr. Acus. 28. ap. Stiirz. fr. Pherec.) est par trop politique pour une déesse aussi folâtre. Il y auroit eu nu oracle, suivant lequel la branche d*Anchise moniercHt sur le irjoiie , lorsque les Priamides en auroient été privés. <Cet oracle auroit été le motif de la visite de Yénus à Anehise et de Tintrigue entre Paris etffîJene, à laquelle elle donna lieu. ("^) ApoUod, 1. 3. i. (*»*) ApoUod. III. 14. 3.

par une maladie , paroequ'etle avoil négligé le cidte de Vénus (^'') , Leudppe par une semblable passion envers sa soeur (^'^). Les fils de Neptune furent TÎctimes d'une inclination déshonnéte pour leur mère , parccqu'Hs aveieni voulu empêcher Vénus d'aborder à File de Chypre (***)^ Suivant quelques-uns Vénus , pour se venger de Diomède , qui Tavoit blessée, rendit son épousé infidèle (^ '^) ; et la négligence de Ménélas à lui o£Prir des hécatombes auroit été le motif qui engagea la déesse à inspirer à Hélène de Tamour pour Paris (***). Prolésilas fut poursuivi par elle , jusques dans l'empire des morts , où elle le tourmenta par le désir infructueux de revoir' son épouse (*^^). Quelquefois aussi la haine ou l'aversion étoit un instrument de vengeance en sa main non moins efficace que l'amour. C'est ainsi qu'elle inspira aux Lemniens de l'aversion pour leurs épouses (**^) et qu'elle rendit Pan si difiormc qu'Echo , pour laquelle elle lui avoit inspiré de l'amour , ne put soutenir sa vue (**•).

On nous pardonnera , j'espère , d'avoir énuméré quelques récits d'une date plus récente pour faire voir combien étôit constante la manière de représenter le caractère de cette déesse. On n'avoit dans tout cela aucun égard à la moralité. Haïssant les Syrènes , elle les changea en oiseaus. , parcequ'elles avoient voulu rester vierges (**^). Lorsqu'elle punit Hippolyte , parcequ'il avoit une aversion des femmes , elle étoit aussi consé-

(»") Apollod. III. 14. 4. cf. Anton. Lib. 34.

(a") Parthen. 5. (*»») Diod. Sic. T. I. p. 374.

(^34) Eustath. ad 11. p. 429. 1. 40.

(»»«) Ptolem. 4. (Hist. poët. scr. p. 318.)

(*3ffj Eustath. ad 11. p. 246. 1. 20.

(^^^) La cause de cette aversion fat une mauvaise odeur , qu'elle

répandit sur ces femmes, a^raZç ififidlXft âvaoaiikiav. Apollod.

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