‹ Histoire de la ColombieChapitre 17 sur 30 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Nouvelles réunions à la République. — Rupture de rarmistice. — Bataille de Carabobo, décisive pour rindépeudance du Venezuela. — Délibérations du Congrès j proclamatioa de VAua coiuUtiUionn^,

Il n*y ayait plus de calculs humain» pour la

métropole ; où sou pouvoir existait; .encore.^ il 3*éteigaait condamné par le temps, et sans pa-^ raltre mériter l'insurrection des peuples.

Le général San Martin çt Tamiral Cochrane^ combattant à cette époque pour la délivrance du Pérou , se trouvèrent, en position d'établir quelques intelligences dans W proykioes.de la Nouvelle-Grenade qui sont au sud de la ligne. Bientp^.apr^, le 9 octobre 1820, llopulmte Guayaqtiil, jusqu'alors fidèle à FEspagné. autant par égoïsme que pi|r aifection ^id'aiUjeiurs éloignée d'environ quatre cents Ueoecf du ptior cipal théâtre de la guerre, et protégée par le

Quito contre les mouvemens dii Cuj|dina«»ar*

a3a ! • HMlfOIIlB

ca, GuayaquU proclama fiou iadépendance ; et cet événement y dirigé par les patriotes Vilhmil et Loro> s*opéra sans secousses, sans meurtres, sous les aaspkes de roptnion publique.

Guenca, au sud-est de Guayaquil, donna trois mois après un exemple pareil.

Quakitau Quito, le premier siège d'une jumie insurrectionnelle en 1809, mais désolé depuis par la terrrar et les réactions sanglantes, l'esprit de liberté ne pouvait s'y rallumer que lentement; cette riche et vaste contrée, à laquelle on avait conservé le titre et les prérogatives de royaume , était gardée, défendue par les Ëspa?gnob coonmenne dernière espérance. NéannHiins, 4 Rapproche ^Ses troupes de Guayaquil, que les êam& de sa propre sûreté reodait enfin bcibque«ito,.k. métropole perdk eneQi^ les.

districts de Quaronda, de Riobamba et de , Mambato, ho^i^/mê méridionales de la ppoivinoe^^ (fmto. •

. " ^armistice n'était point connu dans ces paysi'i|oil ensive dqmtés par la guerré^mais l^opinion publique, conquérante également au iioMk pendant la susj^ension d'armiés>^fpi^çait Sblîtaiî lui-même à revenir' sur cet onéreux traité, — Quel avantage en retirons-nous? Nqus défions bien plutôt le redouter. Nbtt^ pebikk^

DE LA COLOMBIE. . »lt

naissance comme natioaépi^ouveEa une Qppo- Mkûa inviueifale. de la part da goiifememeal espagnol, qui ne cherche qu'à gagner du temps pour se mettre en étatt jde coutinuor la. gmire. Habitans, ofBeiers et scddats, législatears^.tons sont ef&ajés de notre inaetioD. Ne saventriLs fm que rers le sud nous pooriona obtenir des avantages incalculahles ; que Carthagène , qui makiteiiani renplitsea mags^sÉna, allait se rendre quand on a eesaé de eonbattre ; que le» provinces de B.io Hacha et de Maracaïbo étaient promises à nos armes; tiè voient»tla pas qofà l'est nos troupes sont en proie à la famine , et que aur les côte^, cçnune. sur. le&i bords de l'Apure, :eUes succombent à. niiflttenoe:penn* cieuse du climat; aitjourd'hui enfin ne sommes^ nous pas. tous oamràineBs - que . oe .d^plMahie traité n'est qu'à l'avantage des Espagnols? : Bolivar, en. coramuniquaxit ces plaintea^^œs Fumeurs publiques à LaAovre , lui déelmUl m poiiyoir imposer silence àsescompagnons^'ar* nes,rè.sesxobeilegrenSf qu'autant qa'ilieiir Stt ^ rait accorder, à titre d'indemnité,Pentière occupation d^pnovinoesdeCumana» de JLiu Hacha et de Maraéaib^». Mais BoHm, qui signait cette proposition de Bogota , le a5. jauxrier,^ ignondt qu'au taàttut instant y à odntieiiiçMnle

iSt HFSTOIRS

ii€ues de là, ou obienak une grande partie de 8t$ demandes sans le cobcotm du généval

espagnol.

Lorsque > dan», le imlieli de Tannée précédente, la mutinerie cupide des Irlandais avait £sûi abandonner la YiUe de Kio Haoba^ on s*étût proposé d'y-rerenir par Sainte-Marthe, place maritime qui défend toute cette côte , et l'une des câfeéa ki plus long-tcaipa dévouées à la cause royale. Quelques mois plus tard , bloquée par ramiral Brion , menacée sur tene plu* le généialMontillav Sainte-Marthe dovrit ses, portes à leurs preuuères sommations, le II novembre : le £artde la ^enega, à quatre OU" cinq lieues de là ville, sur l'embouchure de .la Magdalena , soutint seul l'assaut des patrittSes*. Âlors.qn se. disposait à repreodhre Rio Hacha , où le parti de l'indépendance p^iittandaift pour ae.franimoev.qii^uoe'attBque du dehors ; mais l'armistice survint. Il fut impttiasanti sur i'esprit du peuple , ei toute cette proflriaice se doona iibremenSàila république eu janvier ijfci. ' • ♦ •

>.L-écbiante dé£solkinde Jiara«ial[l^^iB>a8>du même mois, porta une atteinte plus directe à Taraiiaiioei Les .ottoyeas protestèrent ep ieur mm coÊùm Tautorité espagiuile i.àtf offi cier s

et des magistrats royalistes étaient à la tète du moiiTement. Mais on invoqua la protection des patriotes, et ils étaient tout prêts à Taccorder; le colonel Heras, détaché du corps d'armée qu*Uhianeta commandait dans les environs, vint sur-le-champ prendre possession de MaraeaXbo, ville riche et commerçante, renfermant une population de vingt mille âmes : elle entrait pour la première fois dans Tunion républicaine.

Bolivar improuva ofïiciellement la conduite de ses généraux; mais, satis&it au fond d'une infraction que justifiait le salut public, il ajouta aux motifs de rupture en proposant à Latorre de régulariser le traité d*après les nouvelles positions. Le général espagnol , qui n'était guère en état de soutenir de promptes hostilités, parut vouloir négocier : de part et d'autre on nomma des commissaires; ou se donna dés explications sui^Faffaire de Maracaïbo; une correspondance s'établit, utile sans doute t^bt le temps qu'elle laissait aux préparatifs, mais dangereuse en ce qu'elle compromettait un guerrier loyal dans les subtilités de la diplomatie. Quant aux griefs reprochés aux Espagnols, Lâtorre en* était absous par son CM*actère connu : quelques bandes royalistes

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incendièrent les campagnes du Varinas; m

assassin , y*illasana , fut arrêté et fusillé comme convaincu d'avoir attenté aux jours de Théroi* que Paez ; mais toutes les armées ont des i^gabonds, toutes les causes ont des fanatiques qui les déshonorent .

Enfin, le I o mars 1 8a i , Bolivar fit connaître au successeur de Morillo Targument le . plus vrai contre le maintien du traité r « Gomme la nécessité est la loi primitive et la plus obligatoire, je me Tois forcé de m'y soumettre, quoiqu'à regret. Entre le résultat douteux d'une campagne et le sacrifice certain de Tarmée par la £unine et les maladies, il n'y a pas à balancer ; il est de mon devoir de faire la paix , ou de combattre. Si le goUvemement espagnol déaire notre amitié, il a eu le temps de se déterminer en autorisant ses commissaires à trai" ter de la paix d'après la seule condition admissible , proclamée depuis dix ans : Tindépendance. Nous voici dans le cas prévu par le traité d'armistice, et* je vous le notifie avee douleur à dater du jour où ma dépêche vous sera parvenue. »

Au moment de cette rupture, le vice-président de la république, Zea, suivait en Espagne de vaines négociations. Parti d'Angostura en

D£ LA COLOMBIE. a3â

février i8ao, il n'était d'abord chargé que de traiter d'un emprunt de cinquante millions dç francs, aoit en Angleterre, soit en France; de solliciter des gouvernemens européens la reconnaissance de sa république; de régler quel* ques points de religion avec h cour de Rome; en$n de maintenir les agens autorisés, et de désavouer des intrigans qui se disaient chargés d'affaires de la Colombie. Lor§ de la suspension d*arm^ , il rqçut l'invitation de se rendre à Madrid , et, de concert avec deux autres envoyés de la réppl))iqu£, d'y soutenir i'iadépendance nationale cçonme un^ coiidition mequ4 non de la paix.

Z^a ne fuit, écouté que 4'un petit nombre d'hommes composant le pitHi américain^ philanthropes sans caractère officiel, et sans aucon^ iilliiuloce. U se vit simple spectateur d'une délibération des Cortès qui partageait toute TAffiérique ^jigjaol^ en trois gouvernement, le nord, le CQptre et le sud ; Mexico, Santa Fé et JLima eq auraient été les chefs-lieux respectif» ; et chacune de ces villes serait devenue le siège d'une assemblée nationale représentative, coxiisidérée pomoi^ section d^ Cortès de la Péninsule ! les- individus libres restaient seuls assimilés^ au2ç çit;pyej;iâ de la méU'opo^e, C'était

toujours rancien système colonial, revêtu seulement des formes eonstitutionnelles.

La proposition d'un pacte fédéral entre VEspagne et la Colombie, £ûte par Bolivar au duc de Frias, ambassadeur du roi catholique à Loadres, avait été rejetée, et Touput juger du succès de la demande principale par la joÎMpie fit éclater toute la Péninsule à la nouvelle de la rupture du traité d'armistice : on y rêvait encore, on y proclamait déjà la prochaine soumission des colonies. L'ordre de quitter TEspagne fut intimé aux commissaires d'un gouvernement désormais qualifié d'intrus. Dans un autre temps on le seût chargés de fers; mais les Gortès, inexorables contre toute atlemie à la dignité de la métropole , savaient du moins respecter le droit des gens.

L'orgueil castillan se manifestait en Amérique avec une égale énergie. L'espoir de la réunion avait d'abord altéré la discipline;quelquesooips de l'armée étaient même restés incertains entre Findépendanoe et la loi des Gortès. Au signal des combats, à l'idée d'une honte pour la mère patrie, le général Latorre retrouva les soldats de Morillo, enco^ plus fiers, plus dévoués, depuis qu'ils avaient à venger leur propre Constitution du mépris des .Américains.

La situatioa militaire des indépendaus, les nombreux avantages qa*ik avaient obtenu» par le seul entraînement de Topinion, tous ceux que leur promettàit une force réelle , otaient du moins à leur bouillante valeur le caractère de la présomption : il leur était permis de chanter un triomphe qu'ils voyaient pour ainû dire devant eux. Montilla et Brion avaient repris leurs positions devant Carthagène. Urdaneta menaçait le territoire de Coro. Bolivar, Paez, Bermudes, combinant leurs marches à Touest et à Test^ 5e préparaient à fondre sur Caracas. Un jeune aide de camp du libérateur, Sucre , qui s'était fait remarquer par son courage dans les combats, par son habileté dans les négociations, fot chargé de la délivrance du Quito. De part et d*autre oa allait déployer une grande vigueur; mais la guerre, toujours si déplorable, pourrait du moins être adoucie dans ses malheurs par le traité du a6 novembre, qui la soumettait aux lois de la civilisation, aux volontés plus impérieuses de l'humanité : Bolivar et Latorre en ordonnèrent également l'exécution, sous les peines les plus sévères.

Quarante jours devaient être écoulés entre la réception de l'acte de rupture et les premières hostiUtés. La honte d'une infraction fut pour

le commandant espagnol dé Garthagène. Le ao

avril , huit jours avant le délai expiré , il attaqua à Timproviste une division stationnée à quelque distance de la ville; mais le 4 du mois suivant , tandis qu'il se préparait à pousser de nouvelles sorties, on répondit à son impatience par rinvasion subite de quarante-trois chaloupes canonnières, que le mulâtre Padilla, pilote habile, était parvenu à introduire dans le port par la passe étroite de Gaballos, à l'extrémité sud de la baie, et d'une approche très difficile. Ce succès devait hâter de plusieurs mois la reddition de Garthagène.

Le plan de campagne recevait une exécution prompte et brillante dans l'ancienne capitainerie. Dès le 8 mai la ville de Goro , et bientôt après tout son territoire, se rendirent au général Urdaneta. Le Goro, situé sur le golfe de Yénezuela, et comprenant une partie des côtes qui s'étendent vers le golfe de Triste, avait causé de grands maux à l'indépendance ; c'est de là que Monteverdè était sorti en 1 8 1 2 ; et depuis les Espagnols n'avaient cessé d'y trouver obéissance et dévouement. La sagesse dTïrdaneta établit une intime union entre les habitans du Goro et les défenseurs de la république.

A Test de ce pays était la province de Valence,

uyiii^ùd by

SOttmise à lâ métropole, mais dévouée aux iudépendaiis;la conjuration de TalcadeGueyara j Katt encore rm grand nombre de famiUes.

Instruit de ces dispositions, et voulant d'ailleurs observer ka momremens de Bolivar, qui débouchait du Truxillo, Latorre avait rassemblé . soti principal corps d'année dans les'envin>ns lïe Valence. Morales occupait Galabozo , au niilieu des plaines ; position vivement disputée en 1 8 1 89 àirfotird- hui sans importance pour les patriotes, qui étaient maîtres k l'est et à Touest du Venezuela. Une faible garnison gardait Caracas, Tille qu'il importait de défendre.

Bermudez part de Barcelone avec seize cents hommeâ. A Guatin il rencontre. six cents Espagnols qui osent accepter le combat; il les culbute, et se présente devant Caracas : la junte capitule. Les sûretés garanties par le traité de Truxillo lui sont scrupuleusement aoccDrdées { la garnison se retire ver» la vallée d'Aragua; les autorités et les habitans royalistes s'embarquent pour Puerto Cabello. Le lendemain', 16 mai, La Guayra suit Texemple de la capitale. Mais Bermudez vçut ajouter à éette victoire fiicile avec une poignée de trovtpes ; bientôt atteint par Morales, qui était accouru de CalabQzo, il est contraint de lui

a4o UISTOlf^Ë

rendre Caracas et La Guayra, après dolise jours

d'occupation. .

Les indépendans n'en avaient pas moois réussi à faire accepter par l'ennemi et leurs marches et leurs projets, laactif dans la ca{Mtaie, Morales se dirigea vers ^^alence pour y soutenir Latorre^ que Bolivar pressait avec vigueur, et de part et d'autre on prit des dispositions pour une bataille qu'on ne voulait plus remettre^ qu'on ne pouvait plus éviter. La jonction des chefs espagnols leur donnait six à sept mille hommes, savamment répartis devant Carabobo^à six lieues sud de Valence. Ils avaient en vue un nombre égal de patriotes, qui sortaient de la plaine de Tiuaquillo, plus .confians dans leur bravoure que dans l'avantage des positions.

Le a4 juin, à la pointe du jour, l'année té-.

publicaine se déploie sous les yeux du libérateur. Paez, Ce^eno, Piaza, guijdaienl^ chacun une divirion; Des montagnes, des cours d'eau, d'étroits défilés, rendaient les mouvemens difficiles, périlleux; il fallait souvent, essuy^rv ians pouvoir y répondre, le leu d'un ennenii qui attendait tranquille, éohelonn^ sur le penclmn( d'unecollinedont les hauteurs étaient coUT^rtes d'artillerie. L'attaque est impétueuse, et saus

fruit ; il était impossible de forcer le passage.

Mais Bolivar s'aperçoit que la droite de Latorre présente un fronè moins serré; il ordonne un mouvement oblique : Paez le dirige, l'exécute sous le feu le plus meurtrier, avec un rare bonheur, avec une étonnante précision. Boltrar, serrant alors Paez entre ses bras • — Cest à toi qu'appartient rhonnenr du oommandement en chef; je te le cède sur le champ de bataiMe! — Cependant un cours d'eau restait encore à firan* chir; Paez s'élance encore le premier, ses soldats le suivent, et vont périr foudroyés au pie^l de la' colline. La bataille paraissait perdue; on se décourageait : tout à coup la légion anglaise se prévpite la baïonnette en avant; les YenesBueliens se referment; deux nouvelles #Dropagnies

accourent, commandées par Tintrépide Hera», ^ et les hauteurs sont emportées. La retraite^-des Espagnols ne permet pas à toute Tarmée républicaine de partager la gloire de sa première division; néanmoins de nouveaux cômbats, également honorables, s'engagent dans la piaille de Garabobo, et consomment ùne vicv toire qui asseoit définitivement l-indépendance nationale.

Le-soir mém#la ville de Vdence ftit oee^ipée

par les républicains, et, des dix mille JËspa-

a4a HISTOIRE

gnols qui amenl soutenu l'af&ire, qàinse cents seulement parvinrent à regagner Puerto Cabello. La perte des indépendans ne fut considérable que parmi les ofliciei s; entre autres Hcras, mort sur les hauteurs qu'il avait empor^ tées ; Gedeoo et Plaza, tombés sons les derniers coups que rennemi portait en fuyant. *

A la MMiveUe de cette jouniée, le colonel Perejirai que Morales avait laissé à Caracas avec quiQzecenisfaommes,abandonna la ville pour se renfermer dans le fort de La Guayra , déterminé à se.fûre sauter, lui et sa garnison, plutôt que de se rai4iie.|t SoUvar, qui s'avançait à la t^ de quatre mille hommes ; et cette résolution de Per^a, formellement annoncée ^ était encore garantie par ropnûàtreté connue de son earao- Jl^e. Mais Tamiral français J urien, commandant «iiefljt^iUefltatiottnéedanshmerdissAntitte^ « entreprit d'arracher ces courageux soldats l unemort certaine ; il négocia pour eux une capitulation ilQQOTable^avec Bolivar, et, le 4 juilr ifitf des bâtin^ens français les réunirent à leurs 4sompatriotes» . * • ' lies Espagnols ne possédaient plus> dans le Venezuela, que deux places fortifiées : Puerto CabelIO'el Gumana. 11 était «IMttfois piudent dl(9. meilKe les pays noNiveUemeiit délàwvés k la-

DB LA COLOMBIE. «4a

bri des teiitatnres que pouvaient favoviaer les eoaimiiiikationsinaritÎBies. Bolivsor établit provisoirement deux gouvernemens militaires : le premier, confié à Paez, comprenait leà pro* vinces de Caracas et de Valence ; Marino fut appelé au second, qui embrassait Goro, Maracaubo, Meridft et "tr lixillo. Le général Bcrmudez conservait le commandement des territoires de Tesl et de l'ile Marguerite. Les villes de l'intérieur reçurent de fortes garnisons, et le reste de l'armée fut dirigé au sud de la Kouvelle- Grenade.

Le Congrès était alors réuni dans la ville de Gucuta, désignée par la loi fondamet^tale coiikne le centre de Pnnion républicaine : elle està trente iieues sud du lac de Maracaïbo, dans les andes de Famplona. Les représentans chi peuple, après avoir décerné les honneurs du triomjdie à Bolivar et à sonarmée, ordonnèrent Féreetion d'une colonne qui consacrerait à jamais le souvenir d'un événement si fécond eu grands résultats.

Des travaux non moins glorieux avaient signalé la session de ce Congrès général. Les promesses, Fhonnenr, les prospérités de la république étaient placées sous la sauve-garde f^Qi^i lois*

a44 HISTOIRE

Le partage des bieus natioiiaux entre tous^

les défenseurs de la liberté donna cinq cents piastres au simple soldat , et la proportion conserrée entre les grades fit monterai vingt-cinq

niille piastres la récompense du général en chef.

Le traitement des fonctionnaires civils et militaires fut établi ave& autant de dignité que de sagesse. Les besoins de l'état n'ayant permis jusque là que d% payer par moitié^ on consolida le surplus comme une dette nationale. Bolivar déposa sur l'autel de la patrie les cinquante mille piastres qui lui étaient allouées mi qualité de président depuis 1819.

La dette publique fut réglée avec la probité qui distingue les nations souveraines. On reconnut jusqu'aux emprunts faits par Mac Gregor pour ses expéditions aventureuses.

Une contTibution légale remplaça Im taxes arbitraires qui entravaient encore l'agriculture et le commerce.

L'inquisition fut abolie. Ou dota l'instruction publique avec les biens des fouvens supprimés.

:^ £n£n, le 3o août 1821, les mandataires du peuple proclamèrent la Constitution, axéhe sa*

> crée de la république, dans laquelle une sage

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iuquiétude plaça les réglemens à côté des principes (i).

ff ColombiekiSyTOs représentahsontacGompK la mission «pie vous iei^r aviez confiée. Voici l'acte qui réunit différens peuples en une seule nation, assez riche pour être heureuse, assez puissante pour, être respectée. Votre gouveme- •ment est populaire. Les pouvoirs, pai^aitement distincts, y sont combinés de manière qu'ils protègent également la libetté^'la propriété, Fégali té devant la loi. * • . '

^ « Le pouvoir législatif, dii^^il deuxcliannbres , vous fait participer à la formation des lois par Torgane des délégués ;que vous avez librement élus. Toutes 'les -ebarges sônt cowmunes; elles seront imposées non plus pour satis&ire à des avarices partrcuHèfifs; lUàis pour fournir aux besoins de la république. Il n'en existera point d'autres que celles qui auront ^é proposées et consenties par vos représen* tans. ' ' c Le pouvoir exécutif^ remis tous les quatre ' ans entre les mains du plus digne, veillera à la sûreté intérieure et extérieure de la république; Il possède tous les moyens d'étre iitile et bien-*

' (i) Fbjrez, à la & du Volume^ le texte de la ConstîttitioB. '

iûsairt; il n'en a aiican pour «lerenir oppres^

seur. L'agriculture, le commerce et rindustne» ^ jl'éducatiQik puMique» les sdenees et les arts, toutes les^ sources de la prospérit#publk}ue se* ront fécondées .pan {Une admizûâtration pra-> deote et sage.

« Devant le pouvoir judiciaire i'intrigae sera «ans force, et la richesse sans iiifliienot. Il xe»tera la sauve-garde de l'innocent, l'effroi-dli pwpablc» Xout,.davant lui, rendra honunage à la loi. I

« Le Congrès général croit avoir fondé la ^iidelirfde Ift galion ; iBrâ:, C]blèmlM^ ks membres du gouvernement seront élus par voiis« Pesez bien vos choix : que. île courage , le aav<Mi^ ll3f imto», itoienc h» bases imnuttbles 4e rédiûc^ qu^ vous avez élevé. » c

Chargé piff Ja Coaàsftitatîoa élire le ffu»

mier corps de sénat, le Congrès donna lui-^ méme l'eranple de la sagesse dans les choix; parmi les sénateurs , qui tous avaient mérité de la reconnaissance natipnale, on distinguait IS^arino, un des véiérans de riq^épendaiioei le premier libérateur du Cundinamarca, sorti dès prisons de Gadiz en- i8ao,.et alors vice^rési^ dent de la république; Paez, héros des temps n)erveiUeui^;.)Marino, général illMstre, grand

Digitizéd by

citoyen depuis qu'il avait hautement reconnu la faute de son ambition ; Urdaneta et Sucre , qui tous deux trouvaient la gloire dans les conseils et sur le champ de bataille ; les ecclésiastiques Cuervo, Ramond-Mendez , Maria-Briceûo, Manuel Rebollo, qui savaient unir ensemble la religion et l»iphilosophie. Mais deux hommes manquaient à cette réunion, qu'ils eussent honorée : la patrie venait de perdre le président Roscio et Tamiral Brion, l'un célèbre par ses vertus civiques, l'autre immortel par son dévouement pour le paysqui l'avait adopté.

Bolivar, président de la république depuis qu'elle était fondée, n'exerçait plus 'qu'impatiemment une dictature dont il reconnaissait le danger pour ses concitoyens. Ce n'était pas qu'il se sentît assez faible pour jamais les opprimer; mais sa généreuse prévoyance lui faisait toujours craindre que le pei^ple, s'habituant à l'autorité d'un seul, négligeât de porter sa vue sur d'autres hommes également dignesde sa confiance, et qu'alors, au lieu d'inspirer de nobles émulations, il suscitât des jalousies, des rivalités, des factions; déjà quelques patriotes ombrageux accusaient l'ambition, du libérateur, et ces clameurs» quoique isolées, étaient venues déchirer l'âme du héros. Aussi, dès l'on-

a48 HISTOIRE

vert lire de la sessUm, avait-il adressé au Congrès sa démission comme président de la république : sa conduite, son caractère, son opiniota, ne permettaient ancan doute sur hi sincérité de cette démarche. Il s'attachait à démontrer Tincompatibilité dk la première magistrature avec ses fonctions militaire^, et il ajoutait : « Si le souverain Congrès persistait à me maintenir dans la présidence de FÉtat, je renoncerais au titre cher et glorieux de citoyen de la Colombie; J'abandonnerais mon pays, heureux de Favoir servi, pour aller vivre libre sur une terre étrangère. » Bolivar rappriait, sans le vouloir, un exemple de l'antiquité qu'il méritait de reproduire. Mais le peuple aurait vu la liberté en péril, et te Gongré$ lui-même aurait petdu l'appui de l'opinion, si l'ère constitutionnelle n'eût ccMnmencé sous léi^auspices du «libérateur. Son élection , votée aux acclamations générales, donnait d'autant plus de sécurité qu'on se flattait déjà qu'il serait encore une /db véélo, conformément au nouveau pacte social^ qui n'était point applicable aux ii<miittations précédentes. Bolivar se dévoua en acceptant l'autorité suprême, et Santander, qui méritait bien en e£fet de la partager avec lui, fut proclamé vice-président de la république, quoiqu'il eut

ftE LA COLOMBIE. 249

aussi témoigné son éloignement pour les hautes

fonctions civiles. Heureuse la nation dont les suffrages n'imposent encore de devoirs qu'à la

vertu!

La réunion de la Nouvelle-Grenade et du Venezuela, glorieusement obtenue par les armes y sanctionnée par la loi fondamentale , fut consommée par une sage mesure politique. La ville de Bogota, si vaine de ses anciennes prérogativesy reçut provisoirement le ùtre de capitale de la république : elle allait d'ailleurs en ' devenir le point central, par suite de la réunion des provinces subéquatoriales. On décida que 4e Congrès y siégerait jusqu'à la fondation déjà décrétée de la ville de Bolivar,

Dans sa séance de cldture, le i4 octobre 1821, le Congrès donna un grand exemple de reconnaissance n^onale; il mta des remerdr mens aux hommes libres et Wx philanthrope^^ de tous les pays qui avaient soutenu la. république naissanfé de leurs efforts, de leurs vceuz, de leurs lumières; il nommait particulièrement lord HoUafid',.. Robert Wilson.èt Manyatt; Tabbé de Pradt; Clay et William Duane, citoyens des États-Unis. Cest ainsi que des esprits supérièors, devançant la politique de leur ftiècle, préparent l'union de tous les peuples^

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