‹ Histoire de la colonie française au CanadaChapitre 134 sur 182 · VILLEMARIE HAUTE-V1L · texte numérisé non relu

VILLEMARIE HAUTE-V1L

cation, M. de Laval, dans sa visite paftorale de 1669, assembla les habitants; & le i3 mai, ils arrêtèrent qu'on rétablirait sur une terre qui avait appartenu à Jean de

Saint-Père, & que les travaux commenceraient le 8 juin suivant, sous la surveillance de Bénigne Basset, à qui on donnerait, par mois, trente livres d honoraires (i). Deux (0 Regifire des déjours après, mademoiselle Mance, pour la sécurité des roi^'de^vjuemari^ paroissiens, déclara par un ude public qu elle les tenait n mai 1Û69. quittes de Tusage qu'ils avaient eu jusqu'alors de TÉglise de THÔpital; & de leur côté les MarguUliers d^hargèrent rHôpital de toutes les sommes & des bois de charpente dont il pouvait être redevable envers la Fabrique : ce qui fut ainsi convenu, du consentement de M. de Laval (2). (sir.rcffc de viiic On apporta donc incontinent des pierres dans le lieu désigné; mais de nouvelles difficultés survinrent, & près de deux années se passèrent, sans qudn put convenir encore de remplacement que l'Église paroissiale occuperait. Celui qu on avait choisi était au-dessous de la hauteur ; & le Séminaire désirait de bâtir TÉglise sur la hauteur même, ce qui avait déterminé M. Dollier à donner à la grande rue le nom de Notre-Dame, de celui de TÉglise future. Les paroissiens, entrant eux>mémes dans ces vues, s'assemblèrent le 6 juin 1672, & exposèrent que si le terrain de Jean de Saint-Père avait été choisi d'abord, ce n'était que pour la plus grande commodité de Messieurs du Séminaire, dont la maison était voisine de ce terrain ; mais que, devant en faire bâtir une autre plus grande sur la hauteur, dans l'endroit désigné pour la ville, afin d y attirer des particuliers, ces Ecclésialliques otlraient, pour y conftruire 1 liiglise, des terrains qu'ils y avaient achetés de Nicolas Goddé & de la femme de Jacques Le Moyne, situés derrière leur maison, & outre ces terrains, la somme de mille livres tournois, durant trois années, au nom de M. de Bretonvilliers, pour commencer les travaux (3). Ces pro- t Rcf;inrc dc« Aipositions ayant été agréées, on s'assembla de nouveau, le lîS^'^Se'^nMeoMÏÏ' !9 iuin suivant, 8c on convint que François Bailli, maître Asscmbide du 6 juia^ maçon, aurait la conduite du bâtiment; qu'on lui donne- ^> '^7*-

38o ni'' PARTIE. LOUIS XIV.

rait un écu tous les jours qu'il travaillerait, & en outré trente livres par mois, tant que durerait l'ouvrape. Le lendemain, M. Dollier donna en clict le terrain nécessaire à PK^lise; il en rit tracer le contour, & le 21 on commença à creuser les fondements. Enfin le 29 juin , fête de saint Pierre & de saint Paul, à l issue des Vêpres, on se rendit processionnellement au Heu désigné, & M. Dollîer y planta la croix, au milieu d'un grand concours de peuple.

XVHI.

L*<- Le lendemain de ce jour, 3o juin, après la Grand'to'??"^!?*"*"'" ^^^f on se rendit de nou\'eau en procession, avec le même concours que la veille, & on posa cinq premières

pierres portant chacune cette inscription G;ravée sur une plaque de plomb : « A Dieu très-bon, très-grand, & à la « bienheureuse Vierge Marie, sous le titre de la Purifica- « tion » :

et

BEATiE MARIiE VIRGIMI, SUB HTULO PURIFICATIONIS.

Si Ton donna pour vocable à TÉgUselemyllère de la Purification, c eft qu à pareil jour, comme on Ta raconté, M. Olicr & M Je la Dauversière avaient reçu les premières vues de leur vocation, pour travailler à rétablissement de Villemarie; 8v que cette fête avait toujours été, à cause de cela, 1 objet d une singulière dévotion pour tous les Associés de Montréal, qui même avaient obtenu pour eux-mêmes & pour les cotons que le Souverain Pontife y attachât une indulgence plénière. Chacune de ces cinq premières pierres était accompagnée des armoiries de la personne qui devait la poser. La première fut placée, au milieu du rond-point, par M. Daniel de Rcmy, seigneur de Courcellcs, Gouverneur général du Canada. La deuxième pierre devait être posée par M. Jean Talon, intendant, dont les noms a\ aient été gravés d avance ; mais, n'ayant pu se rendre ce jour là à Villemarie, il lut remplacé dans

ViLLËMAIll£ HAUTË*V1LL£. 1672. 38l

la cérémonie par M. Philippe de Carion, lieutenant de M. de La Motte-Saint-PauL La troisième pierre fut posée par M. François-Marie Pérot, chevalier, seigneur de

Sainte-Geneviève, Gouverneur de l'île de Montréal; la

quatrième, par M. Dollier de Casson , au nom de M. de Bre-

lonx illicrs; la cinquièmeeiilin, par mademoiselle Mance(i). (ij RegiAre de» dé-

Comme chacun desirait vivement devoir TÉglise bientôt ^ff

' . r usse de viMeOMrief

achevée, divers y^aiticuliers :>'iuipu5ercat volontairement 3 juillet 167s. des cotisations, pour y contribuer, les uns en argent, d'autres en matériaux, d*autres en journées de travail; & les prêtres du Séminaire résolurent même de démolir le château ou le Fort de ViUemarie, qui tombait en ruines, pour en employer les bois & les pierres à la nouvelle cons^ trudion.

Ils en écrivirent à M. de P»retonvilliers , pour lui démoutick d» fort ou demander son agrément; mais, impatients de voir le bâti- J^JJ^^"" ment de TK^lise avancer rapidement, ils démolirent le château, sans attendre sa réponse, qu'ils ne pouvaient guère recevoir alors qu'au bout d'un an. Quand M. de Bretonvilliers eut appris cette résolution, il ne put s'empêcher de la blâmer, & leur écrivit : « ^ le château, que 9 vous avez pris la résolution d'abattre, n'était point « encore démoli, il ne faudrait pas y toucher, pour ne pas a nous exposer dans la suite à de mauvaises affaires ; ce « sont des coups qui peuvent avoir plus de suite que vous ' ne pensez (2). w Mais Tannée suivante, ayant appris (2) Lettro de m. de que le château était démoli, il leur écri\ it : u L'année pas- Mcwicurs'^ Sém^

« sée vous résolûtes d abattre le château de Montréal, & nairc, mai 1675, i« « a^ellement vous l'avez abattu. Rien ne pressait : vous * a pouviez attendre là-dessus notre réponse; & cela pourra u bien nous faire de la peine un jour (3). » En efT^, (3) i»»., 17 mu» quoique les seigneurs semblasseift être en droit de démO' lir cet édifice, qui était leur propriété particulière, les officiers du Roi improuvèrent cette démolition, 8: défendirent verbalement de continuer d'en enlever les pierres. « Bien * que la défense qu'on nous a faite ne soit que de parole, »

382 m» PARTIE. LOUIS XIV.

écrivait sur ce sujet le Supérieur du Séminaire de Saint-

Sulpicc de Paris, « il faut obéir, de peur qu'on ne relève « la faute que I on a faite en abattant le château, qu'on « ne nous en tasse une attairc. Il ne faut point donner lieu « à renouveler la défense cette année. Il vaut mieux » attendre que les esprits soient ca!n.cs& qu'on puisse le fi)Lcn.deM.Tro.-.. f faire plus doucement (i). » On se conforma ponduellc- '*^* "^«"t * cette recommandation; car ce ne fut qu'en 1683 (a)'Annai«dei'H4. OU t683 qu*on ûcheva de démolir (2) ce qui reftaitdes ui Dieu Saint Joseph, anciens battions de pierre, 6c des bâtiments de bois du

par la Sœur Morin. • r ' ^

château de Villemarie. Mais Comme les cotisations des

particuliers ne suffisaient pas pour continuer les travaux de l'Église, ik que chacun désirait ardemment de les voir avancer : on tint, après la démolition du château, une (Jj RegiOrt A de la assemblée de paroisse, le >(') janvier 1676 ^3'^, dont la con-

paraiiM» dt ViiiMBi- Je faire dans l ilc une quétc, oui rapporta deux

ri^ >6iMiv. 1676* 1 ' 1 tr

mille sept cents livres; cuun, quoique M. Souart se lui

engage à fournir le bois nécessaire, tous ces secours ne suffirent pas, Touvrage traîna encore plusieurs années.

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