ÉDUCATION DES ENFANTS SAUVAGES
NI SI AVK ^COLfiS m EXFAKTS MUVAOrS.
mille quatre-vingt-quinze livres. Marie-Thérèse, touchée de la vie sainte de ses maîtresses, 8c désireuse de les imiter, témoigna de bonne heure le désir de se consacrer à Dieu^ dans rinlHtut de la Congrégation; & après avoir réitéré longtemps ses inllances, elle fut admise enfin à la profession en 1681, & apporta en dot à la Communauté cette SGoome ainsi accrae pour elle (1). Les Prêtres de (■) nu., u mm Saint-'Sulpice , de leur côté , firent élever à leurs frais ^ ^ d*autres tilles sauvages, par les Sœurs de la Congrégation, Si eurent conftamment de petits garçons au Séminaire. A l'un d'eux, nommé Ondap;uette, qui montrait plus d'ap- ^aj A*«hivc» du tipîication im travail 8: plus d adresse que les autres, ils M^'moirc de m. de firent apprendre le métier de taillandier, 8c l'envoyèrent ncimont »ur Va^»mcmc en F rance, pour qu il se pertectionnat encore dans ^ ,^ g^^j. cet art (2). ««le.
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Il parait cependant que le caractère de ces enfants^ «iFnoaTtf naturellement impatients de toute disctplinej rendait inef» ficaces les soins qu'on prenait de leur éducation. D'ailleurs, lamour désordonné ou plutôt la faiblesse qu'avaient pour eux leurs parents, incapables la plupart de les contrarier dans leurs petits caprices, & même de les voir éloignés d eux, v mettait un ohflacle presque insurmontable, qui lassa la patience des personnes les plus dévouées à une œuvre si ingrate 8. si malaisée. « Si Sa MajeHé veut « qu'on les civilise, écrivait Marie de l'Incarnation, nous « sommes prêtes de le feire, par Tobéissance que nous lui « devons ; & surtout parce que nous sommes toutes dispo- « sées de faire tout ce qui sera à la plus grande gloire de « Dieu. Ccû pourtant une chose trèsKlifficile, pour ne pas « dire impossible^ de les franciser ou civiliser; nous en « avons l'expérience, plus que toutes autres, 8c de cent de 0^ celles qui ont passé par nos mains, à peine en avons-nous « civilisé une : 3 . Depuis que nous sommes en ce pays, (3)UurcsJc.Mauc « nous n'avons francisé que celles dont les parents te 7«î!!^^*ÎTm!taIi • l'ont bien voulu, & quelques pauvres orpheiniL^, dont i66.Sf>. .a;. « nous étions les maîtresses : les autres n'étaient que pas-
u sagèrcs, demeuraient avec nous un mois ou un peu ''^eS" oTi* *' " plus; puis elles faisaient place à d'autres (i). Dans ces («r*- 1 • p- t. ^ enfants, nous trouvons de la docilité & de Tesprit ; niais t lorsqu'on y pense le moins, elles montent par-dessus « notre clôture & s'en vont courir, avec leurs parents, « dans les bois, où elles trouvent plus de plaisir que « dans tous les agréments de nos maisons Fcançaises.
0 I /humeur sauvage el] faite de la sorte. Elles ne peuvent u être contraintes : si elles le sont, elles deviennent mélan- H coliques, 8.: la mclancolic les fait malades. D'ailleurs « les sau\a^es aiment extraordinaircment leurs enfants; « quand ili. savent qu'ils sont trilles, ils passent par- « dessus toute considération pour les ravoir, & il faut les < leur rendre. Nous avons eu des Huronnes, des Algon- « quines, des Iroquoises; celles-ci sont les plus dociles « de toutes; mais je ne sais pas si elles sont plus capables « d'être civilisées que les autres, ni si elles retiendront la
1 politesse Française, dans laquelle on les élève. Je n'at- 0 tends pas cela d'elles : car elles sont sauvages, & cela
(t) Lettre -S', i" » suffit, pour ne le pas espérer (2). » scpi. iû'kS, p. Gï7. Si M. de Laval prit un ^rand nombre d'enfants sau-
va;;es pour les civiliser, comme l assure lu Mère de Tlncai nation, il ne les plaça pas au petit Séminaire; du moins nous Usons dans le rcgillrc de cette maison que les six enfants Hurons entrés en 1668 furent les seuls qu'on y
(3) Archives du se reçut (3) ; sans doute à cause des difficultés qu'il y avait TOi"*!î!fo1.* iiïtïw • ^ former à notre manière de vivre. « La vie sauvage ^rHn^ iu ceux qui M Icur efl si charmante, à cause de sa liberté, ajoute la XmS«f * '^^^^ Religieuse, que c'eft un miracle de les pouvoir
• captiver aux façons d'apr des Français : eftimant n qu'elles sont indignes d'eux, qui font gloire de ne point « travailler qu'à la chasse , à la na\ i^'ation ou à la
(4) Uuic a^', p. « guerre 14'. » — « (-ette entreprise, écrivait M. de Laval
lui-même, n ell pas sans diliicullC; tant du côté d<^s « enfants que de celui des pères & mères, qui ont un c amour extraordinaire pour leurs enfants, à la séparation « desquels ils ne peuvent se résoudre; ou, s'ils la souffrent.