‹ Histoire de la colonie française au CanadaChapitre 158 sur 182 · VOIE LA SALLE AUX · texte numérisé non relu

VOIE LA SALLE AUX

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VlStTUR La DE KEMTÉ.

Mais comme il ctuit à craindre que les Iroquois, instruits de ces préparatifs, n'en prissent quelque aburme, il écrivit de Québec à M. La Salle, qui demeurait à Ville- fait mÛ «al va marie, de partir de là aussitôt que la navigation' serait ouverte, & d'aller à Onnontagué, rendez^vous ordinaire de toutes les nations Iroquoises, pour les avertir que son dessein était simplement de visiter la Mission & rétablissement des Prêtres de Saint-Sulpice à Kenté. Il ajoutait qu'il les invitât à envoyer dans ce lieu des députes de chaque nation, nfin que le Gouverneur général leur confirmât, de la part du Roi de France, tout ce qui leur avait été promis par les Gouverneurs précédents; & qu'il pût recevoir d'eux, par leurs députés, de nouvelles mar* ques de soumission & d'obéissance. Il lui marquait encore qu'il pourrait aller chez les quatre autres nations Iroquoises pour leur donner les mêmes assurances, s'il le jugeait à propos; & en exécution de ces ordres, La Salle, dès le commencement du mois de mai, partit de Villemarie.

Le fleuve Saint-Laurent étant donc devenu navigable, «• frontenac part M. de Frontenac envoya d'abord de Québec à Viileinai ic «ii^" a^ «««s les munitions de guerre, avec les autres choses nécessaires «vk «aumui cnm à son dessein. Il partit lui-même le 3 du mois de juin, accompagné d'une parde de la garnison du château Saint- Louis, de ses gardes & de quelques volontaires, après avoir donné ordre à M. Prévoft, major de la place, de le suivre avec toutes les brigades des habitants des côtes & des lieux circonvoisins, de manière à être rendus à \'illemarie le 24 du même mois. Chemin faisant, il visita les

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officiers établis sur la route, qui s'efforcèrent à Tenvi de le fêter & arriva ainsi à Villemarie le sur les cinq heures

du soir. Les habitants de Ulu-, qui, pour lui faire honneur, rattcndaient en armes, sur la ^rève, avec M. Perrot, leur GoLU erneur particulier, le reçurent, à son débarquement, au bruit de leur mousqueteric de tous les canons ; après quoi les officiers de la julhcc le haranguèrent, ainsi que le BÎeur Chevalier, syndic de^ habitants. On le conduisit de là à r église, où, après qu il eut été harangué de naa^ veau à la porte par le Clergé, on chanta le Deum, en a^ons de grâces de son heureux voyage; & enfin il alla prendre son logement au Fort ou au chât^u de Villemarie, qu'on n'avait point encore démoli. Durant treize jours qu'il séjourna dans cette ville, il fut sans cesse occupé, tant à préparer ce qui lui était nécessaire pour la conftruction de son Fort, qu'à diviser en brigades en escadre» les habitants & les canots, qu'il avait mis en réquisition au nom du Roi, & à donner à chacune des commandants, en réglant le rang qu^elles tiendraient dans la marche, ce qui (r) AKbivea de h ne tui donna pas peu d'exercice (1). M. d'Urfé 8t M. de marine. Voyage de pénelon, veuus de Kenté, k alors présents à Villemarie,

M. le comie de Fron- , . « , « ai

teMcau tacOniam, devaient accompagner 1 armée dans ce voyage; & ce der- «n >673. nier, le 94 du courant, fête de saint Jean-Baptifte, prêcha

à Téglisc paroissiale, & fit dans son discours Téloge du (a) Archives de la Gouvcmcur général (2). M. de Frontenac qui voulait • marinç, iSmai 1674. (éviter les rapides du saut Saint Louis, où l'on n'aurait pu

Déclaration du sicui 1 1 • • > . ,

Claude ftracourt. l'i'^"^ passer tous les objets nécessaires a I établissement de wtf'*' K*Re'*'* ^^^^ l' ort, ordonna aux habitants de réparer le chemin qui w «» • conduisait de là à la Chine, & par ce moyen fit trans'

porter tous ces objets en charrette sans aucun accident. Enfin, le 06 & le 27 juin, il ordonna aux troupes dé se réunir dans ce lieu & s'y rendit lui-même le 28 au soir. 11 les avait divisées en neuf escadres en y comprenant celle des Hurons & des Algonquins qui l'accompagnaient; & chaque escadre se composant de dix à douze canots, il avait ainsi près de cent vingt canots, outre les deujt bateaux plats, 6c environ quatre cents hommes».

ÉTABLISSEMENT DU FORT KATARAKOÛl. l&jS, ^63

Durant la marche, le 9 juillet, Ton vit arriver, sur les m noimmAe far six heures du soir, dcrat canots d*Iroquois qui apportaient ^ ^mouI^ à M. de Frontenac des lettres de M. La Salle. Il lui té, mais a katarat mandait que, nonobftant l'appréhension que les Iroquois avaient témoifînée de son approche, ils s'étaient enfin résolus d'aller à Kenté, & qu'ils l'y attendraient au nombre de plus de deux cents, des plus anciens & des plus considérables de leur nation, pour Tassurer de leur obéissance. Il ajoutait cependant qu'ils avaient eu de la peine à prendre cette résolution, par jalousie pour ceux de Kenté, que le Gouverneur, - qui allait ainsi les visiter, semblait préférer à tous les autres. Si M. de Frontenac avait témoigné d^abord l'intention de conQruire son Fort à Kenté pour appuyer ainsi, comme il écrivit à Colbert, la Mission des Prêtres de fiaint-Sulpicc , il paraît que ce n'était là qu'un motif fort accessoire, & qu'au tond il avait dessein de l'établir non à Kenté, dont les terres avaient déjà été données aux Missionnaire»» de ce lieu, mais à vingt lieues de là & à fembouchure de la rivière de Katarakoui. Avant ion départ de Villemarie, il avait résolu, en effet, de visiter ce lieu, l'ayant jugé déjà par Texamen de la carte & après beaucoup de consultations comme très^piopre pour rétablissement qu'il méditait. Aussi, quoiqu'il eût fait assigner aux sauvages la Mission de Kenté, comme le lieu du rendez-vous, pour leur faire connaître rétablissement qu il disait d'abord vouloir former dans ce lieu, il pria M. de Fénelon & M. d'Urfé de prendre les devants & d'aller en toute dilijîcnce à Kenté. pour inviter les Iroquois à se rendre à i embouchure de Katarakoui, eu leur dcciurant que, contre sa première résolution, il les attendrait dans ce lieu, pour leur montrer qu'il ne préférait point les uns AKhives de li aux autres, & qu'il serait toujours leur père à tous, tant martoe. voyige de qu'ils conserveraient le respeâ & l'obéissance qu'ils de- nmtedcFron-

• , »k . , » tcnac au lie Ontarto,

valant au Roi (i). «n 1673.

rx.

On conçoit que M. Perrot, Gouverneur de l'île de oirtwMrt* Montréal, si passionné pour le trafic des poteries, voyant " " **

464 * ni*' PARTIE. LOUIS XIV.

>uTA. E DE M. SB dans rétablissement de Katarakoui une concurrence r«oKTE«Ac contre le sien propre, ne pouvait s'empêcher d'en éprouver

quelque mécontentement; & ce fut peut-être par un effet de cette impression pénible que, dans la circonftance même de ce voyage, il se porta à une adion qui paraîtrait incroyable, si nous n'en trouvions les détails dans les procédures auxquelles elle donna lieu, que Ton voit encore en original au greffe de la juftice de Villemarie. Après que M. de Frontenac fîit parti de ce lieu, les Outaonasy arrivèrent pour leur traite, comme ils faisaient tous les ans; & apprenant Tarrivée du nouveau Gouverneur général qulls ne connaissaient pas encore, ils crurent devoir procéder à TcNlverture de la traite, en jetant, selon leur usage, quelques paquets de caftors pour lui en faire présent. A !a vue de CCS fourrures, M. Perrot, Gouverneur, demanda a Nicolas Perrot, qui servait d'interprète, ce que les Outaouas voulaient donc signifier par là; & lautre lui ayant répondu que ces paquets étaient pour M. de Frontenac, il entra dans une violente colère, & dit avec indignation, en usant de ces expressions triviales qui ne lui étaiem que trop familières : « Ces gensrlâ me prennent-ils pour un « valet de carreau? S'ils veulent parler au Gouverneur « général, qulls montent donc au pays des Iroquois où il « eft allé. Quand il n'eft point ici, c'eft moi qui suis le « maître, comme Gouverneur de cette île pour le Roi. » Ensuite, se tournant vers Nicolas Perrot, il ajouta : « Dites-leur que c'eft à moi, comme étant ici seul Gou- « verneur, qu'ils doivent faire ces présents. » L'autre s'excusa de ieur traduire cette réponse, & il paraît que sur ce refus le Gouverneur, qui parlait alors téte & tête avec lui, le menaça de coups de bâton pour Ten pimir. Cependant il n'en vint pas aux effets, & se contenta de leur faire traduire ces paroles par un autre interprète. Si l'on en croit Nicolas Perrot, les Outaouas furent plus maltraités encore cette année 1673, à Villemarie, par le Gouverneur de ce

iki' ^ *^''*vrikm^ '^^^ '^^ lavaient été l'année précédente, & s'en

4& i5 août 167}. ' allèrent très-mécontents (i).

UVE A L EMDOUaiUM DB LA MVltaB Ml

£TAfiLli>;>£MÈMT DU FORT KATAftAKOUI. 1673* 405

La petite armée^ malgré les rapides & les sauts, con- oe i pontfsac ^rtinuait sa route vers le lac Ontario. Comme elle approchait de la première embouchure de ce lac, M. de Frontenac, wtÂûwam le 12 juillet, voulant qu'elle marchât avec plus d'ordre qu'elle n'avait fait encore qu'elle se mit en bataille, fit ranger de front sur une même ligne quatre escadres qui formaient l avant-garde. Ensuite venaient les deux bateaux plats : lui-même marchait après, à la tête de ses gardes,des hommes de sa maison, des volontaires placés auprès de sa personne, ayant à sa droite Tescadre des Trois^Ri* vières, & à sa gauche celle des Hurons & des Algonquins. Enfin deux autres escadres marchaient sur une troi^ème ligne & faisaient Tarrière-garde. A peine eut-on foit unè demi lieue en cet ordre, qu'on aperçut un canot Iroquois dans lequel était M. l'abbé d'Urfé, qui venait au-devant de M. de Frontenac avec les capitaines des nations Iroquoises. Ils accoflèrent le canot amiral ^ firent au Gouverneur leur compliment avec de grandes marquer de )oie & de confiance, lui témoignant Tobligation qu'Ds lui avaient de leur avoir épargné la peine d^aller plus loin & de vouloir bien recevoir leur soumis^ondans la rivière de Katarakoui, lieu fort propre pour dresser des cabanes, comme ils allaient le lui faire voir. Après que M. de Frontenac eut répondu à leurs civilités, ils se mirent devant lui pour servir de guides, & le conduisirent, par l'embouchure de cette rivière, à une portée de canon de rentrée, dans une anse, qui formait un bassin des plus beaux & des plus agréables.

Ravi de trouver un Ueu si propre à son dessein, m chef* iko«wi» M. de Frontenac descendit aussitôt à terre, & toute la »• petite armée s empressa de dresser des tentes pour se loger. Le lendemain 1 3 , à la pointe du jour, on banit aux champs, & sur leé sept heures tout le monde fut sous les armes. Fcs troupes, rangées sur deux files, s'étendaient jusqu aux cabanes des sauvages & entouraient la tente du Gouverneur, devant laquelle on avait étendu de grandes

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