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CHAPITRE IV

Délivrance du Venezuela par Bolivar.

Lb Venezuela se trouvait daos une situatiou propice à sa délivrance. Monteverde avait ra^ mené par l'oppression les citoyens au serment de la liberté. La violation des premières promesses n^était plus que le moindre des grieb qu'on lui reprochât : après avoir partagé la population en délateurs en victimes^ il punissait le souvenir de la rébellion dans Fesprit même de ceux qui avaient aidé à la punir. Sa prévoyance cruelle ayant rempli tous les cachots, il transformait en prisons des maisons particulières ; et quelques relations vagues, une parenté éloignée avec un insurgent su£&saieut pour y être détenu. La conduite de ce général , hautement approuvée par l'assemblée des Cortès, avait aigri, exaspéré les provinces. Le Paria, le Cumana étaient eu armes , et Marino , jeune citoyen qu*on voit pour .la

première fois à la tète d'un coqps de mécontens , battait des commandans espagnols près de la ville de Maturin, tandis que Mouteverde lui-inéiiif essuyaitune défaite complète daus les plaines deBarcelone, où t^iar et Arcunezi avaient déjà formé des guérillas. (Avril et mai iSi3.)

Une ezpédttipn snr ces bords aurait eu un plein succès ; mais Bolivar n'avait point de vajsseayx^^ Il arrivait pai: une extrémité opposée , à travers les Andes de Pamplona ; marcbe longue et difficile , mais qui avait l'avantage d${|tf9|^,fl^ fqrçes^s^u centre de la domination ennemie, sur le lerritoire de Caracas; elle pré- |Viy|rajt,e,a, f^jitj^e sa jonction avec Kib^s, qui j|pq|[^,^,€^t^ la J>(ouYeUç-

.Ql^jpiade. Pour prix d*un tel secours, le Congrès de Tunja lui imposait lobligatiou r^- |plMill^,igr^^ yencanela:

c'était à la fois de l'orgueil dans sa propre

i»a?f E#/W^iVÇj98^^!^^^^ §^ûfeajf,é. Bolifpàcceptii les troupes f et ne servit que Tin-

j^pendance commune. Partout sur son passage

comptait environ deuac mille combattaas km-

vince de Mérîda , un détachement de son armée, confié à Briceno, se rendait maître du Varinas. Mais ce jeune colonel toucha bientôt le terme de ses courageux efforts; il fut battu, pris et fusillé. C'est dans cette circonstance que les Espagnols ont adopté , contre l'insurrection coloniale, Thorrible moyen de guerre dont ils avaient souillé la défense de leur territoire d'Europe contre Napoléon ; usage emprunté des cannibales , et qu'une nation civilisée ne peut pratiquer sans se couvrir d'une honte éternelle. Tiscar, gouverneur du Varinas, dévoua tous ses prisonniers à la mort : c'était après le combat.

Bolivar donna des larmes à Briceno, son compagnon, son ami : dans sa douleur il jurait de venger ses braves par un nombre égal de prisonniers espagnols; mais il repoussa tout aussitôt un projet de représailles indigne de son caractère. Une seule fois on le verra obéir au serment de la vengeance, et il en sera justifié par le salut de son armée.

Des citoyens continuaient d'arriver sous les drapeaux de l'indépendance. Bolivar partagea ses forces en trois corps , et combina leur marche sur la capitale du Venezuela. Plusieurs engagemens heureux l'amenèrent devant Las Taguanes , défendue par Monteverde. De part

DE LA COLOMBIE. m

et d'autre on combattit avec acharnement , et la victoire, Jong-temps incertaine, resta aux défenseurs de la liberté. Cette affaire eut lieu le 3i juillet. Monteverde fit sa retraite sur Puerto Cabello, Bolivar et ses lieutenans se portèrent s«r Caracas, qui s'était déjà prononcée pour Tarmée libératrice : le gouverneur espagnol de cette ville capitulait avec les magistrats du peuple. En se retirant il abandonna quinze cents prisonniers à la merci des vainqueurs. On s'engageait seulement à ne point inquiéter ni les employés ni les habitans royalistes, qui conserveraient leurs biens, et resteraient libres d'émigrer. Les républicains se sont montrés fidèles observateurs de cette capitulation, que Monteverde a refusé de ratifier, déclarant qu'il ne devait point traiter avec des rebelles. Le sort de ses prisonniers ne lui fera pas changer de résolution.

Bolivar fit son entrée à Caracas le 4 août 1 8 1 3, aux acclamations reconnaissantes de tous ses compatriotes. Il avait livré deux batailles, soutenu plusieurs combats , et fait au moins trois cents lieues depuis son départ de Carthagène. Ses compagnons, citoyens soldats, offraient ce noble dénuement qu'on ne supporte que pour la liberté.

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