‹ Histoire de la civilisation morale et religieuse des GrecsChapitre 2 sur 29 · SE · texte numérisé non relu

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de.'personnifioAtions d^objeto phjaque» aussi aofaav^ées que celle de l'aurore. Elle a une maison.^**), un-.trAne(**^), un char et des chevaux, dont on connoU même les noins(' ^ ♦). Il est à présumer qù'dle est redevable de ces .ornements et de ce cortège, aux poètes , du moins en grande partie : mais, encore une fois , ces poètes mêmes faîsoient partie de la nation dont nous rcohercbons les idées xeligieuses, et Ton voit aisément, à la manière dont Homèic en parle, que les traditions^ qui ont rapport à TAurore étoient déjà connues longtemps avant lui. Comment., par exemple , ce poëte auroit-rilpu parier comme en passant de l'Aurore quittant la couche de Tithon , s'il n'avoit pu suppcMser que ses audi teurs connoissoieot - cette fable (' ^ ' ) ?

Aussi' les poètes mêmes nous font entrevoir ici , ooraiK ailleurs ,^ le développement delà personnification. L'Aurore aux doigts de rose 8^élève<ies brouillards {^^^)j et, bien que quelquefois elle semble, une véritable personne et

Jour et r Aurore sont dans la saite absolument le même. personnage. On le voit par Tendroii de Pausanias [I. 3. 1) où il parle d'une statue du Jour qui enlève Céphale , ce qui ne peut être autre chose qu'une statue de T Aurore, comme le démontre Tendroit ménoe d'Hésiode que Pausanias cite à cette occasion. Et, pour se convaincre que cette confusion est bien plus ancienne que la statue dont parle cet. auteur, oik n*a qu'à jeter les yeux sur ce vers d'Homère (II. ^ 493.) :

Cette confusion est probablement la raison pourquoi l'on trouve si peu de mention du Jour , et pourquoi , lorsqu'on en parle, wblj^ù^ tend.presque toujours l'Aurore.

("^j Hom. Od. ^-3. H&,T''Hovç^Q^rei^tl^ç

(»**) i'ij&ifoyoq et j^çvao&çovoç* Hom, II. 0. 565. Od. *^. 244. Le scholiaste (ad Od. Z. 48) veut que ^^o>oç signifie le char. Je ne crois <pas cela nécessaire. Les occupations de l'Aurore lui laissoient asser^ de temps pour se reposer. Aussi voit-on qu'elle dort pendant la nuit. Les poètes plus récents la placent sur le Pégase et lui mettent un flambeau «dans la m^in, fiction bien moins gracieuse que celle des. anciens poètes. Eust» ad Od. p. 74. 1. 10.

(^*^) Hom, Od. ^. 243 sq. Lampus et Phaèthon.

("S) Hom. II. wi. 1. * ("^j ^ç^Y^êPa.

qu'elle s'élève dans TOlympe, pour annoncer la lumière aux dieux immortels ('^'), cependant il est dit, dans le copimencement du huitièime Uvre dellliade, que t^ Aurore^ couperie de son vêtement jaune , eit étendue sur toute la terre{^''^).

Nous avons dit qu'il n'y a presque pas de personnification aussi achevée que celle de l'aurore. Il n'y en a pas aussi 'qui ressemble Bi bien à ces divinités qui , étant, pour ainsi dire , de la propre invention des Grecs , portent Tempreinte du caractère de leurs adorateurs. Le Soleil et les Rivières ont déjà un aspect plus humain et plus agréable que les graves divinités la Terre et le Ciel. La belle Aurore est grecque de naissance. Son coeur est ouvert aux impressions les plus douces et les plus tendres. Enivrée de l'amour qu'elle sait si bien inspirer elle<-méme , elle transporte dans son palais ks mortels les plus renommés par leur beauté. Orion ('*<>), Clilus(»»^) , Tithon('3') , Céphale('^^) et combien d'autres peut-être, dont la tradition ne nous a pas conservé le souvenir , furent jugés dignes de trouver le bonheur dans les bras de la fille d'Hypéribn ('»»).

Avec un coeur aussi sensible pour la beauté et les jom'ssanoes de l'amour , l'Aurore ne pouvoit pas avoir la sagesse et la prévoyance de la Terre. Entièrement livrée aux tendres passions qui faisoient l'agrément de sa vie et plus occupée des objets de son amour que de projets d'ambition, l'aimable Aurore perdit bientôt l'autorité que son rang et

("7) Hom. II. B. 49.

*Hàq fikiy ça &fà nqoxstfi^jdaro /laxçoy ^OXvfiTrov ^ 2,71^1 ipofùq içittaa ttal àXXoi(; à&avdTo^a^v» cf. -^^ 2«

(»a«) Hom. 11.0.1.

*Hàç fifv xpoKéTfeTtXoç intlâvaro Trâaay en* alav* cf. ^- 227.

("*) Hom. Od. E. 121 sq. ('»<>) Hom. Od. O. 250. ('") Hom. B. ^. 1. Hes. Th. 984 sq.

("^) Hes. Th. 986 sq. ApoUod. I. 9. 4. cf. Anton. Lib. 41. (<»») Elle est, chez Hésiode, la fille d*Hypérion et de Thia, soeur du Soleil et de la Lune.

sa naissance lui assnroient. Imprévoyante jusqaes dans les choses qui l'intëressoient le plus , elle demanda à Jupiter l'immortalité pour son amant Tithon , sans penser qu'avec les infirmités de la 'vie humaine et la décrépitude de la vieillesse cette faveur fût aussi funeste pour celui dont elle souhaitoit le bonheur que pour l'amour qu'elle lui avoit inspiré ('^^). Et, comme elle n'avoit pas même le pouvoir d'efTacer les rides du front de Tithon et de ranimer ses forces consumées par les ans , elle ne put pas même empêcher que Diane , déesse d'un rang et d'une naissance bien inférieure à la sienne , ne tuât un autre de ses amants ('**), tandis qu'elle se vit forcée de recevoir les ordres de Minerve , lorsque celle-ci lui défendit de corn* mencer sa coursejournalière('^^). Il n'est donc certainement pas étonnant que nous né trouvions nulle indication chez les anciens poètes ni de l'influence de cette déesse sur le sort de l'homme , ni d'honneurs à elle réservés.

On me reprochera peut-être d'avoir donné ici un peu trop à l'imagination , en traçant une histoire d'un être aussi imaginaire que la déesse dont nous parlons. Hais , pour ne pas dire que je me fonde entièrement sur les passages- des poètes qui sont nos guides dans ces re^ cherches , j'ose croire que l'enchaînement des idées , tel que je l'ai représenté , en parlant de cette déesse , ne paroitra pas entièrement invraisemblable à ces lecteurs qui se rappellent le résultat de nos observations sur le ca-

('^^) Hymn. Hom. III. 219 — 239. Je n'ai jamais pu croire cette hhle aussi récente que le poème où on la trouve pour la première fois. Nous avons vu tont-à Theure que la tradition des amours de Tithon et de T Aurore étoit déjà connue avant Homère. Je n*insiste pas cependant sur Tauthenticité de la métamorphose de Tithon en cigale. Schol. Od. E, in.

("«) Hom. Od. E. 123. Le scholiaste (Od. i:. in.) dit <}ue Tithon fut tué par Diane. Je présume qu*il le confond avec Onon«

C^'O Hom. Od. 4P. 241 sq. ef. 346.

radére el les indinattoiis des Grêos. L'ht|toire'MKdeii89 de l'Anrore suffirait seule pour nous donner une idée de la TÎvaeitë des sensations de ce peuple ,• de son goùt«^puré et de sa sensibilité pour les émotions douoes et tragiques. Toutefois je laisse yolontiers à mes lecteurs le choix entre la manière dont je leur ai conté ces iables et Tinterprétation de ces auteurs qui prétendent que Tithon est le Soleil 9 ou, si Ton veut (car rien ne coûte à ces .sagea interprètes de l'antiquité) , un astronome qui veilloit pendant la nuit , pour obserrer le firmament , et qui dormoit toute la journée ('^^). Pour moi , bien que j'admire la sagacité de ces saTunts, je dois avouer que je m^accomnode bien mieux de l'aimable Aurore prêtant son soutien à la vieillesse du malhe,ureux Tithon, eherehant à ranimer ses forces épuisées par l'ambroisie et' le nectar et trom* pant ses ennuis par la parure , que d'une explieation qui , en faisant disparoitre les charaiantes fictions d'un peuple naïf et sensible , lui ôte son esprit , son génie et ce caractère dktinetif qui l'a rendu propre à produire ces chefsd'oeuvre do. poésie et de sculpture qui ont iait jusqu'ici et qui feront toujours l'admiration de tous les siècles.

Mais nous voilà encore embrouillés dans l'allégorie. U est souvent difficile de s'abstenir d'en faire remarquer Tabsurdité , lorsqu'on voit comme elle a gâté le^ plus charmantes fables. L'humeur nous entraine malgré nous : prenons désormais une résolution ferme et sincère de nous< en tenir à l'exposition pure et simjde des fictions de l'antiquité , sans nous soucier de l'impertinence de ses prétendus. interprètes.

I4S8 Vent». Lorsque nous lisons chez Hésiode que les Vents sont les enfants de l'Aurore et d'Astréus , fils du Titan Crius et d'£urybia('^^) , nous sommes tentés d'attribuer cet arrangement à l'observation que le vent se ranime or-

("^) Schol. Od. i:. init.

("•) Hm. Th. 37^ sq.

dinairement vers le point da jour. Mais, comme nous l'avons déjà remarqué, en parlant des étoiles , il paroit plus prudent de ne pas trop nous fier aux connoissances de ces anciens naturalistes. Pourquoi , par exemple , l'Aurore n'est-ellë la mère que de trois Vents, ceux de l'ouest, du nord et du sud(Zéphyre, Borée et Notus) , et pour* quoi les autres , et par conséquent aussi le vent d'est , sont-ils fils de Tjphoée (* *^)? On nous dira que le poêle regardoit les premiers comme des vents rafraîchissants et salubres , les autres comme lei^ précurseurs des tempêtes et dés ouragans , et il faudra bien se contenter de cette réponse , parceque c'est le poète même qui la donne : mais alors nous aurons le droit de lui opposer non seulement l'expérience , qui prouve que fion observation n'est rien moins que juste , et , ce qui valoit peut-être encore plus pour des Grecs , l'autorité de son prédécesseur Homère ("*«),

Les Vents sont personnifiés par Homère dans cette scène naïve et charmante où Iris les trouve à table dans le palais de Zépbyre , lorsqu'elle vient les prier , au nom d'Achille , de vouloir allumer le bûcher sur lecpiel on avoit posé le corps de Patrocle ('^'). Mais, excepté ce passage, il n^y a que Zéphjre et Borée qui soient personnifiés.

('^^) Hes. Th. 869 sq. Dans un poème qu'on attribuoit à Orphée tous les Tents sont nommés fils de Saturne. Schol. ipoll. Rhod. III. ^6. Ni Apollodore (I. 2. 4) ni Hygin (Fab. p. 11) obserre la distinction faite par Hésiode.

JX40J vVood (ùber das Originalgenie des Homers , p. 87 sq.) obserre que , chez Homère , le Zéphyr et le Borçe sont ordinairement les vents les plus impétueux , quoique le dernier soit aussi serein que salubre, iandis que TËurus et le Notus sont justement doux et agréables. Il n*a trouvé que deux endroits où ces dernières qualités soient attribuées au Zéphyr, savoir la description d*Élysium et celle des jardins d'ilcinous. Les quatre vents sont mentionnés ensemble dans la description de la tempête qui jeta Ulysse sur la côte de Pile 4es Phéaeiens.

(^^') Hom. II. >. 192 sq.

Comme l'Aurore , ils ont un palais , et , selon^toute ap^ parcnce , en Thraçe (' ^^). Comme elle , ils ont leurs amantes et leurs descendants. On connolt Thistoire des amours de Borëe et d'Orithyïe et de leurs fils ailés Zétès et Calais (*♦*). Suivant une tradition » mentionnée par Diodore , on regardoit Lycurgue , roi de Tbrace , et Butés , qui auroit conduit une colonie de Thraces à File de Naxos , comme fils de Borée ('^^); et nous n'avons qu'à nous en rapporter au témoignage d'Hécatée , pour nous assiurer que les anciens rois de la Grande-Bretagne furent les descendants de ce même dieu('^^). Les chevaux immortels , produits des amours de Zépbyre et de l'Harpie Podargé , sont une fiction qui fait honneur à l'imagination du poète , si ce fut lui qui l'inventa , et qui convient parfaitement avec le génie d'une nation telle que nous connoissons maintenant les anciens Grecs (^^^). Borée avoit augmenté de la même manière les haras d'Érichthonius , roi de Troye. Ces quadrupèdes , fils du dieu de la Thrace , l'égaloient en vitesse ,' laquelle étoit si grande que leurs pieds , dans la course , ne faisoient qu'effleurer les plan-

(»**) Ib. 230. cf. Schol. ApoU. Rhod III. 826. (»43; ApoUod. III. 15. 2 sq. cf. L 9. 21.

(»^*) Diod. Sic. T. I. p. 371. On attribue ici à. Butes Pattenfat contre les Bacchantes dont Homère charge Lycurgue. Mais aussi , suivant Homère , Lycurgue est fils de Dryas , et pas de Borée. IL Z. 130 sq.

('*«) Ap, Diod. Sic. T. I. p. 158, 159. Il n'est pas douteux qu'Hécatée ait voulu désigner l'Angleterre. Il parle d'une ile, pas plus petite que la Sicile, située vis-à-vi» des Gaules, et habitée par les Hyperboréens , un peuple qu'on appeloit ainsi , parcequ'il demeuroit audessus du yent du nord, c'est à dire dans une contrée d'une situation plus septentrionale encore que l'endroit d'où ce vent souffle.

^x4tfj goui^ u^ 77. 1^ sq. Wood n'est pas élmgné de supposer cette généalogie fondée sur une ancienne tradition populaire. D parle même d'auteurs yénérables et de beaucoup de mérite qui au^ roient défendu cette opinion dans un siècle bien plus éclairé que les temps héroïques. Ces auteurs ne me sont pas connus.

tes qu'elles tonchoient, sans leur foire auoon domma-

On verra qiie dans la suite on érigea aux Vents des tem* pies et des autels et qu'on leur attribua souvent une pari très active dans la direction des affaires humaines. On voit les commencements de ce culte dans l'Iliade , où Achille leur adresse des prières , leur fait des libations et leur promet des sacrifices , s'ils allument le bûcher de Patrocle ('*■); et , si nous en croyons les Égyptiens qu'Hërodote interrogea sur l'histoire d^Hélène et de Mënëlas ^ ce prince auroit même offert aux Yents des victimes humaines , pour les disposer en sa faveur , lorsqu'ils l'empêchèrent de quitter la côte de l'Egypte ('^^). TyphoD. On voit ici , et on le verra encore mieux dans

la suite , . que le culte des Yents ëtoit souvent motivé par la crainte du mal qu'ils pouvoient faire. Les objets physiques dont nous avons parlé jusqu'ici furent considérés comme des êtres bienfaisants , c'est à dire comme des divinités qui , à la vérité , pouvoient punir les mortels ou

('^^) Hom. II.. T. 220 sq. Cette fiction ne convient pas trop bien avec Timàge de Borée sur le coffre de Gypsélus, où il est représenté avec les extrémités inférieures se terminant en serpents ' (Paus. V. 19. 1.). Voss (Myth. Br. T. I. p. 239.) conjecture qu'il aura eu des ailes , mais que l'artiste n'a voulu indiquer que son origine de Typhon , qui avoit la même forme. S'il en est ainsi , cela seul suffit pour prouver que cette image ne date pas des siècles héroïques.

('48) Hom. II. iP. 192 9^.

(149) Herod. IL 119. Remarquons encore qu'Éole, le dieu des Yents des poètes postérieurs (p. e. Quint. &îiyrn. III. 699 sf{» XIY. 474 sq.) , n'est mentionné nulle part dansTIliade^ et que dans rOdyssée il n'est certainement pas une divinité. Il y a d'ailleurs la même inconséquence dans ces fictions que dans toutes les autres. Bien que les Vents semblent des êtres très puissants chez Homère, cependant ils paroissent avoir été soumis aux ordres de Junon. II. ^* 334 sq. cf. iS. 254. Calypso même et Circé leur donnent des ordres. Mais icr, comme en tant d'autres cas, le poëte paroit avoir oublié la personnification et kie penser qu'au phénomène physique.

en gédëral ie9 rendre malhenreux d'ils le jugeoiènt à propos , mais dont œpendant le caractère n'étoit pas naturelledlent malfaisant. Nous en trouvons ici le premier exenïple dans les Vents , issus de Typhoée ou de Typhon , et dans cet Atre lui-même (' ^^). D'après Hésiode Typhoée fut le fruit de l'union de la Terre et du Tartare. Cent tètes de serpent s'élevoient entre les épaules de oe monstre et faisoient entendre les mugissements d'une infinité d'animaux féroces. Le feu jaillissoit de ses yeux étiocelants etc. (^ ^ ')• Un autre endroit du même poète nous informe que ce monstre ne fut autre chose que la personnification d'un ouragan ('^^) , mais qui en même temps, à cause de sa qualité éminemment malfaisante >^ fut regardé comme la 'source d'une infinité d'êtres terribles et hideux , enirn mot, comme l'origine du mal physique. La tradition porte que Jupiter dompta cet ouragan, après un combat opiniâtre, et qu'il le^jeta dans le tartare. Homère dit que Jupiter l'ensevelit sous les monts Arimes ('**), et c'est sans doute à son exemple , ou peut-être suivant d'autres traditions, qu'on le trouve, d'après différents auteurs, dans presque toutes les contrées volcaniques minées par des feux souterrains (^^ **) , ce qui cependant ne doit pas faire

{' '**) Remarquons la manière dont Hésiode les caractérise., » Les antres yents ** , dit-il , y> qui n*étoient pas de la race des dieux. " Les dieux avoient produit' les vents salutaires. Ce qui étoit nuisible ne pouYoit pas être d'origine divine. Voyez aussi le combat entte Typhon et les autres dieux. Hes. Th. 836 sq. Apoilod. I. 6. 8. cf. Ant. Lib. 28.

(ï") Hes.. Th. 820 sq. Le scholiaste d'Eschyle (From. 351.) lui donne les têtes mêmes de ces différents animaux.

f'^^) Hes. Th. 307. La manière dont Sophocle se sert du mot TV9)À»ç est très remarquable (Ant. 416. cf. Schol.). Il est chez ce poète un tourbillon.

(Ï53J II. Jî. 781 sq. Voyez, pour les différentes opinions sur le lieu où se trouToient ces montagnes , Strab. p. 929 -»• — 930 -B. 1090. ^.iî.

(»«*) D'après Phérécyde sous les îles Pithécuses (fr. Pherec. 37. «d. Stûrz) , d'après Pindare sous TËtna et la eôte occidentale et mé^

ercrire qae Typhon fut tine personnification de ces hax souterrains ou des exhalaisons sulphureuses des volcans (' ^ ^). Chez Hésiode , où la fable se représente dan» sa forme primitiTe , Typhon est un ouragan , un vent im*pétueux ; et , si les auteurs suivants ont appliqué sa per* sonnification aux terrains volcaniques , ils n'ont eu probablement en vue que les suites du combat de Typhon avec Jupiter, qui le terrasse par la foudre et le tonnerre.

La défaite de ce monstre ne prévint cependant pas lea suites désastreuses de -son existence. Le mal qu'il avoit fait se propagea par ses descendants. Ce ne furent pas seulement les vents impétueux qui lui durent leur origine, ces vents qui dispersent les navires et font périr les matelots , qui ravagent les champs et comblent tout de poussière et d'ordures ('*^) , mais encore une infinité de monstres de toutes les espèces. Ortbus , le terrible chien de Géryon , Cerbère , le portier inexorable de l'empire des morts , l'hydre et la Chimère , qui ne succombèrent qu'aux coups des Hercule et des Beilérophon ("^) , animaux hideux et terribles ^qui à leur tour perpétuèrent leur race monstrueuse (' ^ ^) , de sorte qu'on disoit dans la suite que Typhon fut le père de toutes leç bétes féroces ^* *^) ; et ^

ridionale de lltalie (OL IV. 11. Pyth. I. 29 sq.). Le^eholiaste (ad 01. IV. 11.) a encore plusieurs autres endroits. Arfemon (ap. Schol. Pind. I. 31.) rend la chose extrêmement facile. 11 place un Ty-^ phon sons chaque yolcan , ou , pour parler plus exactement , tous les Tolcans sur Typhon. Voyez encore Strab. p. 380, 869. -B., 931 fin. , 932. cf. Creuz. Rist. Gr. antiq. fragm. p« 163 — 170.

(>5«) C*est Topinion d*£ustathe (ad 11. p. 261. 1. 30.) et de Tzetzès (ad Lycophr. 1 1 94. ) .

(»«<') Hes. Th. 869 sq.

('«^) Illes engendra, d*après Hésiode (Th. 295 sq ) , avec Échidlia , monstre elle-même , moitié femme et moitié dragon , fille de Chrysaor et de Callirrhoé.

('^^) La Chimère et le chien Ofthus enfantèrent le Sphinx et le lion de la forêt de lifémée. Hes. Th. 326 sq.

C^) Aeus. fir. 35. éd. Stûrz. 'AtiaalXaoç ai ^tji/nf in T8 aï^ itttxoç vë Tv^mifOi nàtxa xà âdnifOTga yivto^a** C'est auiSl

comme Typhon dut son existence à la Terre , il n'ëtoit pat étonnant qu'en regardant cette déesse , d'ailleurs si sage et si bienfaisante , comme la première origine de tout ce malheur , on no lui attribuât immédiatement l'origine des monstres qui, d'après Hésiode, naquirent deTyphon(^^^). On ne voit pas qu'à cette époque on ait encore honoré de quelque culte cet être infernal. On lui ofErit des sacri* fices dans la suite , mais seulement pour apaiser sa co- 1ère , Qomme nous le verrons plus bas. Les Harpies. Les vents nuisibles n'ont pas été personnifiés , mais en revanche on a décoré les Tempêtes de toutes les couleurs d'une imagination poétique. On les appdoit Harpies d'après le principal effet de leur violence , savoir de

qa'Apollodore (III. 5. 8. II. 5. 1.) donne le Sphinx et le lion de Némée pour des rejetons de Typhon lui-même , comme aussi le dragon qui gardoit le jardin des Hespérides (ib. IL 5. 11. cf. Tzetz. Chil. IL 369.) et Taigle qui tourmenta Prométhée (Apollod. p. 139. cf. fr. Pherec. 9. éd. Stùrz.). Hygin (fab. p. 15.) y ajoute Méduse, le dragon qui gardoit la toison d'or et la Scylla.

^îtfoj C'est ainsi (pour nous contenter d'un ou de deux exemples) que Sophocle appelle Cerbère fils de la Terre (Oed. Col. 1643.), qu'Euripide nomme le Sphinx yàq XéxfVfkn (Phoen.ys. 1026) et que rËchidna même est appelée sa fille dans ApoUodore (IL 1. 2.) Typhon, fils de Junon, est une invention d'une date plus récente, et bien, à ce que Ton croit, de Stésichore. Hymn. Hom. I. 306 sq. £tym. Magn. in y. Rien ne prouve mienx la confusion que les inventions des auteurs subséquents ont apportée aux fictions et aux traditions des anciens que cette histoire ridicule et dégoûtante qu*on trouve chez £ustathe (ad II. p. 261. 1. 30. cf. Schol. Hom. Jl. B. 782. ed.Wassenb., où quelques mots ont été omis qu'on peut rétablir d'après £ustathe). Suivant ce récit la Terre , Saturne et Junon se liguèrent contre Jupiter. Saturne donna à Junon deux oeufs , vw tdim xç^^^ç &oçâ , et lui ordonna de les cacher dans la Terre, disant qu'il en sortiroit un être qui détruiroit la puissance de Jupiter. Junon suivit ce conseil et cacha les oeufs sous les monts Arimes, en Cilicie, qui produisirent ensuite Typhon. Cependant la paix étant rétablie entre les époux célestes , la prédiction de Saturne ne s'accomplit pas et Typhon fut vaincu par Jupiter. . Je ne crois pas qu'il soit nécessaire de rappeler à mes lecteurs les fictions extravagantes de Nonnus sur Typhon, dans le eommeneement de ses Diony-» siaques.

reoTener et d'enleyer les pbjets sur lesquels elles Texerçoient (' ^ '). Admirons encore ici la facilité que nous procure la connoissance du pays que les Grecs habitoient , pour expliquer l'origine de leurs opinions et des fables de leur mythologie. Les Grecs n'ëtoient pas astronomes coiume les Cbaldëens , qui , dans leurs immenses plaines et sous un ciel toujours pur et serein avoient la meilleure occasion de contempler les astres. Us honoroient plus la terre qui les nourrissoit que les objets et les phénomènes célestes, qui ne pouvoient leur inspirer qu'un médiocre intérêt , à l'exception de ceux qui , par leur éclat ou par les effets plus sensibles qu'ils produisoient , deyoient attirer plus spécialement leur attention. Mais, dans un pays entouré de mer , sur des côtes souvent battues par les tem* pètes , dans des lies exposées à tous les yents , il étoit bien naturel que ces violentes révolutions de l'atmosphère frappassent les habitants ; et , lorsqu'on se rappelle le genre de vie de ces habitants , l'état encore peu réglé de la société et le défaut de communication qui en étoit la suite , il ne paroltra nullement étrange que l'éloignement subit de quelque personne chérie et l'impossibilité d'avoir de ses nouvelles ne fussent attribués par ces hommes ignorants et superstitieux à la colère d'une de ces déesses terribles qui de leur souffle violent renvcrsoient les maisons , ravageoient les champs ^ faisoient périr les navires et confondoient tous les éléments. Les relations des voyageurs' modernes qui ont été témoins de ces révolutions subites et effroyables de l'atmosphère , au milieu des rochers et des écueils dont l'Archipel est couvert , pourroient au besoin

('^') "Aqitvta ab df^Tcui , àqnài^w* Etym. M. in T. Que les Harpies ne sont autre chose que des tempêtes ou des tourbillons personnifiés est prouvé clairement par un passage d*Homère. Od. T* 63 — ^78. Pénélope souiiaite qu'une tempête (^t^éAila) Tenlève, comme les tempêtes eurent enlevé les filles de Pandarée. Or, en racontant ensuite cette histoire, elle dit (ys. 77.): tô^qa^ ai %àç ^é^uç

sentir àB oommentaires aux opinions dos Greca ào^égml, Homère nous en offre encore des exemples frappants. G^est ainsi. que. Télémaque(*^*) etEumée(^^^) croient quTlyssc ont étëi enlevé par les Harpies. Chez Hésiode ces déesses transportent Phioée dans le paysdes^Galactophage&C^^); oui cettQ opinion étoit si enracinée dans l'esprit du peuple qu'dle passa presque en proverbe (" *'*).

Gomme les^ autres phénomènes , les tempêtes sont sou- T^t mentionnées simplement, sans aucune personnification ('^®). L'imagination poétique des Grecs en fit des déesses. ailées^C^^) et ornées d'une belle chevelure. ^Hésiode

('^=^) Hora. Od. ^. 241.

jitfftj Hom. Od. 'S' 371. IVos croyoit la même chose de son fils Ganymèd&. Hymn. Hom* III. 209. Ici c'est àelka.

[^^^) Ap. Strab. p. 463. C^. "

C^s) C'est ainsi qu'Euryale souhaite que les veats ou les tempêtes emportent les paroles insultantes qu*il avoit adressées à Ulysse. Hom. Od. O* 408 sq.

(i^'J) p. e. Hom.- II. O. 26 et Od. JSr..48 , où ^itXXa désigne 1* effet des vents déchaînés.

(1^7) Hesiod. Th. 265 sq. M. Voss (toythol. Br. T. I. p. 204 sqi) se. donne une peine infinie po^u* couper les ailes aux Harpies. Je dois avouer que, pour peu qu'on ne veuille donner un sens im-< propre aux paroles les plus simples et les plus claires , je ne vois pas qu*on puisse en agir ainsi, sans quelque injustice envers ces anciennes déesses. Hésiode dit:

Le passage de Pindare, cité par Voss , n*a pas plus une signification impropre que ce passage d'Hésiode. Il dit en termes précis et très intelligibles que les chevaux de Pélops avoient des ailes. Le terme /leraxçovbat OU /jtfTax&ovKti' confirme pleinement notre iiiterpré^ tation. Pour nous en convaincre, nous n'avons qu'à citer la traduction de ]>f. Voss lui-même : » Elles — ont des ailes — car elles s'élèvent dans les airs " (denn sie heben sich durch die Luft). Pour moi je ne tois rien d'absurde dans cette traduction. Le [)oète donne à entendre que leur mouvement rapide ne consiste pas seulement dans la course, mais aussi dans le vol , qu'elles ne se contentent pas d'effleurer la surface de la terre, mais que, parcequ'elles ont des ailes, elles s'élèvent aussi dans les airs. L'imitation d'Hésiode le prouve évidemment , lorsqu'il dit , parlant d'Iris ;

n!en a qae deuxr et leur donne des noms qui xxmvienneDt parfaitement avec leur naiure et leurs propriétés , savoii*

(Voyez les remarques savantes de Ruhnkenius sur ces deux mots £pist. Crit* IL p. 207.) — : Qaai)t à Théognist.si sa manière- de* représenter les Harpies diffère de celle d'Hésiode , cela ne prouve aucunement qu'il faille donner aux paroles de ce dernier une autre sigfftification qu*elles n'ont eo effet. Mais ce qui m*a frappé surtout dans ce raisonnement de M. Yoss, c'est qu*il a cru voir une preuve de son opinion dans le commencement des £uménides d Eschyle. En effet c^est tout le contraire. La Pythie aperçoit les Ëuménides, endormies dans le temple d'Apçllon. Elle ne les connoit pas et est embarrassée de leur donner un nom. Elle les compare tour à tour à plusieurs monstres différents , mais, remarquant toujours quelque chose d'étrange dans ces êtres hideux, elle rejette à chaque fois la comparaison qu'elle vient de faire. D'abord elle croit que cepour« roient bien être des Gorgones: — mais, voyant que ce parallèle n*est pas juste , elle veut les comparer aux Harpies^ Il est assez évident, pour le dire en passant, que nous manquons une ligne entre vs. 49 ai 50, car vs. 5Q se rapporte aux Harpies, vs. 49 aux Gorgones, et quant aux tfarpies gorgoniques (gorgonische Harpyen), dont parle M- Yoss, j'avoue que je n'en ai jamais entendu parler. Mais poursuivons. La comparaison avec les Harpies plait aussi peu à là Pythie que cel^e avec les Gorgones: x> Car **, dit-eUe, r» otsmxm^ . stres que je vois ici devant moi (les Euménides) ne sont pas ailés: **

(iwuy

Par conséquent les Harpies étoient ailées. . 11 est même assez proba* ble que le poète a parlé de ces ailes dans le vers qui manque. Wakefield a taché de remplir cette lacune par ces mots :

èâ^ 'JtçTTviaZOè' ràç yàç ifCTfÇMfikivaq* cf. Schûtz ad h« I.

M. Yoss sent lui-même toute la force de cet argument. La manière dont il tâche de se tirer d'affaire est en effet très singulière. Je donnerai ses propres paroles : » Die Flùgel der Harpyen aber , als ob nichf jeder sie kennte, glaubt sie (die Pythia) erst durch ein gesehenes Geroàhlde bescheinigen zu mussen." Et voila donc ce qui prouve qu'un peintre, et bien un peintre du temps d'Eschyle, fiit î'inventeur de ces Harpies ailées l Mais Phidias a bien pris la description d'Homère pour modèle de son Jupiter Olympien. Pourquoi un peintre contemporain d'Eschyle n'auroit-il pas pu imiter Hésiode? Enfin il n'y a qu'un seul endroit qui semble plaider pour l'opinion de M. Yoss, savoir cette expression d'Hésiode (ap. Schol. ApolL Rhod. IL 276.) *k tàç ny^àq fVQtxov, Mais il me semble que c'est justement r endroit en question , dans la Théogonie, qui nous apprend comment il faut expliquer le mot rçéxfi'y dansée fragment.

ASIlo* et Ooypète (la Tempête et Celle dont le vol est rapide) ('^*). Dans sa généalogie céleste elles sont, aveclris, les petitesrfilles de Nérée , fils de la Mer (^<^^). L'Aro-en-ciel. De tous les phénomènes oélestes il n'y en a peut-être aucun, qui ait dû plus attirer l'attention c[ue cet arc magnifique , paré du mélange le plus gracieux de toutes les couleurs , effet de la réfraction d'un jet de lumière dans les nuées encore imprégnées d'humidité , et qu'on remarque souvent dans les airs après les pluies et les orages. Il est très remarquable que ce phénomène , qui chez Hésiode est représenté , certainement par hasard , comme la- soeur des Orages ou Tempêtes ('^^) , fut regardé par les Grrecs , ainsi que par les Hébreux , comme un signe des intentions de la divinité. Mais la différence entre ces intentions mêmes nous donne la' juste mesure de la différence des idées religieuses des deux peuples. Chez les Hébreux Tarc-en-ciel est le gage ou le symbole des promesses quç Jéhova daigna faire aux mortels échappés au déluge qui avoit fait périr le reste du genre humain (' ^ ')• Chez les Grecs le même phénomène fut regardé comme un signe par lequel Jupiter annonçoit les guerres ou les orages (*^*); Chez les uns Tarc-en-ciel étoit un symbole de la bienveillance de Dieu , chez les autres de son courroux. Mais que les uns et les autres aient regardé Tarc-en-ciel comme un symbole des relations entre le ciel et la terre , cela me semble très facile à expliquer par la forme remar-

('**) ApoUodore (I. 9. 21.) les appelle Nicothoé ou Aëllopas et Ocythoé. Tzetzès (ad Lyc. 166.) ajoute encore Céléno. Voyez encore d'autres noms chez Hygin, fab. 14. p. 49. cf. p. 14.

(^^^) Th. 265 sq. ' ('^«>) Hes.Th.266. ('^i) Gen. IX. 13.

{'^») Hom. 11. P. 547.

Zfvq ii êçavé&ey , viçaç ffifitvap ^ TroXifioto ^ jctti j^ffr^âroç âva&alTffoq y oç ça re eçyviv

cf. II. ^. 26—28.

qaiMe de éo météore «- dont la courbe ky^ohe , pour ainsi dire, le dd , pendant que ses oôtés posent sur la terre , ce qui loe parolt. aussi.. ayoir éàJ^ la raison pourquoi If^s Grecs voyoienl dans rato^en-cie) personnifié la messagère Tenant anncMicer la rolonté de Jupiteraux hsdntants de la terre. ' ^

> Ce n-est pas qi^'on ne trouve encore plusieurs exeniplea de. l'acception de rarc-en-ciel comme phépomène phy« sique ('^^) 9 mais il ine paroit très vraisemblable que les peuides encore peu civilisés aient .cru vçir dans rafc-ei»ciel une sorte de voie par où l'on put Imonter dans l'espace , el que., ce phénomène une foi», personnifi.é , on prit le chemin pour la messajgfère. qui le paroouroit.

Homère , saisissant cette opinion populaire (car il ma pardt impossible de croire qu'il ait inventé tout cela lui* même) , n'a pas manqué d'en faire son profit pour sa poésie. Chez Hésiode Iris n'est désignée que par l'épithète de rapide; chez Homère cette .rapidité est comparée à celle du vent (* ^*) et de l'orage (* ^ *) t et elle y est facilitée par l'usage d'ailes dorées ('^^). Soumise aux vo-

('f 3) P. e. dans l'endroit cité plus haut, Hom. II. ^. 26 sq. , où ee phénomène est exprimé au pluriel; Xç^âtç.

C^î») II. B. 786. (»") fl- ^* *09- ;

(i''^) II. e. 398. ui. 186. cf. Hymn. Hom. IV. 314. En'y a ^ttt-être point d'exemple plus frappant de Tinfluence nuisible da préjugé que la manière dont M. Yos^^ explique cet épithète d^Iris , X^MToarr^çoç. Cesaràat, dontles Vues sont d'ailleurs si justes, ayant une fois résda fie ne voir nulle part des ailes dans la mythologie homérique, nous donne encore ici, pour l'interprétation de cet épî* thète si clair et si intelligible, diêgefliigeUeEilfertigkeUthre» Gangèê auf dên goldênsn Sohwungêolên» Hyth. Br. T. I. p. 143. Il est Trai qu'Iris se sert aussi de ses pieds, p. e. .11. -?• 167 , et dans les autMs endroits cités par M. Voss. Hais , si x^vconTéi^oq ne signifie pas aux ailêê d'or ou doré^» , Xtvumltvoi; ne pourra plus signifier aux ôrag blancs^ ni 9»Zo^/*<»<f ^ç > aimant à rire^ au rirt aimable^ et alors toutes les formes des dieux, décrites si clairement par Homère, se dissiperont comme la fumée, qu« nous aurons autant de peine à saisir qu'en eut Ulysse à embrasser l'onibre de sa qièrey dans l'empire dés morts.

lontés de Jupiter , tani pat wm âge que par la nature de ses fonetions, elle annonoè soi décrets non seulemeiil ^ aux hommes ('^'), mais aussi is^uât autres diirinitésCi^*). Elle rend lés mêmes' services à Juno|i(*^'). Elle prend soin de Venus , blessée par Diomède , la conduit hors de la mêlée , dételle ses chevaux et leur administre la nourri* ture('*^); et Mme elle ne dédaigne pas d'aller oemoàuniquer aux Yents le d^sir d'Achille (^®') ,- bienveillance qui cependant n'empéchoit paa qu'elle ne sentit tqute la dignité de son ministère , comme attachée spécialeknenl au service du père des dieux et des. homnfes('^^); Ho^ mère a fait ressortir ce sentiment ; Ibrsqu^il la représ«ite non seulement' annonçant à Junon et à Minerve les ordres de Jupiter, mais accompagnant aussi cette dâ^laration (au moins à Tégard de M&erve) de. quelques réflexions qui indiquent assez qu'elle *se sentit forte par râutorité de 6elui dont elle exéouteit la volonté('^^). • ' On sait que itfercure remplit souvent les mêmes fonctions. 'Quelques-uns! ont cm que , d'après Topinion 'des- an*» dens 'Grecs, Jupiter ne confioit aii ministère d'Iris que l'exécution des ordres de moindre importance (' f ^) ; d'autres qu'on croyoit qu'Iris annonçoit la volonté du souverain de l'Olympe au sujet des guerres qui avoient lieu sur la terre, et que Mercure le servoit plus particulièrement en temps de paix et dans toutes les autres affaires qui exigèoicnt 3on intervention y distinction par laquelle on a voulu expliquer qu'il est plus souvent fait mention d'Iris dans l'Iliade , tan*'

(ï?^) p. e. Hom. II. B. 786.

(*^«) p. e. II. 0. 398 sq. O. 158. («7») Hom* II. £. 168. ('^^j Hom. II. ï:. 353 sq. Dans le premier Hymne homérique elle sert aussi d'aatres ^léesscis , vs. 108 sq.

(i»»)-Hom.Il. ï'. 198sq.

(**^) Ce fut elle qui, comme nous Tavons vu ei-dessps, eherêhoit Peau du Siyx, pour servir d*éprenvedela bonne foi des dieux. Hes. Th. 784 sq.

(i«a) Hom. II. e. 413 sq. C^*) Sdiol. H. T. 4: .

ék que, dans rOdjasée, c*^ Uenmé qui fMi^lei^feM^ tioiiB de messager de Japiler C^)« <Je crois qae nous nous fHuiseroiis facilemeiil de rcme et de Tatilre de ces eiplîr cations, si nona réfléchissoos qu'il ^Ufit nalarelqaljris^ comme olget physique et par conséquent plus aneieoiiô* ment comme et révérée des Creos , iîift la premiète dÎTÎailé qu'on représeotoit de la sorte , et que , les dieux pre^ prement dits , d'origine plus récente ^ ayant pris la plaea des . amliennes Trinités (événement dont rbisloire de* k civilisation idigiease des Grecs nous fbumm phisieus antres exeinples) , le messager que les Greos avojenft attaché à ces dieux^ à Texemple de ^œ qui se praticpaoil dans la cour deleurs rois , fitiOuUîer aussi iasensiMemtuI là déesse qui jusqu'«l<Hrs avoit élé diaigéa de prDmulgnflt les ordres du fils de Satumeiir

- Iris , quoique certainement non moins aimaUe que rAurore, pardt cqpendant avoir été lro|R occupée de ses impartants devoirs pour, jmocomhev nnx.lciiiatMms.d'mie passioa d'ailleurs ai natur^e à son saxe^ cu^ disfiis plntitt , lés .Gfeca né paraissent pas avmr été tentés delà altrifanar.une si grande tendresse an de jrapperter à ella Torigine de leurs héros (' *^).

Aussi n*ai<je trouvé nulle pari tfindieation d'un erfle particuliar^ consacré it Iris* Ilie praad pari , ilest vmi ^ eu. festin pe^ré pour les dieux iaunortsb par les Élki* epiens('?') , ihàis je ne crois pas que cette seule ind>» cation puisse en être all^^uée comme preuve. Lft ifaH et'ics Nous .venons de voir que les Grecs éloient J^'l^'jo^. ^^^ P^^ disposés k honorer ces olgets et ces

phénomènes physiques <|iii les Crappoient par

(»•«) SchoL Oi E. 29.

(xstf j L'amear , fils de Zéfikjf et d*Irii est une fiction plas té^ ccnte. EnsUtL ad U. p. 29^. L 20. et p. 421. L 40.

('^^) Hom. II. 9f. 205 sq.

leur beàiktë ou par les aTanfagés. ^Mh en retiiroien| que ceux dont ils devoîent oraindre les effets nuisibles pour eux» méoies ou pow^ leisl objets qui lés eatourmnt. Néanmoins ils ne nëgligeoient pas entièrement ces derniers , comme nous l'avons pu' remarquer paiement, par Tekemple de Typhon et des Harpies. Or , lorsqnils regardaient com^ me des Atres intelligents et actifs lès orage? et les tempe* tes , aussi bien que les vents qui rafraîchissent Tatmosphère et fàcilitoient leurs courses sur les mers et les fleuves , ib a.'ët6ient donc pas inconséquents , si , en àdérant Tastre du jour ei en honorant d'une .vénération particulière la i»re* mière apparition de sa lumière, ils ne furent pas insensi* Mes. pour cette horreur naturelle dont Tabsenoe de toute faumère et : le sâence ide la nuit rempliss(mt ordinairement les coeurs foibles et superstitieux^ .'Je doute cependant que la piaoeque le» Ténèbres éûbupent dan^ la TMogonie dHésiède leur ait été assignée d'à? firès les opinvci(ns:du vulgaire. Le poète parle ici en {diilo^ «ophe de cette obscurité '^prmntive qui couvtoitirunivera^» avimt rexistence du monde et avanf la première iappalrîtidn de là lumière qui remplit la créatiouid» vie et de fécondité. Chez luiÉrébus, nom qui signffie d'ailleurs ordihairèment rdbscuriié de rempare des morts (' ^ ^) , et la: Nuit doivent lear origine iinmâlîajtemeiiii au Clmôs ,. et donnent ensemble (Érébusi odnsidéré comme prihcipe mâle ou actif , et la Nhit comme. principe féminin ou passif) ila.vie STÉther' et au Jour (* ®^). ♦.'» I "î '" • V • •' ' ) »■ , :.. .

cqu'on se représentât ia< Nuit^moime une divinité

.j ; . (f«.8) p. e. Hom. II. a36a. ,

p89j 'Hes. ïh. 123' sq! Nous nous sommés déjà oecupés du Jour^ lorsque nous avons parlé de T Aurore. L'Ëther n*a pas été personnifié. Chez Homère c'estrair de^ hautes Hurlons, au-dessus de Patmospfeére. p. e. II. S» 258< Il est soaVedt invoqué parles personnages dans les tragédies, mais '^plutôt comme dbj et physique iqne comme divinité.

grave et d*m Age avaneé , oela me parolt aussi naturel que de Yok daas l'Aurore une déesse rayonnante de jeunesse et de beauté. Homère « dont les fictions sonl bien plus marquées au coin de rimagination du peuple que œlks d'Hësi<* ode y nous en fournit la preuve, lorsqu'il raccmip. cpi'un jour Jupiter étant entré dans tin si violent accès, de eol&re contre son fils , le Sommeil , que riei^ ne sembloit devoir Tapaiser, ne lui pardonna que par i^spect pour la Nuit C^). Aussi là Nuit , comme la. Terre , fut-dlç regardée omune unlB déesse dont la sagesse pénétrqit iems Tavenir* Pausanias rappotte. qu'elle avoit un oracle; à Mégare ('^') ; et il pa-. roit assez probable qu'au moins ropinio^ j^'eUe pouvoit. prédire Tavenif fut presque aussi andenne que la personni->

fiofttipn de la déesse^

En général les différentes manières dont les poètes par* leqtrde la Nuit nous offirent encore les exemples, les., plus firaj^nts des différentes nuances des idées populaires à èon

égard.

Le même pbénéjnèt^e qui , pevsomiifié-, devient une vieil* le et sage déesse , est entièrement considéré eomme une portion du temps i lorsque , pour motiver la nécessité d'observer en tout temps certaines règles de décence doàt il parle , soit pendant le jour soit pendant la nuit, Hésiode ^ ajoute : « Car Içs njuits. viennent aussi des dieux "('^*),

Encore une fois , lorsque le: même poète refurésente la Nuit quittant journellement, avec le Sommeil, sa demeure couverte de sombres nuages et[située.dans. le. voisinage du tartare , pour remplacer le Jour , qui alors , revenant de sa course accoutumée , rentre par le chemin d'airain dans l'Kabitalion commune C^*) , nous ne voyons dan"» cette description qu'une allégorie poétique de l'échange journalier de la lumière et de robscurité* ...

('»^) Hom. II. S. 256—261. ' (»*») Paus. I. 40. 5^ C^*) Hes. Op. 730. {^^^) Hes. Th. 744—756.

Enfio^ lorsque la -vénérable dëesse est oiiaiigë(> Umt-ft^ emtp en ua élre inalfaisant et nnisible (' ^^) , source dé tou» les ttalbeurs qui infestent le genre bumaîn , on conçoit ai^ sëtnent que cette manière do I» rej^rësenter doit «on origine^ à rttorrêur qu'inspirent robscuritë et lé silence' de la nuit.- O^est sous ce dernier rapport que la Nuit a étë reprësehlëet. cotunKs la source du mal moral, tandis que Typhon fut Tav-: tèuf 'du m A physiqinr. Au moins suiTant Hésiode la Nuit produisit la Mort , ïa Déesse de la mort (Ker), la Bérisioi». (Homus) , le Malheur , la Fraudé , la Vieillesse , la Dis^ corde , soui'ce nouvelle et léconde d'une infinité de maux«' Encore elle'ftft la mère du Destin , des Parques (Moires) ci de l'Indignàtiofi divine (Kémésis) , qui , quoique nullement malfaisantes de leur nature, sont néanmoins souvent ^bs causes de «isAhèurs (*^^).

'Hais aussi ; quoique nous oroyioBs voir quelque régularité dans ces fictions, soyons toujours en garde de vouloir trop expliquer, d*après le système que nous avons cru en^ treveir. Car les motifs qu'on a suivi dansTénumération des êtres produits par la Nuit , paroissent avcir été aussi variés que oeux^qui ont réglé les qualités qu'on lui attribuoit k èlle-onéme ^ et souvent il est aussi difficile àk découvrir les uns que les autres. ^ . ::

Nous venons de voir que plusieurs des êtres qu'on croyoit issus de 1($ Nm't doivent leur e^isteoee à l'horreur qu'elle deveit' inspirer. Personne ne s'avisera , sans- doute , de ranger parmi 'oe nombre le Sommdl ou les plaisirs do Ta-^ mour (' ^^) , et cependant il n'y a rien de si naturel que de

('^^] C*est jusque dans la descriptisii 4ont nous tenons de psqr« 1er qu^elle est appelée yif^ oXoij* Hcs. Th. 757.

(^^») Hes. Thw)g. 211—225.

(**^) 0a6z^q^ cf. Clericus ad h. !• Je crois que je puis jastifier ma tradaeftion par Texpre^ion connue f/kiayëa&ok ^hloTfixh ttai •éif'B. cf. U.S. 198., où Junon adresse k Vénus les parole suivantes:

les regarder comme des.eniianto de la NuiU Mais que diri^ ons nous, si parmi.ces en&nts nous rencontrions lesHespërides? Est ce le rapport entre Toccident et les tendres qui a déterminé les inventeurs de cette fiction à leur donner cette place dans la théogonie? Nous n'en savons rien ; et il est très possible que , si nous le savions , nous reconnussions qu'ici V comme dans plusieurs autres cas, nous avons voulu entendre finesse à une chose trop simple pour qu'elle doive nous arrêter un moment.

Le Sommeil et De tous ces étres il n'y en a que deux,' savoir

le Sommeil et la Mort, auxquels nous pouvons assigner une place parmi les personnifications de phénomènes physiques. La fiction de ces deux êtres comme frè<» res et fils de la Nuit est si naturelle que personne n'exigera sans doute que nous indiquions la filiation des idées qui ont donné lieu à cette fiction. Ghes Hésiode ils demeurent dans le voisinage de leur mère et du tartare ; le premier est l'ami des humains , l'autre a un coeur de fer et est même bai des dieux immortels (' ^ ') • Chez Homère , le Sommeil h»* bite l'ile de Lemnos ; au moins Junon va l'y trouver (' ^ *). Elle l'appdle le roi de tous les dieux et de tous les hommes , pour autant qu'il exerce son influence également sur

jiûç v^v /fto* f»îl^Ti;Ta uaï Vf^f^ov, «t« ûv sfdvraç

La ceinture de cette déesse contenoit t^jv f^ioT^Ya, voir */»#^*t «t

Tijfy Trdç^aanf f ^'t' IIkX*^€ *6oy trifun ntq y^ovforTtnr , ce qui

convient assez bien avec Vdnd^fi d*Hésiode. £n tout cas , il est bien certaia que ^kXàxffi ne peut pas signifier amieilia^ comme le rend Hjgin.

(<^0 Hes. Th. 212, 756—766. Cbes Homère ils sont jumeau, 11. iT. 672.

C*) Hom. U. X 230 sq. Le scholiaste (ad h. 1.) nous apprend que le Sommeil résidoit ordinairement à Lemnos parceque sa douce amie , Pasithée , y séjoumoit chei sa soeur , la femme de Yulcain. U parle encore de l'opinion de ceux qui croient qu*on avoit placé le Sommeil dans cette âe , parcequ*elle produit beaucoup de vin. Suivant Texplication, mentionnée par Eustathe (ad H. p. 970. 1. 30.) , ce dieu étoit venu à Lemnos pour adoucir les maux de Philoctète. On n*a qn*à choisir , comme Ton voit.

les uns et sar les autres (' ^^). Car il n'est pas seulemeat scrupuleux de se servir de cette influence à l'égard de Jupiter , sans son ordre exiH*ès (inconséquence naturelle de» notions imparfaites de la nature de la divinité)(^^^) , mais il est mémo soumis aux ordres d'Apollon , aussi bien que son frère (^^'). Au reste , nous n'irons certainement pa» ob^rcher un système cohérent et bien ordonné dans 009 charmantes fictions. Il nous suffit de Toir ce que les opinions populaires (car ce sont elles sans doute qu'Homère suivit dans ses poëmeç) permettoient aux poêles. Le Sommeil surtout rentre en tout dans le rang des dieux proprement dits, lorsque nous le voyons amoureux d'une des Grâces (*®*), et lorsque Juiion cherche à le corrompre par l'offre d^un beau siège et d'une escabelle pour s'en servir lorsqu'il sera à table (***^) , etc. Et cependant, bien que la suite doive nous fournir les exemples d'images tant de la Nuit que ie ses deux fils , nous ne trouvons pas qu'on leur ait jamais rendu de- culte, hormis, quant à laMuit, dans les lieux où elle rendoit des oracles (^^^). Xa iJéunetae. Mais ,' si les Grecs personnifioicnt le Sommeil, la Mort, la Vieillesse (^^^) , il n'est certaine-

('^^J Hom. II. S. 233. (*«^) Hom. II. S. 243 sq.

(^^') >Hom. 11. H* 671. C*est le passage justement admiré par tous les lecteurs de ce grand poète , où ApoUon ordonne k la Mort et au Sommeil de transpoi'ter le corps de Sarpédon dans son palais , en Lycie.

(^«a) Hom. 11. S. 267 sq. Si Ton a enyie de savoir pourquoi le Sommeil aime Tune des Grâces , on peut consulter le scholiaste, ad h. 1. cf. ad vs. 276;

(*«»«) Hom. II. ^, 238 sq.

('^^) Eustaihe, en parlant d'un endroit d*Ésclijle, où il est dit ^ue la Mort n'est adorée nulle part , remarque que quelques voyageurs ont rapporté que ce dieu avoit un autel à Gades. ad U.p. 641. in.

(205) ' Jfous n'aTons pas cru nécessaire de nous occuper spécialement de personnifications comme la Vieillesse, la Faim, les Douleurs {Th. 227.) et d'autres de ce genre. Ce ne sont apparemment que des fictions du poète. Il oppose la Faim à Cérès, qui nous donne les moyens de l'éviter. Hes. Op. 299 , 302. Il faut travailler, afin

ment pas étonnant qu'ils aceordassent le même honneur à la Jeunesse. Par tout ce que nous avons déjà remarqué à l'égard de la gaité et de la yivacité naturelles des Grecs, on peut s'attendre à ce qu'ils auront traité ce sujet avec une certaine prédilection , et la lecture des poètes confirme pleinement cette opinion. En effet , ce peuple aimable pouYoit s'arrêter un moment aux descriptions hi- ' denses d'un Typhon ou de quelque autre monstre , et même son imagination en rehaussoit les couleurs , mais il en rQXsnoit bientôt à l'Aurore aux doigts de rose , à la brillante Iris <ou à l'aimable fille de Jupiter et de Junon qui, dans les banquets de l'Olympe, offroit aux dieux bien- ' heureux le breuvage délicieux , source perpétuelle de vie et de santé (^^^) » qpi prend soin de Mars, après sa guérison de la blessure qu'il avoit reçue (^^^)y qui, à l'exemple des princesses grecques , offre à sa mère son aide pour atteler son char(^®^), et dont l'amour devient la plus douce récompense d'un dçs plus grands bienfaiteurs du genre' humain , après que son père , le puissant Jupiter , lui eut assigné une place parmi les habitants de l'Olympe (*^^V

que la Faim nous haïsse et que Cérès nons aime. La Faim accompagne le paresseux, cf. ib. 243.

(ao^j Hom. II. ^. init. C**»^) Hom. II. E. 905 sq.

("«) Hom. D. ^. 722 sq.

(ao^) Hom. Od. ^. 601 s({. Hes, Theog. '950—955: Si l'on veut chercher des allusions dans Hésiode, en voilà une, mais elle n*est pas si subtile, il est vrai, que celle que M. M. Creuzer et Hermann ont cru apercevoir dans les anciens poètes. £n parlant d'Hercule, uni à laJeunesse, iMit: Maiei, àTt'ifiavToç xai 'ArHPAOS iji^ara Ttdvva* Apollodore a saisi cette idée et Ta amplifiée, en donnant pour fils à Hercule et à Hébé Alexiarès et Anicétes. II. 7. 7. Selon Fausanias (II. 13. 3. ) Olen avoit déjà parié d'Hébé com^ me d une fille de Jupiter et de Junon. Mais pourroit-on s'imaginer que cette personnification si pure et si simple 'eût dû subir une nouvelle sublimation dans le laboratoire des allégoristes. £t cependant, voilà Eustathe (ad II. p, 331. 1. 10.) qui nous jqpprend que les dieux sont les étoiles et Hébé l'évaporation aqueuse qui les nourrit', d'après l'opinion des anciens.

Nous yerréns dans la suite que œtle déesse aimable fut adorëe par les Grecs. Mais l'origine de oe culte nous étant inconnue , nous ne savons pas s'il faut le rapporter à l'époque qui fait le sujet de nos recherches actuelles , paroeque dans cette époque même nous n'en trouvons encore aucune trace.

Réflexion* f ar u y a bien encore dans la Théogonie quelques

les autres per- ^ .^ • * *» • j

•olinîficationt autres étrcs qui pourroient être pns pour des d'objeu et de personnifications d'objets physiques , comme physiques, que les Cydopes , les Centimanes etoi" mais, quelques au- QQ|Q||||g \Qg poètes ne les annoncent pas comme

leurs ont cru '^ '^

aToir trouTées telles , et comme nous ne voulons pas aller gonL * au-delà de ce que nous pouvons savoir par le

témoignage formel des monuments antiques , ni ne désirons en aucune manière suivre la méthode de ces savants qui veulent tout expliquer cdlégoriquement , c'est à dire autrement que la signification simple et précise du texte qu'on a devant les yeux , nous ne dirons rien ici de ces êtres , puisque nous ne savons pas s'ils appartiennent à cette première classe des divinités grecques , oui ou non. Bien moins assignerons-nous ici une place aux personnages que nous sommes assurésn'avoir jamais été des personnifications de quelque objet ou phénomène physique. Encore une fois , ne nous désolons pas de notre ignorance , mais avouons la , plutôt que de nous rendre ridicules par des hypothèses qui ne prouvent tout au plus que' l'esprit de celui qui les a inventées , mais qui ne contribuent absolument en rien à étendre nos connoissances. Parceque nous savons que l'Océan est le fleuve qui enveloppe la terre , faut-il se creuser la tête pour savoir qui est Téthys , son épo'use ? Parcequ'Uranus signifie le ciel , est-il pour« cela nécessaire que ses fils , les Titans , Céus et Gréîus et Japétus , signifient aussi quelque chose ? Si Pontus est la Mer, que sera donc son fils Nérée? Voyez 9 par exemple , les noms des Iféréides , ses filles.

U y en a , il ^st yrai « qui indiquent leurs TafipoiiB ayve la met et la navigation (^'^) ; quelquefois le poêle a pris lut'ménie la peine de tes expliquer (^''): mais savons* nous pour cela si ces Néréides furent des phénomènes physiques ou des génies auxquels on attribuoit l'existence de ces phénomènes ?' Encore: nous en trouvons plusieur» qui semblent indiquer des qualités morales (^'^) , d'au-^ très qui rentrent entièrement dans Tordre des divinité» personnelles (^ ^ ^ ) . Une troisième partie parolt appar^nir plutôt aux Nymphes terrestres qu'aux filles d'un dieu marin (^ ' ^). Enfin il y en a dont les noms semblent absolument inventés à loisir, pour remplir le cadre (^' ^). Nous pourri<His faire les mêmes réflexions sun les Océanides(^'^), mais je crois que ôelles que nous venons de faire parottront suffisantes , surtout lorsque l'on considère qu'il est plus que probable que la plus grande quantité de ces noms sont entièrement de l'invention du poète. —« Pourquoi Mnémosyne', personnification morale , est-elle placée parmi les Titans ? Pourquoi la Victoire et l'Emulatron sont-elles enfants duStyx(^'^)? Soyons sincères.

Hes. Th. 244 sq.

'Péta Ttqtivvet.. — Hes. Th. 252 »q. ' •

(a") P.e. i:*<f»çi7(vs. 244.), -i«0A*^«f«a(vs.257.), e</i»ç<»,

{*»») P. e. Thétis (Ts. 244.) , Amphitrita (ts. 254.). (^^^) P. c. MtXiT^ (ts. 246.) , E^éçyfj (TS. 259.), (2z5j p. e« llçèTW, qu'on retrouTe encore une fois, ts. 243, 248» '^tff^ (ts. 246.) , J^aré (t8. 248.). Si mes lecteurs ont un moment de loisir , j'ose leur promettre quelque amusement de Texplication de tous ces noms , dans le traité de M.Eissaer , sur la Théogonief d'Hésiode.

.<"nHe8.Th. 349sq.

'(^<^) Hes. Th. 383 sq. M. Hermann n'y trouTe aucune difficulté. Stjx est Rigua et signifie canereltLêfrigore in oriê horealibuê nquat^ c'est à dire la glace, au pôle arctique ; ZijXoq est oêmulaH»,

Nous ne pouvons pas tout aBLYoir ,. et , pour peu qu'on yeuille convenir avec' nous des bornes de nos^eonnoissances positives en cette matière , nous laissons volontiers aux beaux esprits le plaiiair d'exploiter le reste par leurs^ conjectures. Pour ce qui nous regarde» nous nous contenterons d'indiquer ces bornes et d'avertir nos lecteurs du moment où ils entrent sur le dotnaine des fictions et des hypothèses (**«)• pe rorigioe des £t , si uous demandons maintenant quelle

idées des Grecs « «

à l'égard des & ^^ l'origine des idées des Grecs à l'égard persoiinifîcati- ([es personnifications dont nous venons de

ons et du culte .

des objets phy« parler dans ce chapitre , je no crois pas qup siques. 1^ réponse à cette question nous paroisse ex-

trêmement difficile. Les Grecs ont personnifié et adoré les objets. qui les entoùroient^ comme Tout fait la plupart dès nations de Tantiquité. Si nous trouvons dope les mêmes idées et le même culte chc^z ces nations , fussent-elles toutes beaucoup j^us anciennes que les Grecs , il n'y aura aucune raison de croire que ceux-ci leur aient emprunté ce qu'ils pouvoient facilement imaginer eux-méme», pour peu qu'ils voulussent regarder autour d'eux.

quod alluentet glaciem undae ipsae quoquê congçîaniur , Nl*ri , Victoria^ quod victae frigore étant y Kqàvoqy robur, aduritiej Biri, vis y quod frangunt quidquid in ^as UUditur vét in quoi ipsae feruntur, Opasc. T. III. p. 184 fin. 185 in. On voit bien qu'il nous faut d'autres dictionnaires que ceux dont nous nous sommes serris jusqu'à présent. Mais qu'en avons nous besoin ! Que chacun explique les mots à sa manière, et nous lirons les auteurs anciens ayec d'autant plus de plaisir qu'ils devront toutes leurs beautés à notre imagination et que nous se^-ons convaincus queper-. sonne ne les comprendra aussi bien que nous.

(*i«) Le traité de M. Hermann, de mythologîa Graecoruid antiquissima , en est plein. Il n'y a nom si barbare qui l'arrête. Il sait tout. Il traduit tout. Mais , de bonne foi , M. Hermann nous sauroit-il ^ré , si nous fondions nos recherches sur les idées religieuses des Grecs sur se& explications ? £n effet y nous serions bien attrapés , si après coup -il nous disoit que nous n'avons été que des ba-r dauds qui n'entendent pas la raillerie.

- Le culte «le la nature , ou , bommé l'on est convenu de VàppcleT^ le sabëism^ , fut, pour ainsi dire, le culte de tous les peuples andens. Nous l'avons trouva Ghe% leÉ Égyptiens (*'^); nous le trouvons chezlesfethiopicn8(****), chez les Perses (***), chez les Ghaldéens (***)•, ohe* les Phéniciens (** 3) et leurs colonistes, les Carthaginois (^^^)» chez les €oli^es(^^^) et plusieors autres; Les Nomades de l'Afrique adoroient le soleil et la lune (^^^), les Has^ sagètes le scteil (^^^) ; les Albaniens la lane (^^^)^.. Les Perses avoient pour les fleuves le même respect qu'Hësiode recommande à. son frère (^^^). Toutes ces nations ont pu

(3z^) Gedaekten orer de godsd.en zed. beseh. der Egjpt.; p. 93 sq. . (***') D;od. Sic. T. I.p. p9.

(221) Herod. L 131. Dans le Zend-Avesta toutes les productions', tous les^ phénomènes de la nature sont invoqués , jusqu'aux racines des arhres. ef. Strab. p» 1064 'fin. et Brisson. dere^. Fers. p. 339 sq. Hjde, dans son ouvrage de religione Persarum , a tâché de démontrer que cette nation ne regardoit pas les éléments conime des divinités , mais seidement comme les effets de la puissance divine. Hist. relig. vett. Fers, p, 22 » 137» 138.; vojeza regard du soleil , cap. 4.

(^^^) cf. Selden, de bis Syr. p. 32l.

C^»») Euseb. Praep. Etaang. I. 6. in. 9. p. i7, 28. D'après Se}den >(de Dis Syr.. p.' 324.) les Syriens. adoroient le soleil sous la nom d'Amanus , la lune sous celle d'Anaïtis.

{«»«<) Polyb. VII. 9. (*'*) Schol. ApoU. Rhoi III. 20?. '

("^) Herod. IV. 188. . !. . (»«î^) Herod. I. 212. cL 216. SU-ab. p. 780. a

(f^^) Strab. p. 768. B. Selden a trouvé des traces du culte du soleil dans l'idolâtrie des Ifi(raélitéâ , de Dis Syr. p. '324.

(**') Herod. I. 138. 'Eç TfOTat^by ai Stc iyuqioOk , ëT( if*"

çïïTiitat* Mais il ajoute:. « /««^aç ivano^i^ovta^ ^ ce que les Grecs faisoient justement pour honorer les fleuves , comme nous voyons chez Hésiode, d. Strab. p.. 1066. B* Hérodote nous fournit un exemple d*uii sacrifice offert à une rivière, VII. 113. Remarquons encore qu*il n'y a peut-êtr^ qu'un peuple qui fi^^ exception à la règle générale. Ce sont les Atarante?, en Afrique (Herod. IV. 184.)^

qui poursttivoient le soleil de leurs exécrations, parceqja'ilsneppuvoient souffrir l'ardeur de ses rayons , dans leurs déserts ouverts et dépourvus de toute végétation. Diodore l'attribue aux Ethiopiens (T. I. p. 179,) ; mais c'est une dénomination qui a souvent un sens

très étendu.

«doner . les parties de ruoiven et les phéncfiaèiiet de la naiiure,, dans qu'il ttki besoin qae Fixoe apprit ce oul^dé Tautre. Je ne crois pas ipi'on refusela roème justice aux Grecs , à moins qu'on ne veuille pt^lendre qUe les Grecs, ^tant asiatiques d'origine , aient apporte dans leur pays les '^idiées <|u'ils aToient déjà dans les contrées d'où ils sortirent. Mais pour cela JS faudroit prouver auparavant que nous connoissons ces contrées et qu'il est bien sur que les premiers habitants de la Grèce soient venus immédiatement de rAsici > ce qui , comme nous l'ayons vu dans le oommenoement de cet ouvrage, n'eat rian mcnns queidé* montré (**^).

Spécialement Hais il j a cependant des auteurs qui ont rOcéan^ ^^^ ^^^^ ^^^ traces manifestes d'une imitation

des traditions et du culte de l'Êgyptè et de l'Orient dans celles dé la Grèce. C'est ainsi qu'ils se sont persuadés que l'Océan , qu'Homère appelle le père des dieu;c (^ ^ ' ) » ne soit autre chose que le Nil , paroeque les Égyptiens , dans la ferveur de leur reconnoissance pour les avantages qu'ils retiroient de ce^fleuve miraculeux , le regardoient aussi bien comme l'auteur du genre humain que de jriusieurs de leurs divinités (^^ ^) , ce qui fit que les Romains appeloient le Nil le Jupiter de l'Egypte , parceque les Égyptiens eux-mêmes le désignoient souvent par le nom de l.a. divinité qui, dans leur mythologie, tenottleméme rang que Jupiter dans celle de Rome , savoir Cneph-Àm-

|B9oj Toute la peine que se donnent quelques 'auteurs pour démontrer qu'Europe est la lune (p. e. Hoeck, Creta, et Bôttiger, Sunstmjth* p. 309 sq.) ne peut détruira la vérité d^un &(it histori-*

que eette mnie pourroit être beaucoup plus récente qu' l'a cru jusqu*ici. (Voyez, à ce sujet, Mûller, Ordwmeniar.) (*»») Hom. II. S. 302.

(' ^ *) Vofii les auteurs lôtés dans mon onyrage sur TËgypts » p.

mon (?^')* Enfia , par le secours de leurs eHëgoriques ^ ces auteurs croient avoir déoouTert , dans la manière, ddnt. lés anciens poètes de la. Grèce parlent de rOoéan, ropinion assez connue de quelques philosophes sur l'eau comme principe de l'univers (***).

Mais d'abord > quelle reasemUance y a-t-il «Atre ua fleuve qui coule autour de là (erre et le Nil , qui de toutes les rivières connues 's'ëcarle le. moins de la ligne droite? Ensuite , pourquoi les Grecs ne pouvoient-ils pas donner h l'Ocëan le*nom de père des dieux aussi bien qu'à Jupiler, et pourquoi Jupiter , lorsqu'on lui donne ce titre , n^indiqueroit^ilv pas aussi bien un système philosophique que 1^'Oceao ? Enfin , qui nous assurera que les idées des Greesi à l'égard de leur Océan, ne fussent pas depuis longtemps formées avant qu'ils eussent jamais entendu parler du fleuve de l'Afrique? Mais nous pouvons aisément nous épargner la peine de répondre à ces questions et. à plusieurs autres qu'on pourroit faire à ce sujet , pour peu que nous considérions que l'explication allégorique qui fait d'Homère un disciple* de Thaïes est une invention moderne, Comparée à ITliade , et qu'il y a autant d'apparence que les anciens Égyptiens aientjamais entendu parler de cette Océana ou Ocelma dont parle Diodore que de tontes les autres fadaises des scholîastes grecs.

▲ Typhon. Qe qu'on dit de Typhon parolt avoir un peu {dus de sens. Le Typhon des Égyptiens, comme celui des Grecs,

(^*3) ChampollioD, Panih. Égypi. Livr. Y. pi. 3 ter. cf . lets overChampoUion, p. 32, 33.

^394j Q*^( entr*aiitres Topinion de M. Hermann, Handb. der MftlioL T. I. p. 37 Bot. fin. Il appelle ce système: »eineHjpo» thèse eines mythischen Weisen, aber ans der morgenlandiselHae* gyptischen Philo80{iliie entlehnt.** 11 se fonde probablement sur le passage de Diodore (T. L p. 16.) où cet auteur dit que les Égyptiens prétendoient que les anciens philosophes avoieat nouuné le principe de Phumidité Oeéana^ et qne ce n'étoit autre chose que le Nil. On peut comparer le savant Wessding, pour les différentes leçons de ce passage, cf. p. 22 fin.

ëtoitune diTinitémalfateaDle, en gueireaveclefi autres dietnl^ et l'auteur de plusieurs maux dans le monde physique (* ^ ^]f. Cependant iL y a d'abord une grande difficulté par rap^ port au nom de oët être malin. Le nom Typhon n'est propre qu'à la personnification grecque et la désigne parfiait- 1]ement(^^^), et 'les Grecs n'ont donné leméaië nom au dieu de IHÈgypte, qui b'appeioil «Se^A, •J9a%«oU'«$my(^^')v que paroequ'ils ont ôru* trouTer quelque conformité entre

hii et leur Ouragan. - ♦

. Mais la diffiârence entre, les deux Typhons ne consiste pas seulement dans les noms , et d'ailleurp il est très probable 4|iie les récits des vuteurs grecs concernant le Ty^phon égyptien soient, pour la plupart inventés en Grèce,

("5) (Jedachteû etc., p. m— 182.

jaitfj Tvfpèfy , Tvtpàx y ^vvipiûtifç est dériré du yerbe r^çfti , qui désigne proprement Vexhalaisên de la matière comètutihh^ un moment avant la cùifflagratian (^ ix t^ c àvad-vf*kd(f€as evargoçy nç6 TÔ ànitvQw^ijvay* Etym. M, in T.), dont dérive le Ycrbe actif 'Ti'Ç'oo» , f excite de Itbfuméé^ en sens impi'opre, flnnfire de Vor^ gueil à quelque un» Ces d<^¥ signi&catioiis dû rerb^ actif se retrouyent dans les substantifs tvtpàçeirvqibç, dont le premier signifia ijn vent violent et brûlant ^ Vamire Tory àeil. Voyez encore Suidas et Hesycfaius in 'y. et le dictionnaire de Schaeider. Je ne croisi pM , avec le sàvaiit Scheidiiis (in J. D. yaa Lemlep , Etymol. in y.) i que vifipta ait jamais signifié la même chose que vvTrm, Sophocle a le substantif, iiitig.415sq., et le rerbe, dans un autre endroit de la' inéme tragédie (ts. 995 sq.)» qui confirme très bien la signification que lui assignent les grammairiens ;

''Hg>akço<; on iXafisrt'v'f àXX* ànï cnàâm Kàr%tq>^ xàytçtTVê»

(^'^) Voyez, à regard de ces noms, Jablonski, Panth. .^IgypL Lib. V* cap. 2. § 23 — 25. Ce savant a essayé de démontrer que le nom Typhon: est aussi bien égyptien que les autres ,. question dont je laisse- volontiers la solution aur Orientalistes , mais qui ne me regardé en aucone manière. Typhon^ fut ce cent fois un mot égyptien, n'en est pas moins un mot grec et d*origine entièrement grecque. Qa'Bérodote lui donne ce nom ne prouve rien, car il donne des. noms grecs à plusieurs autres divinités égyptiennes ; il y en a même dont les titres.égyptiens n*ont été découverts que très récemment.

ou an moiiis rendus mëooimoitsableB par de firëquentes additions.

Le savant Jablonski a expose l'on et Tautre de ces ar« giunenls avec tant de dartë et d'érudition que je crois ne pouvoir mieux faire que de répéter ici le résultat de ses Tcchcrohes (f* •).

Chez les Grecs Typhon est le fils de la Tecre pu de Junon , et son existence est Teffet de la colère de l'une ou dte l'autre de ces déesses. Chez les Égyptiens il est le fils de Saturne (Sovk) et de Rhéa (Netphé) (*»^) et frère d'Osiris , Isis , Aruéris et Nephkhys. Le Typhon des Qrecs fait' la guerre à Jupiter , qui , vaincu d'abord , parvient enfin à le vaincre à son tour. Le Typhon des Egyptiens nie se rend pas seulement maître de la personne d'Osiris , mais il le coupe encore en morceaux \ et il n'est vaincu lui*méme que par le fils de ce dieu, Homs. Chez les Grecs Typhon est un monstre énorme à cent tètes* etc. ; chez les Égyptiens il est un homme de couleur rousse , et (nou3 «goûtons ceci aux réflexràns de Jablonski), suivant les monuments découverts en Egypte , de la forme d'un nain, d'un porc ou d'un hippopotame (^^^). Ajoutons encore qu'il est certain que le Typhon des Grecs est un vent violent ou un ouragan , tandis qu'on ne sait pas si le Typhon des Égyptiens ftA la mer , le principe de la sécheresse , le soleil ou l'ombre de la lune (***).

Comme exemples de la manière dont les Grecs augmentèrent et amplifièrent les traditions ^;yptiennes , le même auteur dte les récits de la métamorphose des dieux, lorsqu'ils voulurent se soustraire aux poursuites de Typhon ,

(«»«) Panth. ^gypt. Lib. V. e. 2. § i-8. (^'^) Champollion a démontré qae c^est à tort que quelques auteurs l'ont appelé fils de Jupiter (Ammon) et de Junon (Saté). Voyez lets over Ghampollion, p. 139, 140.

(^^«"j Gedaditen etc. , p. 181 , 182.

(»*») Ib. p. 177—179.

qu'on trouve chez ApoDodore et Ântoninus Liberalis (^^*). On peut faire la même remarque sur la dëtermiiMtîoii de la scène du combat entre -Typhon et Jupiter (^^'). Fable déUmu- La fable de la mutilation du ctel me pa* * roit avoir assez de ressemblance avec cdle de la mutilation d^Osiris pour donner qudque droit de Tnroire que les Grecs aient emprunté eclte histoire aux habitants de la vallée du Nil (^^^). Remarquons toutefois que la différence entre ces deux faUes est toujours assez grande pour justifier les doutes qu'on voudroit âever à cet égard , et qu'elle prouVe.au moins que les Grecs n'ont pas appris cette fable par rinstmction immédiate des prétces égyptiens. Chez les Grecs. cet attentat est (dujtôt une peine ou une vengeance;; chez les. Egyptiens c'est un crime*r £n Égyj[)te cette fable fut l'origine du culte des: phalles ; en <xrëce elle n'a jamais donné lieu à un parefl culte , et dans lliistoire dés dieux phaU^phores.des Giecs, Bacchus, Pria][)e , Mercure , «m ne trouve nulle part, de semblables contes (*♦*).

(.^^) Voyez tés auteurs cités par Jablonski, I^smth. Sj^i ¥. 2. § 6. On poaéroit y ajouter Plut. de. Is. çt Qfflir» p« 493 (T. VU. éd. Reisk.) Diodore donne pour cause de. cette métamorphose la crainte qa*ayoient ces dîedz des géants ou d*aatres hommes féroces et terribles. T. I. p.^ 96.* ef. LâcîaB.46Sacrif*4. ; :(^^ ) . «SaYoir. . rÉgypte ou T Asie mineure , différence qui dépeijd .de la préférence qu*on yeut donner à Tune ou à l'autre de ces leçons, Kaaia oçaç on Kavxààs oçaç, >. ...

(^!*) "Voyez , à cet égard , Dnpuis , Orig. de tous les cultes ", T. II. p. 204. Hermann, Handb. der Myth. T. I. p. 30. not.

(***) Cornuttts {S-. I>. p. 147. Op. mytii. «d. Gai.) veut que ces Tables' doivent leur existenee aux oittiilatftons des prêtres de Cybèle , en Phrygien et, ëomme nous Terrons bientôt que ]pes. mutilations sont une imitation de fables égyptiennes y cette opinion :me parott assez bien rendre compte des différences que Toii trouve entre les traditions grecques et égyptiennes*

DifTérenee «n- jiais , quant au lîidte des objcfU cl des phé*

ire le sabéisme , * , */.*..

âe rorient et nomèiies^ physiques 6b geoeral , il y a une «eiuidelaGrè- différence si sensiUe entre les peuidies* de

l'Orient et les 6re(^ que œta âeul ]M)urroit suffire* pour n«as co& vaincre que le sabéisme des Grecb leur appartient en propre et qu'il n'est pas d'origine iorisntaie. Bous savons que dès les temps les plus recules lèi Babyloniens, les Ghaldëens, les Égyptiens se sent applîquës h la oounoissance des aatres , que non seulemenC le soleil , mais aussi la lune et tes étoiles occupoient un i'ang très distingué parmi leurs divinités , que , d'après leurs opinions , la providence eu le destin dépendoit en^^ tièreiïient du mouvement et de h position relative des corps célestes et que toutes leurâ sciences étoient plus ou moins entichées d'astrologie. Or , nous avons pu ncm convaincre , et nous l'avons d^ fait remarquer, que les firecs ^ccordoient une attention bien plus suivie etplua régulière à la terre qu'au ciel , et qu'à l'exception du soleil les astres paroissent à peine avoir été adorés par les premiers habitants de la Grèce (*^^). SS les Grecs ayoientdonc Teçu leurs idées religieuses des Égyptiens ou des Orientaujt , S seroit en effet étrange qu'ik eussent janlaîs pu regarder le Ciel comme le fils de la Terre , qu'ils n'eussent accordé' à la Lune d'autres honneurs que celui de la représenter comme l'amanle d'Bndymioii(^^') , et > qu'ils

(^^^) T(<ms disons à peine ^ parceque nous «rons toujours Topinioa de Platon qui doit nous faire hésiter à exclure entièrement le eulte des astres de l'ancienne religion de» Grecs. Il est yrai que quelques auteurs rapportent qu'Aristée enseigilka aux hahitants de lile de Céos d'adorer le Sirius (Diod. Sic. T. I. p. 325. ApoU. Rhod. II. 523.), notais il ne leur donna ce conseil que pour éloigner les calamités qu'on craignoit de son influence. Suivant M. Muller (Proleg. ta einer wissenseh. MythoL p. 195.) Sirius étoit aussi la seule étoile qu'on adorât en Grèce.

(^^^) Le récit d'Hérodote^ que les nlages anroient assuré à Xer* ses qne T éclipse du soleil étoit un mauvais présage pour les Grecs , parceque le soleil annon^çoît Fayenir aux Grec» et la lUne aux Per-

eussent imagine que le . Soleil même , qu'ils honproient plus qu'auouu autre corps céleste , fut plus jeune que la Teire et la Mer. *Si nous devoiis eu croire GhampoUion , qui rapporte que les Égyptiens reprësentoient le Ciel sous la forme d'une femme (Tiphé)(^^*) , il seroit étrange que les Grecs en eussent fait un homme , .conune il est difficile de se perauader que les Grecs eussent regardé la Lune comme une femme, tandis qu'en Egypte et dans l'Orient cet astre étoit du genre masculin ou au moins d'un ,8exe équivoque (**^).

Mais tout cda s'explique facilement , aussitôt que l'on veut accorder aux Grecs , comme aux Orientaux , l'honneur d'avoir inventé lemr mythologie physique ; car alors la difierence qu'on observe entre le culte des deux peuples est eu parfaite harmonie avec le pays qu'ils habitoient et le dimat sous lequel ils vivoient. En effet, dans les imménses plaines de la Ghaldée , sous le ciel toujours uni et serein de la Thébaîde, le culte des astres doit nous parottre aussi naturel que la vénération pour la terre > pour les rivières , pour les Nymphes, dans les vallées fertiles et dans les forêts épaisses de la Grèce. Les Naïades et les Dryades de la Grèce auroient été aussi mal placées aux. bords des canaux de la Babylonie ou dans les déserts de la Syrie que les sept planètes aux banquets^de rOIympe(^^°).

Remarquons encore que , tandis que les peuples de l'Orient adoroient les quatre éléments , les Grecs ne rendoient des honneurs qu'à la terre et à l'eau , seulement à

SOS i ii*est peut-être qu'une fable , mais celui qui l'a inyentée a très bien obserré la différence du sabéisme des deux nations. Herod. VIL 37.

(^+8) Panth. Égypt. Liyr. III. pi. 20. cf. IV. pi. 20. ^. lets ^Ver Champ, p. 131 sq.

(«*^) àçatfé&fjXvç. V. c. Malachbelus. Voss. Theol. Gent. II. 5. fin. Creuzer , Sjmb. und Myth. T. II. p. 31 sq. Joh, en Egypte. lets over Champ, p. 82 sq.

(^'*^) Je dois cette observation, pour la plus grande partie, à M. Wood , Originalgenie des Homers, p. 157.

l'eau des nyières (***), jamais à l'air ni au feu. Hésiode fait mention , il est vrai , de TÉther , qui , selon lui , doit son existence au Jour et à la Nuit (***). Homèrct parle de Téther comme de la couche d'air qui s'élève audessus de l'atmosphère (**^). Chex les poètes tragiques l'éther est souvent invoqué , mais jamais comme une divinité. Nous n'avons même aucun exemple de la personnificatiôn dé l'air ou de l'éther. L'explication allégorique de Junon ne mérite pas que nous en. parlions en cet endroit.

Les. Grecs n'en adoroient pas plus le feu , élément pour lequel les Perses (**♦), les Égyptiens (***) , les Assyriens (**^) , les Chaldéeos et les Syriens (**^) , les Cap-

(^^') La mer n'étoit anciennement qu'une simple personniâcaiion. Neptune est d'un temps beaucoup moins reculé, et il est d'ailleurs -une divinité entièrement distinguée do l'élément qu'O^uvernoit. (^5^J Theog. 124.

(^^^) En parlant de l'arbre sur lequel fut perché le Sommeil (ii. S. 287.) , il dit: ij ter" ly ""lân

l/^ançotàTif Tfe^vvta â** ^i^oç al-O'éq' ttimfsy ,

et du même Sommeil que Jupiter youlut précipiter du ciel :

xai mi y^ al'ç'ov ài^ ai&içoç ïfjL^aXe 7t6vTto»

{»**) Herod. III. le. Strab. p. 1065. A. Voyez, sur le culte du feu chez les Perses, Hyde, Hist. relig. vett. Pers. p. 3 , 4. ef. 16, 17. Quoiqu'en dise ce sayant auteur , il me parolt rien moins que prouvé que les Perses ne regardoient que comme symbde de la divinité le feu qu'ils allumoient en son honneur, p. 10 sq. Pour s'en convaincra on n'a qu'à réfléchir aux preuves de leur respect pour cet élément que M. Hyde rapporte lui-même. Jamais les Perses n'auroient osé éteindre une iiucendie. La mort attendoit quiconque osoit allumer le feu, les armes à la n|ain, ou qni l'attisoit par son haleine. Il n'étoit permis de se servir à cette hn que d'une sorte d'éventail , ib. p. 20. Dans le Zend-Avesta le feu est le principe d'union entre Ormuzd et l'être absorbé dans l'excellence. Yendidad Sade , Ha 36. La manière dont il est parlé du feu dans le Ha 67 le signale non seulement comme une divinité mais comme une divinité très puissante (T. II. p. 235 sc[. éd. d'Anqu«til du Perron.). (*««) Porphyr. Abstin. IV. 9^ p. 324.

|2^tf j £n Assyrie Azur (le feu) est aussi le nom de Mars , planète ardente et rougeàtre , qu'on adoroit dans ce pays sous la forme d'un cône ou d'une pyramide. Hyde , Hist. rel. vett. Per&. p. 63 fin. 64. Selon l'auteur de la Chronique d' Ale;[andrie , citée par Vossitts (Theol. Gent. II. 64 in.), Nimrod fut le premier adorateur du feu en Assyrie.

(^57) Selden (de Dis. Syr. Synt. II. 8.) croit que le Nergal des

|Mdèoîehs(^^^), ksSauton«le8(^^^) etpIiiaieQn.auifCMi nation» da monde anden aboient la plus grande Téiéraf tion;

Les auteurs grecs n'«n foni aucune mention. Lefett n'est mentionné chez eux ni comme diyinitë ni comme personnifioation* On ne lui aocordoit jamais aucun honneur et Vwi sait d'ailleurs qu'on br&loit les cadaTres ^ ocmtumo que les adorateurs du. feu condamnoient oomme la plus abominable impiété.

n n' j a, àmaconnoissance 9 qu'un seul- auteiit, rfais-> toriën Diogèné , qui rapporte que les Macédoniens adoraient le feu {^ ^) ; et Clément d'Alexandriel , qui le dte ^ dit dans un autre endroit que ce peuple aToit aus^ii une divinité qu'il appeloit Bédjf et qui n'étoit autre chose qpfi l'air (^^'). Mais sans vouloir employer le prétexte dont se servirent les Éléens pour exclure le roi de Macédoine des jeux olympiques , pu disant que les Macédoniens n'é« toient pas Grecs , mais Barbares , et quoique nous ad-« mettions le ^ait sans aucune restriction , sur la foi des auteurs que nous venons de citer , il n'en reste pas moins Trai que le ctdte du feu étoit entièrement inconnu au|: anciens Grecs , et que ces témoignages , qui appartiennent à des temps bien plus récents , ne peuvent démontrer tout au plus si non que les Macédoniens auront seulement adopté le culte du feu et de l^air dans leur expédition en Asie ^ sous Alexandre le Grande

Quant à Yulcain et Testa, que quelques auteurs ont

Syriens n*6st antre chose que le feu, ou au moins Tendroit sacré .oà on rallumoit* Maimonides eroit que la ftioille d'Abraham était . vouée à ee culte jet ^u sabéisme. Il teut même que le nom de la vil'^ le 27r signifie /(»/<?ic (More JVebochim, III. 30, cité par Selden, 1. 1.) Selden croit que les Israélites se sont livrés aux erreurs de ce culte et que les iieujp élevés, dont il est parlé dans récriture sainte aient été de yéritables pyrées.

(*«) Strab. p. 1065 C p. 1066 in.

. (^.^^) ICymphodorus ap. Clem. Alex. Cobori. ad. Cent» p. d6*

{^^^) ap. Clem. Alex. ib.

(^«*) Clem. Alex. Slrom. V. p. 673- .

vonhi faire passer pour d^ipraiTesdiiciilWdHfeuQbfiSi les Grecs (*^*) , Vuloain ne fut pas plus le feu que'Nepr tune ne fut'k mer(^f^.^), et Yeala^ la p^rsciiinificatkm'i^ foyer dome^que, est d'un, àg^ trop récent ]>oar qu'elle mérite d'entraiiier notre suffrage en ceci* Uésio*' de n'en parle qu'une fois. Homère n'en fait aucune HonntioiftJ ,:■.'• -.-j .

Réflexions, ti^ L'ezposé que nous venons de donner dM* physique de» îdéei^ religieuses des anciens Grecs oonoer-> anciens Grecs, u^^t j^ nature et SCS phénomènes noiiSfOOiar> duît aux réflexions suivantes :

VoïM$ de vue J». D'àprès les înonuments l09 plus anciens

différents sous . .., *^» -«js..!

lesquels ils cott^ V^ ^^^s font connoitre la manière dont l^ sîdéroient les Grecs envisagedent les olgel9 et pbénomènçi> Boménes pkyl physiques , il paroit qu'tte ne les considéraient slqnes. j^ tous comme des divinités ai|xquelles,j|l||

attribuoient les honneurs du cnlte public .et une jnflue^^qi pins ou nioios marquée sur les afiidi!e0h^Mnaiiies^'^)^^ l'époque dont nous nous oodupons en oe moment; il n!y avoît'queia1?erre , les Bivîèrtis»» ks Kympbefi , leiSoleil., Zéphyre et Borée qu'ils envisageoient sous ce rapport* Nous avons déjà vu quo'nousjpowrroiïs^y ajonterdanqla suite la.Idine, la ITittl, la Mer, Typhpft.ef Hébé: £e Ciel'v rOeéaa,. la .liUnft^; l'Aurore., )es Harpies, TJkrôf en-Ksiel, la Jlfer^ Tyjdiw « Hâ)é^ lauKnit^.ijB/^^i^^ el là >Mertr ne sont emaidérés;, dan^ œt^^ çpçque^ .m^ ramme des. êtres: atu^quebion atkribuoil.ime certainepe^r

(*<^) VèssiTfeôL-Gentin.'ÔS. . >

{^^^) fiestvraiqa^fioffièrè•appe9elefoa'¥lacttn<n.J?^A3(^)} inai$ c*esi une &guxe de rhétonque assez conuue. C'est ainsi, qu*il appelle aussi la guerre Mars, II, -2?. 309. Heràclide (Opusc. Mytlî. 'eu: €tsà. p. 446 , 451 . ) , qui se sert de ces* deux endroit» pour dé^ fendre* sas allégories, ayoue cependant qu'on dit icf^^ç/xA^^ôt' ,4'àr prèç l'effet.. Mais ainsi il «ùt ail39i ^n expliquer Bacdios f»tt»«o/f <i^oç , de sorte qu'il n'eût pas eu besoin de confondre une personne etleyin. ( . : : .

sonnaKtë el da pouroir sur les hommes , sans qu'il parois^ se qu'on lent ait Toué quelque honneur. ' Les autres » oomme les Montagnes » les Étoiles etc. , ne sont mentionnés qu'en passant , et il ne paroit pas qu'on leur ait même aooordë l'honneur de la personnifioation.

De tous oes êtres il y en a deux que l'on croyoit annon eer l'avenir aux hommes , c'est la Terre et la Nuit , tou-* tefns', si nous avons le droit de croire, que cette faculté ait déjà cté attribuée à la Nuit dès lés temps dont nous nous occupons présenlemisiil.

Motiff du culte 2''. Le motif ' du culte de ceux de ces pàrliquesr ^ ^~ tiës de l'univers ou dés' phénomènes physiques ' (pi'ôn adoroft en Grèce étoit , comme nous l'avons déjà remarqiié At^^iravant*, l'intérêt'} mais , comme nous voybàs que lés • àtioiens. Grecs ont adppré plutôt Iqs êtres dont ils pouvoienti «attendre quelques faieiiC|its que ceux dont ils ne pouvoient craindre que du 'mal i noUs pouvons en conclure que la- reoonnoissance a eu plus de part à l'origine de leurs opinionp religieuses,. pour, autant que nous les a Vous pu connoltre dans cc^ chapitre, que la crainte*- ' • ' .-.'•' • , ; " ". . ^ ! ^peèi niprat 3<». Les tradition|i et les fàbles^qui se rapqui s'y rappor- portent, âux ' phénbm^ies et ^ux' objets dont teais. l . "^nous venons f de parler prcmvent assez clairement ' qu'elles n^ont^> laucuii- - rapport ; avec ia morale. Ces olgets une. fois personnifiés , pouYoient devenir des êtres actiCi^ et une fois- mis en* aciioii, leurs' àctàms mêmes peuvent être considérées sous un point de vue moral. Or ces actions , considérées sous ce point de Vue , ne sont rien moini^ que bonnes. Quelques-unes même sont abominables et dégoûtantes, On sait que dans la' suite on a eherohé à les cx^p^pr, ep, liçur doi^nant une signification autre qu'elles ne paroissont avoir » Mais les opinions des philosophes et (t(5à gramihairiens des siècles suivante n'appartiennent pas à cette époque, et oes opinions ne changent

. -^.biAuM

Itfd

nèn au fond des choses. Rien n'indique qu'andennemenl on ait jamais donne à œs traditions et à ces fables, un autre sens qu'elles ont pour quiconque les lit sans prévention et sans préjugé. Nous avons vu d'ailleurs qu'il est impossible de: supposer qu'il ait jamais pu exister des personnes , quelles qu'elles fussent , qui auroient inventé dé pareilr contes dans Tintention de s'en servir pour indiquer dea choses tout*à*&it différentes; Le moyen seroit en effet mal choisi. Et quand on auroit voulu cacher quelque'diosev il auroit été bien plus sage de n'en rien dire absolument. Si l'on nous demande donc ce qui a pu donner lieu à des traditions aussi absurdes , nous n'avons pas autre chose à répondre que , nous l'ignorons. Il nous suffît de savoir, comme nous venons de le remarquer, qu'elles n'ont aucun rapport avec la morale, et là où nous avons pu suivre la liaison des idées populaires nous avons pu nous convaincre qu'on n'y a pas même pensé. La Nuit, «par exemple , sage elle-même et modérée , est la mère des vices et des défauts les plus abominables. Typhon est le fils d'une déesse vertueuse et bienfaisante. L'inconséquence est 1q caractère de toutes ces fictions , et, si elles étoient plus conséquentes , elles ne seroient certainement pas si anciennes.

iDfluence de ces 4®. Cette même inconséquence n'empétort de l'hom- choit pas qu'on sentit sa dépendance d'êtres ™®- souvent si criminels. Nous reviendrons dans

la suite sur cette importante question. Il suffit pour le moment de nous rappeler qu'on attribuoit aux objets et phénomènes physiques une influence marquée sur le sort des hommes. Nous avons fait remarquer quels furent les avantages et les maux qu'on espéroit et qu'on craignoit de l'influence principalement de la.Terre, des Rivières, des Nymphes , du Soleil et des Vents.

Leur soin pour 50, £nfin OU attribuoit à quelques-unes la jottioe. ^ parties de l'univers , et spécialement à

la Terre» àiUL'BivièreB, au Soleil ^ la voloiiié» et le pottYoir de puaîff ceux qui leur ayoieiit Cul quelque oulri^ , et de récompeiiser ceux dont ils ayoienl raison d'être saliV faits. Nous n'avons Irouyé qu'un cas , oelui de paquie , QÙ il parolt que ces êtres se soient servi de oe pouvoir , d^apvès les opinions^ de leurs adorateurs , autrement que par intérêt personnel et da&s l'inlention de maintenir Tordre, dans le monde moral , de punir le vioe ta deréoompenser la vertu.

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