CRAINTE D UNE NOUVELLE GUERRE. 167O
tout que les Sonnontouans se conformassent à cet ordre;
qu^autrcmentj il les considérerait, comme perturbateurs &
les traiterait comme ennemis du Roi (i). 11 ajoutait qu'en (t> Maiionde 1670,
ramenant les prisonniers, il leur défendait expressément ^ ^'
de les mutiler, ou d'exercer envers eux aucun ade de leurs
cruautés ordinaires, les menaçant, dans le cas contraire,
de le voir arriver dans leur pays avec son armûc.
Ce commandement r^olta Toi^eil des Iroquois. « Pour qui nous prend le Gouverneur, dirent-ils? Il se ^"/^^J*; *^;* i fâche que nous allions en guerre, & il veut que nous « laissions en repos ses alliés. Qui sont donc ses alliés? in»tw««. « Et comment veut-il que nous les connaissions, puisqu'il I prétend prendre sous sa prote<f^ion tous les peuples h que découvrent les Missionnaires, 8c que tous les jours « ceux-ci entrent dans des nations qui ne nous ont jamais « été qu■enne^■lie^7 Le Gou\erneur nous menace de rui- « ner notre pays ? Nous verrons s il aura les bras assez « longs, pour enlever la peau Sl la chevelure de nos têtes. » S'ils parlaient avec cette Insolence, c'eft qu'ils étaient persuadés que les rapides & les torrents qu*il fallait remonter, pour aller dans leur pays, étaient inaccessibles aux Français. Néanmoins, après avoir jeté leurs premiers feux, ils jugèrent expédient de donner quelque satisfaction au Gouverneur (2}. En quoi, dit M. Dollier, ils ne laissèrent pas r2^RelttioBde tCiji, d'nîîir avec fraude : car, entre leurs prisonniers, ils choi- ^' sirent ceux qui leur étaient le moins utiles, comme quelques femmes h quelques enfants, au nombre de douze ou quinze, & retinrent plus de cent hommes vigoureux, en déclarant qu*ils feraient plutôt la guerre aux Français, que de leur rendre des captifs de cette espèce.
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Ils étaient même si audacieux, ajoute-t-il, que, Tannée dernière, on apporta ici trois ou quatre fois la nouvelle,
que les Sonnontouans 8c les Onnontagués se préparaient à
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nous faire la guerre tout de bon, se fiant dans la difficulté des chemins qui conduisent à leurs pays; & tenant pour
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332 ni* PARTIE. LOUIS XIV.
certain que le Gouverneur ne trouverût pas le moyen d*aUer chez eux avec des troupes; que pour cela il faudrait porter des vivres, dans des bateaux à la Française; & que la conduite de ces bateaux leur semblait être impossible, à cause des rapides & des chutes d'eau, qui les séparent de nous. Cependant, les A^iucrs, qui a\ aient éprouvé déjà la jufte vengeance de M. de Courcelles, n'eurent garde d'entrer dans l'entreprise des autres nations Iroquoises : car depuis la ruine de leurs cabanes, ils proteftèrent toujours qu'ils reconnaissaient le Roi de France, pour le seigneur de leur pays. Informé de Topinion défavorable que les Sonnontouans & les Onnontagués avaient conçue de son inexpérience dans cette sorte de navif^ation. M. de Courcclles, pour les détromper, 8c tenir tous les Iroquois en (i) Voyage de M, de crainie, forma le de-sein d aller chez eux en barque (i), CouKeilei»pirM.Ool> ^ fgjp^j promenade en bateau, dans leur pays;
en même temps, pour maintenir les Outaouas dans le respe<fl, il fut arrêté que M. Talon ferait prendre possession de leur ^ a}s, cette année même, comme nous Tavons («}R«]«tiondei67f, racouté, au diapitre précédent (2). Un autre motif, qui P- portait M. de Courcelles à entreprendre ce voyage, était
de reconnaître les terres voisines du lac Ontario, pour y établir ensuite un pofte & une colonie, afin d'arrêter les Iroquois, qui portaient leurs pelleteries aux Anglais. Enlin, il avait aussi en vue de faciliter le passat;e, pour aller au Mississipi, ce chemin étant plus court plus facile.
M. DE COURCELLES PART Au retour du printemps de cette année 1 671 , le fleuve McvitLtKMii Avwi Saint-Laurent ne fut pas plus tôt libre, par le départ des m"*».*"^'''''"'^ glaces, que le Gouverneur monta à Montréal, suivi des olTiciers & des gentilshommes du pays, sans lien dire encore à personne de son dessein. Le motif avoué de ce voyage était de rcce\ oir a Montréal les prisonniers Outaouas qu'il avait sommé les Iroquois de lui amener; il en reçut en effet quelques-uns, & comme il avait promis aux Outaouas. qui devaient venir en traite, de les y voir, il lit quelque séjour à Villcmaric pour les attendre. Jusquc-