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PRISON A LA BRAS

M. DE FÊNELON PKISONKIER A QUÉBEC. 1674. 5l7

ayant pas permis de faire alors ses protcllations, il les faisait dans ce moment, en déclarant qu'il ne pouvait ni ne devait répondre au Conseil, jusqu'à ce qu'il eût été jugé par son Evêque, & que rÉvéque l'y eût renvoyé, si le cas le demandidt. « Je déclare donc^ ajouta^Nil, que jerecon* « nais pour mon juge en cette af&ire non le Conseil, mais « mon Évéqfue» & que tout ce que le Conseil a fait ou « pourra faire eft nul, jusqu'à ce qu'il soit mon juge. « Alors je répondrai dans Tattitude qu'il demande, si j'en • dois prendre une autre que celle que j'ai gardée; & alors « aussi je dirai les raisons pour lesquelles j'ai allégué que *< M. de Frontenac ei\ ma partie adverse. »

Il paraît que pour protefter de toute niamcrc, M. de m. fénelm» Fénelon, quoique condamné à demeurer dans la maison de la Brasserie, n'avait pas gardé son arrêt; ce qui fut » cause que le 23 août, le Conseil ordonna à Thuissier

commis à sa garde de refter sans cesse auprès de lui, & défendit à M. de Fénelon de sortir de sa prison, jusqu'à ce qu'il en eût été ordonné autrement, ne lui permettant de la quitter que pour aller célébrer la Sainte Messe, seulement les jours de dimanches <8c de fêtes, en telle église qu'il lui plairait. Toutes ces ordonnances sont signées par M. de Frontenac seul. Quoique M. de Fénelon persiflât toujours dans ses protcHations, néanmoins au bout de huit jours, le Conseil déclara qu'il était libre de sortir de la Brasserie & défendit en même temps à M. de Bernière de s'ingérer dans cette affaire & dans d*autres semblables causes qui pourraient survenir. Si ce grand vicaire eût voulu pousser les choses à la rigueur, en usant toutefois de moyens légitimes, il aurait pu, à l'occasion de l emprisonnement de M. de Fénelon, mettre la ville de Québec en interdit, comme Pavaient ordonné divers Conciles (*) , mais pour le bien de la paix, i au-

(*)I.,cs Conciles de Compiègneen i3or, de Paris en 1346& 1429,

5iS m* PiotT». Louii nv»

torité ecclésiaftique soulïrit en silence tous ces uifronts.

u comtd. uBunom Cependant le Conseil souvenûn ou plut6t M. de

r> v.rv A « t,E yé. p^^jutenac rendit arrêt sur arrêt pour obliger M. de Fé-

NELOM SON SERHON ^ . ,

nelon, malgré son appel, à remettre tant le manuscrit de Di»NMirAifTs. gQfj sermon que les déclarations obtenues des habitants^ en faveur de M. l^crrot, desquelles il voulait s'emparer pour que celui-ci ne pût les produire à la Cour. M. de Fénelon ne les avait plus, il déclarait d'ailleurs que s'il les eût eues encore entre les mains, il n'aurait garde de les livrer^ sans un ordre du iloi, attendu, disait-il, qu'on n'avait jamais 6té à un criminel ses pièces justificatives. U persévéra toujours à protefler^ & après avoir récusé M. de Frontenac comme sa partie adverse, il récusa aussi M. de Peyras & M. de Vitré, comme étant dans la dépendance entière du Gouverneur, 8c enfin M. de Ville* ray & M. d"'Auteuil, non pour eux-mêmes, mais parce qu'ils avaient été nommés pour ses juges par M* de Frontenac, sa partie adverse.

M.DE FiioNrENAc vEin Lcs procL'durcs se multipliaient ainsi sans que M. de Tim Qiin.Qpe ppontenac pût en tirer aucun avantage contre M. de Fé- M. nruv, nm hkiuse uclon, lorsqu au commencement d oaobre de cette année D» SE rHâmrrn aq 1674, M. Rcmy descendit à Québec pour recevoir des CONSEIL. provisions venues de France & les faire transporter à Vil-

lemarîe; & M. de Frontenac étant informé de son arrivée, conçut le dessein de tirer de la bouche de cet Ecclésias- (I) Lettre de M. tlquc, naturellement fort timide (i), quelque aveu jurî-

rroason à M, Remj',

I" mai 1C89, etc. ,

d'Angers en 184^, ordonnaient de frnppcr de cette peine ecclésiaftlque tous les lieux ot des juges laïques auraient tait emprisonner pour ( % ) ThoRimtn , cause de crime, un derc, sans vouloir le rendre aux juges d*Église (a) . p. 40$, 404. l es capitulaircs de nos Rois portaient nicirie des peines tomporclles contre les juge» en pareil casj & condamnaient l'exécuteur de leur (3) Mcntoircs du ^(^"tcncc à perdre sa place & à être renfermé dans les prisons de eleis^^t Vl.d. 193. l'Évêque (3).

M. DE FROMTENAC £T M» REMT. 1674. Sl^

diquepour faire condamner par ce moyen M» de Fénelon. Quoiqu^il eût promis à M. Remy^ ainsi qu^à tous ses confrères, de ne point produire en juftice la déclaration sous seing privé qu'il avait obtenue d'eux à cette condition expresse, il le fit cependant citer devant le Conseil. Son intention était de le confronter avec M. de FY-nelon, & par là de rendre sa déclaration juridique, s'imaginant sans doute que la promesse du contraire qu iNui avait donnée par écrit ne pouvait pas lier le Conseil- Selon la coutume des Ëccl<2siaûiques de sa communauté, M. Remy avait pris son logement au Séminaire de Québec, & ce fiit là qu'il reçut ordre, le 4 oâobre, de comparaître à TinHant même à la chambre du greffe. Il s'y refusa absolument, alléguant, dans un écrit qu1l adressa au Conseil, les canons de l'Église, qui lui défendaient de témoigner dans la matière j-rC-sente :' I V. k, deux jours après, la barque qu'il frétait (,j Archives de i« pour Villemarie devant lever 1 ancre le lendemain matin, marine, 4 oâ. 1674. il alla sur le soir prendre congé de M. de Frontenac.

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