COMMENCE DES LIQUEURS CHEZ LES SAUVAGES. 1674. 49I
sieurs ordonnances rendues l'année 1674. Dans Tune, qui eft du 12 février, il nous apprend que des habitants des Troii-KiiMcrcîi, de liatiscan, de Champlain & d autres lieux, abusant de rinclinatiou quQ les sauvages avaient pour T-eau-de-vie, recevaient d'eux à vil prix, en échange des boissons, les vêtements^ les couvertures, les fusils^ te plomb 6c la poudre que ces sauvages venaient d'acheter à crédit; $l qu'ainsi, étant dépouillés de tout, ils se trouvaient hors d'état d'aller à la chasse, & par là de payer leurs dettes, à leur propre détriment 8< à celui de leurs créanciers (i). Dans une autre ordonnance qu'il rendit à Ville- (1) Archiva dw marie, dès les premiers jours du mois d'août de cette ConMil •ouvorwn, n annee 1674, ^ des plaintes nous ont été faites, dit-il, snr les nance d« M. de Fron- « violences que les habitants de la Chine, ^ ceux des v autres habitations avancées, circonvoisines de l'île de « Atontréal, commettent contre les sauvages, pour s« faire « payer d«s eaux-de-vie, des boissons & das autres mar- « chandises qu'ils leur vendent à crédit. Pareillement| on « s'eft plaint à nous de Tabus que font les sauvages de ces « eaux-de-vic, qu'ils portent le long de la rivière des Hu- « rons & dans d'autres endroits, où ils établissent des f cabarets is: y attendent les chasseurs, avec lesquels ils « traitent de ces boissons pour des caftors qu'ils transu portent ensuite chez les étrangers. Pour remédier à ces « désordres, nous défendons à tous les Français de faire « aucune violence aux sauvages, sous prétexte de ^efairç « payer d'eux; & nous voulons qu'ils s'adressent à M. de « La Nauguère, Commandant de Montréal qui terminera « leurs conteflations sur-le-champ.' Nous défendons pa< « reillement aux Français de vendre à crédit aux sauvages « ni eau-de-vie, ni autres boissons, pour être transpor- « tées hors des habitations Françaises, comme aussi de " recevoir pour payement de celles qu ils leur vendront B comptant, d auires pelleteries que des callors. Fnfin nous « défendons aux sauvages de laire des cabarets sur les « bords du fleuve Saint-Laurent, & voulons qu'ils portent K leur eau-de-vie dans leurs villages, sons en faire aucun
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(I) Archives du sé- o commcrcc dans la route, sous peine d*être pillés (i). » SiSÔ'iSÎS^'dîiri Malgré la grande liberté donnée ainsi aux colons, il eft Frontenac, 4 août certain qii\m assez bon nombre rétendait encore au delà de cette ordonnance. Car, Tannée suivante, le Conseil souverain condamna une troupe de traiteurs à des amendes, pour avoir vendu de Teau-de-vie aux sauvages, contrairernciU à ce qui avait été prescrit. Il ajouta que, s'ils étaient insolvables, on les tiendrait un mois en prison, & que, pendant la dernière quinzaine, ils seraient exposés sur un (^) nid. Airte di- cheval de bois, une heure chaque jour, à la vue du public, Tcrs HUf les boissons, avcc UH éCTÎtsau attBché sur eux, portant ces mots : Pour
Arrct du Conieil de •«•^«•i» j« ^\
,fi^5. ayotr trotté de feau-de^Pte aux sauvages (2).
xvin.
M. HE rpnvTTNAc PÉ- Nous ttc devons pas oublier de signaler ici une me-
FKMD AUX mssjoic. ^^^q ^gjj pjyg étrauqes, prise par M. de Frontenac, qu'on nvam sb loiTut • • i-i .
»E LEi-M MISSIONS He pcut gucrc expliquer qu en supposant qu il voulut
SAM PAMK-foKT». dérober aux Missionnaires, par le moyen que nous allons
dire, la connaissance d une partie des excès auxquels poti-
vaient se porter les marchands, qui jouissaient de la liberté
d'aller trafiquer chez les nations sauvâmes. En 1672, le
Roi lui ayant écrit de détourner prudemment les colons
de repasser en France, & s'en étant rapporté à sa sagesse
(3) Aivfaivet de te poui" I^-'^t!" accordcr cette permission (3), il prit de là occaiiMrin«« vol. Canada, sion d'exiger que les Jésuites 8i les autres Missionnaires liettrediis^juiniâ-ai reçussent de lui des passe-ports, non-seulement pour aller
en France, mais simplement pour aller de Québec ou de "Villemarie dans leurs propres missions, m Les Jésuites, « écrivait-il à Colbert le 2 novembre de la même année, > av^ent coutume d? passer & de repasser dans ces dif- « férents pays sans prendre aucuns passe-ports ni congés. « J'ai fait connaître adroitement & civilement au Père it supérieur <|ue cela n'était pas dans Tordre, & qu'ils défi vaient être les premiers à donner l'exemple de la sou- « mission & de l'obéissance. Je crois que vous approu-
(4) Archives de la « verez que j'en aie usé de la sorte, & qu'il eft bon que manne, lettre de M. „ ^g^. Relii(!eux ne s'attribueut pas des privilégies particu-
de Frontenac, « no- c ■ • -n
vembrc 1672. « "crs (^4). » Mais il n osa pas faire connaître à ce minillre