‹ Histoire de la civilisation morale et religieuse des GrecsChapitre 5 sur 29 · àyaif txereifVf · texte numérisé non relu

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JIço/*tj&eV T^rà'Pk XoxiV'^ S-iZatcv uav* àuçoTàtaç Koçv^àç J^oç,

Il me semble que le savant Barnes ent mieux hii d'examiner si Ton ne trouvoit pas d'autres traces de cet échange, avant de déclarer qae Prométhée signifie ici Yulcain , et surtout avant de consigner cette erreur dans sa traduction latine , par les mots assez ridicules de Titane f^ulcano.

(ï^s) Ap. Schol. Apoll. Rhod. IL 1249.

(«^^) Diod. Sic. T. I. p. 17.

('<^7) Ludan. Hermot. 20. (T. I. p. 759.). Chez Nonntts (IL 297.) Typhon veut que Yulcain prenne la place qu'oecupoit Prométhée sur le Caucase.

(^^^) Apollod. éd. Heyn. fr. T. lY. p. 1066. Nous avons voulu exposer sous un seul point de vue tout ce qui se rapporte au culte de Prométhée, parceque Toccasion pour le faire ne se présentera plus dans la suite de cet ouvrage.

(««^) Diod. Sic. T. I. p. 22. cf. Tzetz. Chil. V. 202 sq.

Promëthëe pour ua voisin du patiwrdie Abraham (^^^)* Le Caucase n'est pas encore mentionné par Hésiode , comme nous venons de le voir ('^') , et d'ailleurs , quand même l'indication en seroit aussi ancienne , elle ne prouveroit pas plus pour l'ori^îne des fables de Prométhée que la victoire remportée par Hercule sur Géryon , en Espagne , ne prouveroit qu'Hercule fut un Espagnol. Après ce que nous avons remarqué plus haut à l'yard de l'origine des fables grecques , et spécialement de celle-ci , nous pouvons facilement passer sous silence la montagne des Paropamisades , dont parlent les bistoriens - d'Alexandre le Grand. De plus nous permettrons sans peine aux Arca* diens de croire qu'Atlas fut un de leurs princes indigènes (*'*). Mais ce que nous savons c'est de voir Deucalion , fils de Prométhée , le premier en Thessalie et dans les environs du mont Parnasse , et Dardanus , petit-fils d'Atlas , passer d'Europe en Asie , d'où nous inférons que, si ces traditions viennent de plus toiiï et ont été apportées de la Thrace ou- de l'Asie , nous n'avons aucune garantie sur ces données.

Aspect moral De tous les élres dont il a été question

des fables qui

oàtrapport aux dans c^s deux premières époques de ladydeux premières ^^stie célcste , il n'y a que Saturne , Rhéa

rques. idées ' .

providence et Proinéthéc qui aient été jugés dignes des

▼iiw quu'yVt- ^®°^^^^'' ^^ ^^^^ publie, et cependant tachent. ces honneurs ^ sont bien rares en compa-

raison de ceux qu'on a attribués anx autres dieux. Saturne et Prométhée, les divinités bienfaisantes des sîèclés recules , furent oubliés , pour aipsi dire , par les • adorateurs du jeune monarque de Tunivers. En eflFet , o^est un défaut très saillant de la mythologie des Grecs ,

(»'^) Vorhalle,p.457.

(«^O Voyez encore Heyne ad Apollod. T. IL p. 90. Vôlcker, Mytkol. des Jap. Gescbleehts^ § 10, spécialement p. 378 sq. ( ' 7«) Dion. Hal. p. 49. Sylburg ht dans cet endroit pour Kav-

oonsidëfée ^oub le rapport noral , défaut quWdteKchO' roit Taineineiit à dissâmider par des inferprétatiôn» ai*!»traires et absurdes , que le bienfiiiteur du genre buinain , le dieu qui Teut leur tendre- les avantages dont on les a privés , est représenté ooinme • coridamné au supplice pat Tusurpateur du trAne céleste , et que ce même usurpateur devient, le dieu supréuoe v le n»; et le père des dieux et des hommes. Eschyle a très bien fait ressortir cette mon^struosité , dans son Prométbée , et nous ne prétendons nul» lement ni la cacher ni l'excuser. Ce que nous avons dit $ur les Titans , les Cydopes , les Centimanes et les Géants a pu nous persuader que la moralité deceaiables A'ést pas plus évidente.

Cependant ^ soyons justes. Il est 'vrai que ces fictions fibnt absurdes* et grossières , msiB il n'est pas moins vrfi qu'elles ne pouvoieHI pas avoir une influence aussi nuisible sur les moeurs de la nation , d'abord paroequ'on ne croyoit pas la mOraKté une qualité essentielle de la divinité , et en second lieu parceque les traditions oonœr» nant Saturne et Prométhée étoient si bien obscurcies par ceUes qui se rapportent aux divinités régnantes que Toccasion de faire la comparaison et la condusion qu'on vient de lire a dû se présenter très rarement , de sorte qu'on put très bien honorer Jupiter comme le père des dieux et des hommes , comme l'arbitre souverain du sort des moi'tels , et même comme le juge suprême de leurs actions , sans que ces anciennes traditions , rarement mentionnées par les poètes et moins encore par les docteurs de la religion et les prêtres , contribuassent beaucoup à diminuer la dévotion et le respect de ses adorateurs. Et 9 si les poètes rappeloient quelquefois ces souvenirs , ils ne manquoient pas , dans d'autres endroits , de faire ressortir les bienfaits dont les mortels étoiènt Redevables à des divinités d'ailleurs si peu dignes de ce nom. On n'a qu'à comparer, dans cette vue, les Supplian*

tes d'Eschyle au Proméihée dn jnéme poéte« Dans la première de ces pièces Jupiter n'est pas moins juste ni moins bienfaisant que iPrométbée ne l'est dans l'autre, et, si, dans celle ci , le fils de Saturne est représenté comme un tyran farouche et cruel , dans l'autre il est un dieu bienCai» sant et propice et le juste arbitre du sort des bommes.

Ces réflexions sont pleineàient justifiées par la particularité que nous ne trouvons presqu'aucuue trace de l'opinion que les anciennes divinités dont nous venons de parler aient eu quelque part à l'administratipu des afiaircA humaines. Les mortels avoient été heureux sous Saturne; Prométhée avoit essayé de leur rendre le bonheur qu'ils Tenoient de perdre; on sacrifioit encore au premier à Olympio ^ x>n célébroit des lampadophories pour l'autre à Athènes : maïs , lorsqu'on désiroit du secours dans les dangers, de la consolation dans les malheurs^ du succès dans ses entreprise^ , on adressoit ses voeux à Jupiter et à Neptune , à Minerve et à Gérés ; et il en a été ainsi dès les temps les plus anciens dont nous ayons connoissance«

Nous allons donc maintenant nous occuper de ces divinités du culte étaUi.

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