‹ Histoire de la colonie française au CanadaChapitre 104 sur 182 · ÉDUCATION DES ENFAWTS SAUVAGES. 1668 KT SUIV · texte numérisé non relu

ÉDUCATION DES ENFAWTS SAUVAGES. 1668 KT SUIV

M il V aura une peine tout à fait grande qu'elle soit pour u beaucoup de temps. Cependant nous n'épargnerons rien u de ce qui sera Je nos soins pour faire réussir cette « heureuse eiiti cpri^c, quoique te succès nous en paraisse a fort douteux (ij. a Le succès ne répondit pus, en effet, aux efforts qu'on sembla faire, 8c la Cour, qui désirait vivennent la réussite de cette œuvre, attribua et faible résultat à quelque mauvais vouloir. En 1673, le Rf>i se pllûgnit de ce que les Jésuites n'eussent pas fait vivre les sauvages à la manière Française, & parussent avoir là-dessus dnvitres maximes, k aussi de ce que les Prêtres du Séminaire de Montréal ne s'y fussent pas appliqués (2).

Ces derniers, en particulier, n avaient cependant cessé de donner des preuves assez manîfefles de Tardeur avec laquelle ils poursuivaient cette œuvre, quelque onéreuse qu*elle pût être pour eux. Conune Tune des plus grandes difficultés à vaincre était de faire consentir les parents des enfants sauvages à se séparer de ceux-ci pendant leur éducation, M. de Queylus conçut le dessein de fonder h Villemarie un hospice, pour y recevoir 8c traiter gratuitement les sauvages invalides, ainsi que ceux qui, parvenus à un grand âge, voudraient s'y retirer. Il espérait que les parents de ces invalides auraient moins de répugnance à se fixer dans le vx>isinage de Villemarie, quand ils verraient les chefii de leurs familles résider à cet hospice, & que par lâ, ils auraient toute facilité de voir ceux de leurs enfants qui seraient auprès des Prêtres du Séminaire, ou chez les Sœurs de la Congrégation, pour y être élevés. Nous avons raconté qu'avant l'arrivée des Filles de Saint-Joseph, M. de Qucylus avait invité les Hospitalières de Québec à prendre la conduite de THotel- Dieu de Villemarie, & que ce projet n'avait pas réussi. Voulant néanmoins, sans nuire à celles de Saint-Joseph, remplir se* promesses envers les autres, il offrit à ces dernières la conduite de cet hospice projeté pour les sauvages

|i ) Relation de i€6fl,

p. 3i. Lettre lie M. de Laval à M. Poitevin.

(2) Archives de la marine; Regiflre dca dépêches , lOy^, infol., fol. 37, l'i juin 167^

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ENFANTS SAirVAOKS, M. UE QUEVLUS VEUT

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invalides ou vieillards. Oc leur côté, les Hospitalières de Québec témoignèrent une vraie satisfadion à s'en charger; & enfin, M. de Laval, à qui M. de Qucylus avait soumis son dessein, l'approuva lui-même de grand cœur. Voici à quoi s'engageait M. de Queylus, par un acle signé de sa main, & agréé par la Supérieure^ la Mère Marie Renée de la Nativité : « Il sera donné trois cents arpents de terrés à « Aft>mréal, pour la subsiftance des Religieuses, & dix « mille francs, avant qu^elles partent de Québec. En atten- • dant qn elles aient trouvé un emplacement commode « pour se bâtir, on louera une maison pour les Religieuses; « & lorsqu'elles seront prêtes à élever un bâtiment, je « leur donnerai six mille livres : trois mille lorsqu'elles « commenceront à bâtir, 8i trois mille Tannée suivante; « & ces six mille livres seront employées à 1 acliai des tt matériaux & au payement des ouvriers. Il teur sera « permis de bâtir un moulin à vent & à eau, dans Tendroit I le plus commode qu'on trouvera dans rHe, duquel le > revenu sera partagé également entre les Religieuses & « les sauvages. Il sera donné en outre, pour la subsiOance « des sauvages invalides, trois cents arpents de terres, « dont je ferai défricher trente arpents; ^, en attendant « qu'on puisse les semer, je fournirai cent cinquante mi- « nots de blé d'Inde par an, pour commencer I ceuvre. « Je donnerai, enfin, des couvertures 8v autres meubles « nécessaires pour les sauvages invalides. Le contrat « étant passé avec les Religieuses & agréé par Je Roi, « elles feront partir pour Montréal trois d'entre elles & ■ une Converse. L'adminifiration des revenus des pauvres « se fera comme à Québec. Les trois Religieuses, qui « commenceront l'établissement > y resteront tant qu'il « leur fera plaisir, ^ seront censées être de la maison, le « revenu de la fondation des dix mille livres leur servant â de pension, & à celles qui leur succéderont dans la « suite. "

coLBCRT ET iB «m 1 1 Hovembrc 1671, M. Talon écrivait ainsi à Col-

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bert, sur le même dessein : « Après mes dépêches fer- « mées, M. Tabbé de Queylus m'a témoigné le désir de « former un hôpital à Montréal, pour y faire nourrir Se « traiter les saïu ages invalides & de grand âge ; 8c pour « cela, il prétend faire un premier fonds de dix mille « livres. Outre la gloire qui peut revenir à Dieu de cette « œuvre de piété, on peut espérer encore d'attirer par là, « avec plus de facilité, les sauvages qui, se sentant près « des chefs de leurs familles, se détacheront plus aisément « de leurs autres parents. Je ne me suis engagé à vous M écrire de cette proposition qu'après avoir été prié de M le faire par M. l'Évéque de Pétrée, par M. Pabbé de « Queylus 8c par la supérieure des Hospitalières, qui « s'oblige de donner des Religieuses pour la conduite de « cet établissement. On ne demande que I agrément du « Roi & ses lettres dans le temps. De ma part, je n ai rien « promis, ni rien fait espérer, que cet agrément, si la pro- « position vous était agréable (i). » Colbert répondit. Tannée suivante, à M. Talon, que le Roi espérait que M. de Queylus demeurerait ferme, dans le dessein d'établir & de fonder cet hôpital (2).

Pendant qu'on cherchait les moyens de le former, les Prêtres de Saint-Sulpice donnèrent naissance à une autre œuvre relative à l éducation des enfants sauvajîes. Jusqu'alors ils les avaient gardés à Villeniarie, duub le Séminaire même. Us jugèrent qu'ils réussiraient peut-être mieux à les former à la vie civile, s'ils les plaçaient à la campagne, en les éloignant ainsi des occasions de dissipation que la ville pouvait leur offrir. Dans ce dessein, ils formèrent un établissement, au-dessus de la Chine, qu'ils appelaient Gentilly, sur le bord du fleuve Saint-Laurent, où ils firent défricher des terres et conifruirc des bâtiments ; et comme la chapelle en fut dédiée au mystère de la Présentation de Marie au Temple , cette maison fut aussi appelcc la Présentation. M. de l'énelon, accoutumé déjà aux mœurs des sauvages^ fut chargé de cette œuvre ;

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